On ne Joue pas avec le Crime

Titre Original : 5 Against the House

De : Phil Karlson

Avec Kim Novak, Guy Madison, Brian Keith, Alvy Moore

Année: 1955

Pays: Etats-Unis

Genre: Polar

Résumé:

Après avoir entendu que dérober l’argent contenu dans les coffres du casino est impossible, cinq amis organisent le hold-up de ce dernier. Seul le défi les intéresse, car l’argent sera rendu à l’issue du vol. Mais rien ne se passe comme prévu…

Avis:

Réalisé des films de braquage, ce n’est pas nouveau. Si aujourd’hui, on arrive à en voir régulièrement, comme Inside Man, Braquage à l’Anglaise, The Big Short et j’en passe, le phénomène n’est pas nouveau et les années 50 foisonnaient de ce genre de métrages. On ne Joue pas avec le Crime est un film de Phil Karlson, réputé notamment pour son film Le Salaire de la Violence en 1958 ou encore Le Quatrième Homme en 1952. 5 Against the House, dans son titre original, parait en 1955 et fait un petit effet au niveau du box-office, notamment français, grâce à la présence de la sublime Kim Novak. Seulement, après soixante ans d’existence, que vaut ce film aujourd’hui ? Eh bien il vaut toujours le coup, car même s’il a un peu vieilli et que le braquage ne prend que les dernier quart d’heure, il y a plusieurs messages sous-jacents qui se recoupent au sein de ce film, qui en font quelque chose d’intéressant et de foncièrement toujours d’actualité.

Car au-delà de son braquage rondement mené et de sa tension à la fin du film, On ne Joue pas avec le Crime est surtout un film qui parle de trois choses : le traumatisme de la guerre, l’amour/amitié et enfin et surtout la jeunesse en perte de repères et de reconnaissance. Ces trois thématiques vont se chevaucher durant tout le métrage pour aboutir à la destruction psychique d’un des quatre protagonistes, qui va mal vivre son existence. En fait, si l’intérêt principal provient du braquage du casino et de sa construction par l’un des quatre types, c’est surtout sur l’amitié et la recherche de reconnaissance que le film mise tout son scénario. En effet, on va retrouver quatre jeunes, dont deux revenant de la guerre de Corée, en étude de droit, qui semblent avoir une vision très sombre de l’avenir. Toujours à la recherche d’éclat, l’un d’eux propose alors de faire pour la première fois le braquage de l’un des plus grands casinos de la ville de Reno. Cela va provoquer une brisure dans la psychologie du plus fragile, recherchant par-dessus tout la gloire, l’argent et la reconnaissance.

On remarque bien au début de ce film, que malgré l’amitié forte qui lie les quatre personnages, ils sont tous à la recherche de quelque chose. On a ainsi des psychologies bien différentes comme le fils de riche qui cherche à briller, le beau gosse mature et sa copine chanteuse dans un cabaret, le petit rigolo mal dans sa peau ou encore le gros bourrin qui cherche désespérément l’amour et qui cache un terrible traumatisme dû à la guerre. Tout ce petit monde rêve de l’American Dream, mais ils semblent tous tristes ou à la recherche d’un bonheur qui semble inaccessible. Du coup, le film prend des allures de pamphlet contre un gouvernement qui ne tient pas cas de ses soldats, même des plus méritants, leur donnant une médaille et rien d’autre. A partir de l’émission de l’idée du braquage, le plus fragile va basculer dans la violence, ne cherchant même plus à protéger ses amis, mais plutôt en les forçant à faire réellement ce braquage. Il en résulte une succession de scènes tendues et une fin stressante prenant place dans un parking à étages. A partir de là, on se rend bien compte qu’au-delà du vol au casino, le film démontre que l’amitié peut voler en éclats à cause d’une guerre, mais aussi et surtout d’un non suivi psychologique de ses soldats.

Si la mise en scène est relativement classique, il n’en est pas la même chose avec un dernier message sous-jacent toujours d’actualité aujourd’hui. En effet, le film, sans trop en faire, montre des jeunes gens qui sont réellement en quête de repères et de reconnaissance de la part du gouvernement, mais aussi de ses pairs. On ne voit jamais les profs dans ce film, ce qui résonne comme une absence volontaire, montrant des jeunes livrés à eux-mêmes. Tout comme on peut voir un petit bizut, qui sera comme une façon de montrer que l’on existe, que l’on est plus fort que quelqu’un. En ce sens, le film est extrêmement intelligent et est toujours d’actualité dans un monde où le jeune est plus perçu comme un branleur que comme une personne d’avenir. Il n’est donc pas étonnant qu’ils fassent une bêtise pour se faire remarquer, pour exister. On remarquera aussi que visiblement seul l’amour peut sauver de la perdition, comme le prouve la sublime Kim Novak, petite bulle d’air dans le métrage et qui va réussir à sauver tout le monde ou presque.

Au final, On ne Joue pas avec le Crime est un film relativement intéressant qui se trouve au croisement entre le film dramatique et le film noir. Doté d’un joli casting mais aussi et surtout d’un script intemporel, le film de Phil Karlson touche par son universalité et son ouverture d’esprit sur la jeunesse et les traumatismes post-guerre. Alors bien évidemment, avec ses soixante balais, le film souffre d’un rythme moins soutenu qu’aujourd’hui et certaines séquences peuvent paraître désuètes, mais il en résulte un film agréable et intelligent.

Note : 14/20

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Par AqME

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