Mon Beau Légionnaire

Titre Original : The Last Remake of Beau Geste

De: Marty Feldman

Avec Marty Feldman, Ann-Margret, Michael York, Peter Ustinov

Année: 1977

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Le manoir de la famille Geste est frappé par le malheur quand la femme de Sir Hector décède en donnant le jour à Isabelle. Lorsque le saphir de la famille disparait, Beau et Digby, frères jumeaux adoptés par Sir Hector Geste, partent à sa recherche. Ils se retrouvent engagés dans la Légion étrangère, où ils doivent affronter aussi bien leur supérieur tyrannique que les rebelles arabes…

Avis:

Il y a des acteurs et réalisateurs qui sont malheureusement partis trop tôt. La liste est longue comme le bras et n’aurait pas grand-chose à voir avec le film qui vient de sortir en Bluray chez Elephant Films et qui préoccuper maintenant. Néanmoins, il faudrait parler du cas Marty Feldman. Britannique et membre des Monty Python, il connait le succès avec Frankenstein Junior, notamment grâce à son physique ingrat et ses yeux exorbités. Tirant toujours parti de son physique hors du commun, il suffisait de peu pour que le grand échalas fasse rire les foules et le public. Cependant, ce ne fut pas le plus connu des Monty Python, la faute à un décès prématuré à l’âge de 49 ans. Il aura néanmoins eu le temps de réaliser deux films, dont Mon Beau Légionnaire, une comédie absurde qui détient quelques fulgurances propres à l’humour british, mais qui peine à convaincre à cause justement d’une ligne directrice pas toujours très nette et d’un humour omniprésent annihilant l’intrigue même du métrage.

L’histoire se déroule en Angleterre, lorsqu’un lord veut un fils pour le faire devenir un héros de guerre. Il adopte alors un beau garçon blond et grand, mais doit en contrepartie récupérer son frère jumeau, qui est laid et plutôt maladroit. L’enfance des deux enfants est heureuse jusqu’au jour où le père se remarie avec une femme bien plus jeune que lui et qui ne convoite qu’une seule chose, l’argent de la famille et le joyau qui a permis à sir Hector de faire fortune. Lorsque ce joyau disparait, le beau garçon fuit au Maroc dans la légion étrangère française pour éloigner le saphir de sa belle-mère. Digby, son frère jumeau se fait passer pour le voleur et part en prison. Mais la belle-mère n’a pas dit son dernier mot et va user de ses charmes pour retrouver Beau et le joyau.

Quand on lit le pitch détaillé, on se rend vite compte que le film ne va pas faire dans la finesse et que le but premier est de divertir et de faire rire le spectateur. Dans sa globalité, on pourra dire que le film remplit à moitié sa fonction. En effet, certains gags font mouche, notamment le tout début avec le cynisme de Sir Hector qui se fiche de perdre sa femme parce qu’elle lui a donné une fille ou encore quelques fulgurances à tendance sexuelle qui parcourt le film. C’est d’ailleurs très surprenant, car pour l’époque, certains passages sont très graveleux, à l’instar du tableau sur lequel il faut manipuler les seins de la reine Victoria pour ouvrir un coffre ou encore lorsqu’un français se présente cul nu avec un kamasutra dans les mains. Alors c’est parfois bien trouvé et fin, comme la toute fin qui est relativement drôle, mais c’est aussi parfois très lourdingue, pour ne pas dire mal venu.

En fait, l’omniprésence de l’humour grotesque va casser l’ambiance même du film et va annihiler toute tentative de rendre l’intrigue crédible. En fait, il y a quelques insertions qui n’ont rien à faire là, mais qui résonnent comme des références pour le cinéaste, à l’image de ce dialogue avec Gary Cooper qui surgit en plein milieu d’une marche forcée dans le désert. Voulant faire un film dans le film pour marquer le coup d’un mirage, Marty Feldman perd plus son spectateur qu’autre chose, surtout que pour le coup, ce n’est pas bien drôle. Et des passages, comme cela, il y en a plein et même des moments que l’on ne comprend pas. A titre d’exemple, on peut citer le moment où les légionnaires se présentent à Peter Ustinov en annonçant qu’ils ont tous le même nom de famille. Ce n’est pas amusant et on a bien du mal à comprendre cette vanne.

Mais le film se sauve tout de même avec certaines critiques assez fines glissées à l’intérieur des millions de farces farfelues. Ainsi, Marty Feldman s’amuse à critiquer la bourgeoisie britannique qui ne voit que par l’argent et l’honneur. Néanmoins, on remarquera que le sir en question accepte le frère ingrat et lui donne quasiment la même éducation qu’au fils héros, du coup, ce petit tacle de la bourgeoisie ne marche qu’à moitié, surtout que l’on se prend rapidement d’affection pour ce Sir abject et souvent drôle. Mais ce n’est pas tout, le film dénonce aussi l’absurdité de la guerre à travers les batailles entre français et arabes, notamment sur la fin où l’on peut voir que chaque clan ne sait pas pourquoi il tire sur l’autre. Enfin, on peut féliciter de façon posthume le réalisateur pour sa critique du système judiciaire anglais, lors d’un procès drolatique à souhait et qui montre que les peines sont comme les enchères et que parfois, les juges ont bien du mal à se faire entendre.

Au final, Mon Beau Légionnaire est un film intéressant à plus d’un titre et surtout, il est plus intelligent qu’il n’y parait. Dénonçant plusieurs choses toujours d’actualité aujourd’hui comme l’absurdité de la guerre, le film se perd aussi dans des gags qui désacralisent ces critiques. On se retrouve donc devant un film qui a du mal à trouver le juste équilibre entre humour grotesque et message, perdant bien souvent le spectateur sous une volée de farces qui ne marchent qu’à moitié. Bref, un film pas totalement raté, mais pas totalement réussi non plus.

Note: 12/20

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Par AqME

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