octobre 26, 2020

Vikingdom – L’Eclipse de Sang

De : Yusry Abd Halim

Avec Dominic Purcell, Natassia Malthe, Conan Stevens, Craig Fairbrass

Année: 2013

Pays: Etats-Unis, Malaisie

Genre: Aventure, Fantastique

Résumé :

Un roi Viking défie Thor, le Dieu du Tonnerre…

Avis :

Il y a des acteurs qui ont des prédispositions pour jouer dans les nanars et les navets. Bien souvent cela est dû à un premier rôle raté ou une propension à choisir des projets qui n’en valent pas la peine. Et dans ce registre, Dominic Purcell détient la palme de l’acteur le plus monolithique de tous les temps. On pourrait presque croire qu’il est le successeur de Steven Seagal, sauf que ce dernier a quand même quelques bons films à son actif et qu’il maîtrise plusieurs arts du combat en plus de la guitare. Dominic Purcell n’a pas cette chance et hormis son physique de gros bourrin, on ne peut pas dire qu’il resplendisse par son charisme. Accumulant les projets plus ou moins foireux depuis l’arrêt de Prison Break, l’acteur essaye tant bien que mal de se tenir à flot, avec des séries et des films sortant directement en DVD, afin certainement de payer quelques obscures factures. Du coup, l’homme accepte tous les films, dont Vikingdom, un film américano-malaisien qui ne laisse aucun doute sur sa qualité, c’est bien d’un navet qu’il s’agit.

Il faut dire qu’un malaisien avec des acteurs américains et un budget minimaliste pour tourner un film sur des vikings, ça ne donne pas forcément envie dès le départ. Mais ne soyons pas mauvaise langue et attendons de voir le film avant de juger. L’histoire raconte alors l’histoire du retour de Thor sur Terre afin de décimer l’humanité car les hommes ne croient plus qu’en un seul Dieu unique depuis l’avènement du christianisme. Pris de panique, un autre Dieu du Valhalla demande l’aide de Eirich, un ancien roi viking qui fut ressuscité par sa bien-aimée, la déesse Freida, pour tuer l’enveloppe charnelle du Dieu du tonnerre. Le héros va alors prendre son courage à deux mains et se constituer une petite armée pour combattre ce Dieu vengeur.

A la lecture du pitch, on pourrait croire que la mythologie nordique est bien restituée et que l’ensemble peut donner une petite réflexion sur le monothéisme et la volonté des croyants à imposer une nouvelle vérité. Mais que nenni, il n’en sera rien puisque le film ne sera qu’une succession de batailles mal branlées et de scènes toutes plus ubuesques les unes que les autres. Le principal défaut du métrage, c’est le look et le design global de l’œuvre. C’est bien simple tout est laid ou kitsch. Déjà que tout cela n’était pas folichon avec Les Immortels de Tarsem Singh, là, c’est la douche froide et on pourrait presque se croire dans une kermesse d’école primaire dont le thème serait les chevaliers nordiques. Surenchère de muscles, armures et casques en carton, marteau en polystyrène, bref, tout est réuni pour rendre le film moche et pas crédible. Malheureusement, si les costumes et le design des personnages est affreux, il en va de même dans les décors, puisque tout, absolument tout, a été filmé sur fond vert ou dans des studios. Du coup, on se retrouve avec des contours visibles, des effets spéciaux numériques dégueulasses, à l’image de ce dragon en pixels dont la tête fait cinq fois le corps, mais aussi des moments de grande solitude, comme lorsque le personnage principal se retrouve dans le royaume des morts, un studio de ciné avec des lumières vertes emprisonnées dans des tubes cathodiques en pointe. Le résultat est horrible et on ne sait pas si l’on doit prendre cela comme une insulte envers le spectateur ou comme un second degré insoupçonné.

Mais ce n’est pas tout. L’histoire en elle-même est une tragédie dans le mauvais sens du terme. Si le film accumule les bastons et les rencontres, tout cela ne rime à rien, hormis combler un vide profond. Avec la voix-off du héros, on va voir étape par étape comment il va constituer une armée et comment il va vaincre Thor. Sachant d’entrée de jeu de quoi il en retourne, le film se tire une balle dans le pied et annihile tout effet de surprise quant à la réussite de la quête. Mais ce n’est pas le plus grave. Le problème vient aussi que le film ne dénonce rien et n’arrive pas à tenir un rythme soutenu. Les trahisons se succèdent, certains passages sont totalement gratuits et gênants comme ce moment dans le royaume des morts où le héros rencontre son père sous la forme d’un zombie mal maquillé et le film n’arrive jamais à trouver un bon équilibre pour raconter le fond de son histoire, à savoir la disparition du polythéisme et des dieux anciens. On comprend très vite que cela n’est qu’une excuse pour en mettre plein la vue au niveau des bastons.

Et effectivement, le film n’est pas avare en torgnoles. Il y a des bastons pour tout est n’importe quoi et le film est tellement débile, qu’il arrive même à mettre du kung-fu dedans avec la présence d’un personnage asiatique dont les vikings sont persuadés qu’il s’agit d’un elfe. Du coup, ça défouraille, il y a parfois du sang, il y a des morts, mais il n’y a rien de bien mirobolant. Les ralentis sont légions et empêchent réellement de mettre du dynamisme dans les combats. En effet, préférant un esthétisme douteux à une réalisation nerveuse, le cinéaste a cru bon de mettre des ralentis sur chaque mouvements alors que cela ne sert clairement à rien. Sauf à renforcer le côté kitsch du film. Un côté qui s’assume aussi dans les personnages secondaires, à la manière des deux frères aux muscles hypertrophiés ressemblant à The Barbarians ou encore au vieux mage et ses branches dans le dos, faisant immédiatement référence à n’importe quel récit d’Héroïc Fantasy. Bref, Vikingdom brasse tout et n’importe quoi sans se soucier un seul instant de ce qui peut être plausible ou non.

Cependant, on ne peut pas dire que le film soit un calvaire à regarder. Si dans son ensemble, il pique réellement les yeux et fait figure d’arnaque sur les effets spéciaux et les fonds verts, il n’en demeure pas moins un plaisir coupable. En effet, Dominic Purcell est monolithique et lâche des punchlines complètement inutiles face caméra, certains acteurs font de la surenchère gratuites et sans intérêt et les combats sont suffisamment nombreux pour que l’on ne s’ennuie pas. Alors certes, c’est une bien maigre consolation, mais finalement, on ne peut pas dire que Vikingdom ment sur sa marchandise et assume parfaitement son statut de nanar.

Au final, Vikingdom est bien une daube infâme et totalement à côté de ses pompes, mais il possède aussi un certain recul pour nous faire dire qu’il est conscient de sa propre débilité. Alors oui, c’est raté, c’est kitsch, c’est moche et c’est con comme les blés, mais on ressent un certain plaisir coupable devant ce métrage qui a l’intelligence de ne pas se prendre au sérieux, alors qu’il aurait pu mettre en avant un message contre la religion dans sa globalité. Bref, un film à voir entre potes, bourrés, ou alors seul, bien caché, pour se marrer un bon coup.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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