20 000 Lieues Sous les Mers

Titre Original : Twenty Thousand Leagues Under the Sea

De: Richard Fleischer

Avec Kirk Douglas, James Mason, Paul Lukas, Peter Lorre

Année : 1954

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

En 1868, un monstre mystérieux s’acharne sur les bateaux naviguant dans l’océan Pacifique. Alarmé par ce phénomène, le gouvernement américain arme une frégate. Ned, un fabuleux harponneur, Aronnax, un homme de science et son assistant partent à la recherche du supposé monstre marin…

Avis :

Le nom de Richard Fleischer est quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant c’est l’une de ces légendes d’Hollywood qui laisse derrière elle une carrière somptueuse qui oscille dans les tous les genres. Si le réalisateur a quelques films oubliés ou oubliables, on retiendra particulièrement des films comme « Soleil Vert« , « L’étrangleur de Boston« , « Tora! Tora! Tora!« , « Le voyage fantastique » ou le film sur lequel on s’arrête aujourd’hui, son « 20 000 Lieues sous les mers« , film qui est peut-être son plus connu à ce jour.

Adapté de Jules Vernes, Richard Fleischer invite ici à l’aventure en essayant de percer le mystère du Capitaine Némo et son mystérieux Nautilus. Ce film fut l’une des premières grosses productions des studios en prise de vue réelle. Le défi était de taille, mais le résultat est on ne peut plus réussi, puisque plus de soixante ans après sa sortie, « 20 000 lieues sous les mers » reste encore et toujours une pépite qui ne vieillit pas tant que ça et qui reste toujours un régal à regarder ou découvrir.

Un monstre mystérieux attaque des navires. Peu ou pas de survivants sont là pour en témoigner. Le professeur Pierre Aronnax et son conseil embarquent sur une frégate qui prend le large pour débusquer et tuer le monstre. Après plusieurs mois de navigation, la frégate se fait attaquer par le monstre. Le professeur, son conseil et un marin passent par-dessus bord. Après avoir dérivé au gré des courants, ils finissent par approcher le fameux monstre marin. Celui-ci est en fait un submersible dirigé par le Capitaine Némo. Ce dernier fait alors des trois hommes ses prisonniers privilégiés. Entre le Capitaine Némo et le professeur va naître une relation faite de fascination et de respect. Le Capitaine Némo semble vouloir révéler tous les secrets du submersible, baptisé le Nautilus.

Adapter Jules Vernes n’est jamais une mince affaire et encore moins quand on se trouve en 1955 avec les moyens du bord et que l’on a dans l’idée de mettre en images « 20 000 lieues sous les mers« . Le pari est de taille démesurée, et la réussite l’est tout autant.

Défiant le temps, le film de Richard Fleischer reste un bijou d’aventure, de bonne humeur et de découverte. On ira même jusqu’à dire que le film se bonifie avec le temps, gagnant un cachet rétro émerveillant.

L’adaptation de Richard Fleischer est géniale car elle n’est que découverte pendant les deux heures que dure le film. Ici, le réalisateur nous entraîne dans une aventure de tous les instants. Une aventure qui se trouve aussi bien à bord du Nautilus qu’en dehors, quand on se risque à explorer les fonds marins. Sans temps mort, toujours dans la bonne humeur, « 20 000 lieues sous les mers » est aussi un film profondément intelligent qui livre un constat assez noir et pessimiste sur la nature humaine. Le film apporte de bonnes réflexions sur le pouvoir de l’homme et ce qu’il faut ou non lui confier. Le film dégage un message plutôt en avance sur son temps, puisqu’il est profondément écologiste et offre un joli message qui s’entrechoque au constat noir que le film offre. Ainsi, Jules Vernes et Richard Fleischer démontrent les vertus de la nature. Il évoque le fait que la nature offre tout ce dont l’homme a besoin, sans que l’on tombe dans la société de consommation de masse.

Le film apporte une belle morale sur la beauté de la vie, ou encore sur le rapport au plaisir de la vie et celui de l’argent. Bref, en redécouvrant ce film, que j’avais pourtant vu mainte et mainte fois petit, mon œil d’adulte découvre un tout autre film qui se révèle être plus qu’un simple film d’aventure marin.

« 20 000 lieues sous les mers« , c’est aussi un film qui reste encore bluffant aujourd’hui. La réalisation de Richard Fleischer est tout simplement incroyable et extraordinaire pour l’époque. Tendu, épique, ou encore intimiste, voire spirituel, Richard Fleischer a tout compris ici et met en scène cette histoire de la plus belle des manières. D’ailleurs, on se rendra compte que le film a inspiré plus d’un réalisateur et plusieurs films qui seront faits par la suite.

Le défi de ce film était bien entendu toutes les scènes dans les fonds marins et le défi est largement relevé. Richard Fleischer nous réserve plein d’astuces et des trucages assez bluffants qui n’ont pas pris une ride ou alors peut être seulement la cultissime scène de l’attaque du poulpe. Et même en ayant vieilli, elle reste un monument du cinéma d’action et d’aventure.

Le film dégage une grande poésie, et plus particulièrement lors des dernières scènes. Richard Fleischer fait rimer la mort avec quelque chose de très beau, on en sera presque ému.

L’autre énorme réussite du film, c’est son casting et bien plus encore puisque le film nous offre des personnages insoupçonnés comme cette otarie (une idée de Disney pour le coup). Oui, on ne parle pas assez de cette otarie dont le nom m’échappe. Ou encore le Nautilus qui est un véritable personnage à l’écran. Un personnage passionnant qu’on adore découvrir dans ses moindres recoins.

Pour incarner la complexité du Capitaine Némo, c’est le grand James Mason qui s’y colle. Le comédien est aussi énigmatique et intriguant que le rôle le demande. Froid, déshumanisé, il finit toutefois par être attachant, et même touchant. Paul Lukas écope lui du professeur. L’acteur est très sombre, mais fait le travail qu’il faut et l’on finit par se poser les mêmes interrogations que lui. Puis sa fascination pour le Capitaine Némo est parfaitement rendue et ressentie. Enfin, il y a la bonne humeur et l’entrain de Kirk Douglas dans un rôle en total décalage avec le film lui-même. Un personnage adorable, qui jouit de l’aura inimitable de l’acteur.

Bijou de mise en scène, pépite dans son récit bien plus profond et touchant qu’il ne le laisse supposer, parfaitement interprété, Richard Fleischer nous laisse un chef d’œuvre indémodable, inimitable, qui a traversé les décennies avec toujours la même aura aussi éclatante.

Note : 17,5/20

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Par Cinéted

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