Monster Cars – Un Amour de Monstre

Titre Original : Monster Trucks

De : Chris Wedge

Avec Lucas Till, Jane Levy, Rob Lowe, Holt McCallany, Danny Glover

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique, Aventure

Résumé:

Pour échapper à la vie trop tranquille de sa ville natale, Tripp, un lycéen, construit une «Monster Car», 4×4 surpuissant et surdimensionné, à partir de pièces détachées trouvées dans une casse. A la suite d’un accident près d’​​un site de forage pétrolier, il découvre une créature étrange et souterraine qui a le goût et un talent certain pour la vitesse. Tripp a peut-être trouvé le moyen de sortir de la ville et gagné un ami très improbable.

Avis:

Comment accueillir avec chaleur un film qui est voué à un flop mondial d’après les dires de son propre producteur et distributeur? Il faut dire que la sortie de Monster Cars dans les salles obscures tient presque du miracle tant le film a eu du mal à se faire, coûtant près de 125 Millions de dollars pour de la post-production et ayant été reporté pendant presque deux ans. Bide monumental aux States, le film a failli couter cher à Paramount qui a tout de même réussi à le faire sortir sur grand écran durant la période de Noël. Un projet qui au départ devait être décliné en saga puis en des produits dérivés et qui finalement ne restera qu’à l’état de simple film maudit ayant un jour bénéficié d’une exploitation sommaire dans les salles mondiales. Mais qu’importe les historiques des films, c’est bien souvent dans la douleur que certaines choses se révèlent. Et si Monster Cars n’est pas un film inoubliable, il n’en demeure pas moins un divertissement familial idéal pour ces fêtes de fin d’année et livre en plus de cela un message écologique toujours d’actualité et qui ne peut pas faire de mal.

Tripp est un jeune garçon qui aimerait quitter le Dakota du Nord car il n’y a pas d’avenir et la société pétrolière Terravox mène tout le monde à la baguette. Construit un 4×4 avec les moyens du bord, il va découvrir une nouvelle espèce qui a été évacuée du puit du pétrole suite à un mauvais forage. Cachant la bête dans sa voiture, il se rend compte qu’elle peut conduire et se nourrit de pétrole. Poursuivi par la société qui veut éradiquer l’espèce pour garder le puit, Tripp va trouver des alliés et tout faire pour sauver son nouvel ami d’une mort certaine. Dans les grandes lignes, on pourrait croire que cela a été écrit par un gamin de quatre ans. Et c’est un peu le cas, puisque c’est le fils du producteur, alors âgé de quatre ans qui a eu l’idée de ce monstre dans un voiture. Bien entendu, il n’en fallait pas plus pour que les mauvais esprits se fassent un avis sur le film sans l’avoir vu. C’était sans compter sur le travail d’un vrai scénariste à partir de ce pitch assez hallucinant, voire inutile. Mais il est bon de rêver et ce film, malgré ses défauts, cible un public bien particulier, celui des enfants et ne se prend pas la tête avec une double lecture.

Alors il est vrai que le message écologique gnangnan sur les méchants investisseurs et les grands patrons qui se foutent royalement de l’environnement au profit de l’argent est du déjà-vu. Mais il faudrait se replacer au niveau des jeunes enfants qui découvrent avec leur innocence et une petite piqure de rappel, ça ne fait pas de mal. Le principal défaut du film, c’est bien entendu sa linéarité et son manichéisme. Tout est prévisible du début à la fin et il n’y pas de personnages troubles. En effet, les personnages sont soit mauvais, soit gentils. Mais encore une fois, comme il s’agit d’une œuvre à destination des 5/8 ans, cela n’est pas gênant en soi. Le film ne s’adresse pas forcément aux adultes. Si dans la plupart des films d’animation on retrouve plusieurs niveaux de lecture, il n’en est rien ici et c’est un peu dommage. Enfin, on peut aussi critiquer le message écolo qui n’est pas suivi dans le film. En fait, on nous parle de pétrole, de pollution, de grands magnats de l’essence, et tous les personnages roulent en 4×4 ou en SUV, voitures ultra polluantes. Il y a comme un décalage dans le métrage, chose que les enfants ne verront pas, mais que tout adulte sensé verra.

Cependant, il ne faut pas juger trop vite Monster Cars. Si le film est facile à casser quand on ne prend pas la peine de le contextualiser à son public, on se retrouve devant un divertissement bas de gamme et bien inoffensif. Seulement, avec son message bienveillant et surtout son rythme enjoué, le film n’ennuie jamais et offre ce que l’on est venu chercher, un divertissement familial intéressant et drôle. La créature est rapidement attachante et les effets spéciaux sont convaincants. Les enfants fanas de voitures seront comblés puisqu’ils pourront voir des gagas digne de La Coccinelle et de l’action à ne plus savoir qu’en faire. Chris Wedge manipule très bien la caméra pour son premier film en live action et franchement, il faudrait être de mauvaise foi pour dire que le film est une pure daube. Bien au contraire, il fait son office premier, divertir, et en plus de cela, il apporte des éléments essentiels à notre société de demain, à savoir la préservation des espèces et de notre environnement. Et puis franchement, si Lucas Till n’est pas très charismatique, ce n’est pas le cas de la toute mimi Jane Levy ou encore de Rob Lowe qui joue parfaitement les salauds d’industriel.

Enfin, le film parle aussi des affres de l’adolescence. Ce n’est peut-être pas grand-chose et cela résonne comme du déjà-vu aussi, mais le film essaye de brasser des thèmes assez intéressant. En présentant Tripp comme un garçon esseulé, le film construit une amitié grandissante entre cette créature qui a perdu ses parents et ce jeune adolescent qui semble en perte de repères affectifs. Il y a une corrélation entre les deux personnages qui est assez touchante et la construction de leur parcours peut faire écho au Peter et Elliott le Dragon de cette année. On y trouvera aussi une relation amoureuse plutôt mignonne entre les deux jeunes étudiants, puis une évolution dans la façon de voir son beau-père, plutôt bienveillant, contrairement à son père, qui est complètement à la cause de son employeur. Certes, tout cela reste sans surprise et aurait même pu être approfondi, mais dans l’ensemble du métrage, tout se tient.

Au final, Monster Cars ne ment pas sur ce qu’il nous vend. Pur produit de divertissement familial, il ne vise pas plus haut et se contente de faire plaisir aux enfants, ce qui est déjà pas mal. Il est juste dommage que le film ne possède pas différents niveaux de lecture et qu’il soit assez binaire dans ses personnages et son intrigue, mais finalement, le public visé va-t-il voir tout ça? Non et il assure l’essentiel.

Note: 13/20

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Par AqME

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