L’Arrangement

Titre Original : The Arrangement

De : Elia Kazan

Avec Kirk Douglas, Faye Dunaway, Deborah Kerr, Richard Boone

Année: 1970

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Eddie Anderson a apparamment tout pour être heureux : publiciste talentueux, marié à une femme belle et intelligente, Florence, leur aisance matérielle leur garantit une vie sans problème.
Mais un accident de voiture qui n’est peut-être pas dû au hasard va tout changer. Eddie est sérieusement blessé. Lors de sa convalescence, on ne peut le tirer de son mutisme. Le souvenir de ses parents le hante : son père, Sam, qu’il n’a jamais vraiment aimé, ni très bien compris, sa mère, calme, résignée, supportant les difficultés de la vie.
Et il repense à Gwen. Il se souvient de leur liaison tumultueuse et passionnée et il ne peut l’oublier…

Avis:

Elia Kazan fait partie de ces réalisateurs américains cultes qui ont des filmographies peuplées de chef d’œuvres unanimement reconnus. Ce qui est bien quand on découvre une œuvre tard comme celle d’Elia Kazan qui nous a quitté en 2003, c’est que l’on peut découvrir des films aux titres qu’on connaît déjà, tant ils ont traversé les années. Qui n’a jamais entendu parler de « Un Tramway nommé désir« , « Viva Zapata !« , « A l’est d’Eden » ou encore « Sur les quais » ?

À la lecture du synopsis, « L’arrangement » laissait supposer un beau drame sur l’éveil d’un homme qui passe un cap. Si le film décrit très bien la dépression de cet homme, il faut dire qu’il est difficile de rentrer pleinement dedans car le film est un peu ennuyant. Reste toutefois l’interprétation impeccable des trois stars du film qui valent à elles seules le détour.

Eddie Anderson est un homme d’une cinquantaine d’années totalement accompli. Il a très bien réussi dans la vie. Il est marié à une magnifique femme qu’il aime. Dans son travail, il est très bien considéré, et même admiré. Et pourtant, Eddie a perdu goût à la vie. La raison est qu’il n’a pas réussi à quitter sa femme pour sa maîtresse. Ces regrets le poussent même un matin à aller jusqu’à une tentative de suicide ratée. « Victime » d’un grave accident de voiture, Eddie va alors peu à peu se renfermer sur lui-même.

« L’arrangement » est un film qui partage car il a pour lui autant de qualités que d’éléments plus discutables et malheureusement pour lui quand on en ressort, c’est bien les éléments discutables qui ont tendance à prendre le dessus sur les qualités.

Elia Kazan dresse ici le portrait d’un homme qui se ronge de l’intérieur. Dans les grandes lignes, le portrait est très beau, très intime et surtout excessivement bien tenu par un Kirk Douglas au-delà des mots et des maux. L’acteur est totalement investi dans son personnage, qu’il rend touchant presque tout le temps.

Le scénario nous réserve beaucoup de remises en questions, de non-dits, de silences, mais aussi des révélations difficiles, des disputes conjugales parfois violentes dans les paroles. Assurément, Elia Kazan nous enferme auprès de ce couple pendant les deux heures que dure son film. L’amour, l’acceptation et les règlements de comptes entre Kirk Douglas et la grande Déborah Kerr sonnent justes et bien souvent, ils sont prenants.

Le scénario nous réserve aussi de bien belles scènes entre Kirk Douglas et sa maîtresse, la sublime Faye Dunaway. Là encore, le film sonne juste et on ressent parfaitement l’amour et la passion qui animent ces deux êtres. On sera là encore touché par la beauté de cette relation, même quand elle se déchire. Elia Kazan apporte aussi un petit côté poétique qui est le bienvenu.

Dans ses grandes lignes, le scénario fonctionne bien et on est touché par le destin de ces personnages, comme par les thèmes que traite le réalisateur. Amour, regret, remords, dépression, remises en questions, le rêve américain, ce qui a été et ce qui ne sera peut-être plus… Bref, le scénario est très riche et tout a un sens et correspond exactement à ce qu’on s’attendait à trouver dans ce film.

Mais pourtant, « L’arrangement » ne fonctionne qu’à moitié notamment à cause d’un montage assez laborieux qui fait des allers-retours incessants entre le passé et le présent, si bien qu’on finit par s’y perdre. Le film apparaît alors comme décousu et bien souvent, on ne voit pas où le réalisateur souhaite nous emmener et comme il nous perd souvent, « L’arrangement » finit par être ennuyant.

De plus, le film a tendance à s’évader sur beaucoup trop de sujets. « L’arrangement » parle de la publicité à travers le métier de Kirk Douglas. Il parle de manipulations ou encore de l’industrie du tabac, la société de consommation. Le film aborde aussi la fin de vie, la maladie ou la folie avec le personnage du père de Douglas. Il parle de la famille, de ses non-dits avec le personnage de la mère de Douglas. … Bref, « L’arrangement » finit par tout mélanger et le tout est lourd et pas nécessaire. Elia Kazan aurait gagné à se concentrer bien plus sur la dépression de Douglas et ce choix entre sa femme et sa maîtresse.

« L’arrangement » est donc un film qui demeure aussi sympathique et touchant dans un sens qu’ennuyant et flou dans l’autre sens, totalement partagé entre l’ennui ressenti et les émotions apportées par le jeu sublime et superbe de ces comédiens qui vaut à lui seul qu’on s’y arrête.

Note : 11/20

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Par Cinéted

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