Testament – The Brotherhood of the Snake

Avis :

Le domaine du métal est très riche en formes et styles variés. De ce fait, il est assez facile de trouver un genre qui nous correspond mieux. Mais il arrive parfois que plusieurs groupes rentrent exactement dans la même catégorie et que les comparaisons fâchent certaines formations. Formé en 1983 en Californie, Testament œuvre dans le thrash métal avec des incursions parfois incisives de heavy. Cependant, durant la même période, un autre groupe fait parler de lui, Metallica. Du coup, le groupe souffre de la comparaison avec la formation de James Hetfield, et malgré un succès important à la fin des années 80, Testament va souffrir de la prestance et l’omniprésence de Metallica. Cela n’empêchera pas le groupe de faire des albums et de demeurer l’un des groupes les plus influents de la scène thrash, mais sa renommée et moins importante. Quoiqu’il en soit, ce qui marque le plus avec Testament, c’est l’irrégularité de son line-up. En effet, seuls le chanteur et le guitariste sont là depuis le début (bien qu’il y ait eu des moments de faiblesse avec le chanteur) et à chaque album, quasiment, il y a eu un nouveau staff derrière. Brotherhood of the Snake est le onzième album du groupe et il s’est fait dans la douleur.

Comme l’explique son leader dans une interview, depuis la reformation du groupe après neuf ans d’absence (de 1999 à 2008), chaque nouvel album semble être un nouveau défi. Manque d’inspiration, prise de tête avec les membres, on sent que Testament commence à battre de l’aile mais n’abandonne pas pour autant. Et tant mieux, car ce nouvel album est une véritable tuerie thrash et heavy, avec des compositions qui ne nous lâchent pas du début à la fin. Le groupe commence très fort avec le morceau éponyme de l’album et envoie la sauce dès le départ. Riffs sauvages, growls gutturaux, batterie à cent à l’heure, le groupe, malgré ses guerres intestines, semble plus en forme que jamais. Chuck Billy place parfaitement sa voix pour pondre quelque chose de très catchy et heavy, et les solos de gratte sont juste parfaits, positionnés à des endroits stratégiques pour fournir une compositions complexe mais fluide et sans chichi. Mais ce qui frappe le plus, c’est clairement la violence qui se dégage de cette pièce, à l’image de Stronghold qui laisse aucune seconde de répit, même dans ses breaks ou encore Centuries of Suffering, qui se rapproche plus d’un mélange heavy et métalcore avec une batterie qui tabasse et un rythme effréné. En premier lieu, il ressort donc un sentiment d’énergie débordante mais maîtrisée mais aussi de spontanéité, ce qui fait rudement plaisir. En fait, cet album semble parfaitement convenir à la scène et il possède une certaine authenticité.

Mais la formation n’oublie pas pour autant de créer quelques morceaux un peu plus complexes et moins dans le vif, même si ces derniers demeurent quand même d’une grande éerngie. Seven Seals surprend par son approche presque Power métal avec sa gratte soliste qui se lance dès le départ dans une introduction intéressante. Le reste du titre sera d’une grande puissance et d’une structure plus posée que les autres pièces. Certes, Testament garde son crédo et livre un titre thrash à souhait, mais il y a un mixage dans ce titre qui fait qu’il ressort par rapport aux autres morceaux, de par sa structure, sa non linéarité et surtout son aspect moins spontané, plus travaillé en amont, affichant une ambiance. On pourra aussi souligner le titre The Pale King, et son chant très groovy qui donne immédiatement envie de headbanger ainsi que sa ligne de basse très distincte, offrant quelque chose de thrash mais d’assez groovy en même temps. Enfin, difficile de passe à côté de Neptune’s Spear, l’un des titres les plus complexes de l’album malgré son accessibilité. Rapide, nerveux, le titre demeure intéressant par son break en milieu de session et son solo qui s’éloigne volontairement du thrash pour donner quelque chose de plus rock, voire prog, et donc une approche encore une fois totalement différente. Du coup, après cette spontanéité, on retrouve aussi un groupe qui a des idées et qui conçoit des pistes plus complexes, plus travaillées, pour arriver à un résultat surprenant et qui ne lasse jamais. Car c’est que l’on aurait pu craindre avec cet album, une redondance pénible avec des titres qui se ressemblent, mais il n’en est rien.

Au final, Brotherhood of the Snake, le dernier né de Testament, est une parfaite réussite. Oscillant constamment entre la spontanéité, l’énergie et des titres plus travaillés, le groupe fournit un album complet, varié et très riche. Et c’est là que l’on s’aperçoit que l’on fait face à un groupe de professionnels, car malgré les déboires de la formation et la difficulté à trouver un arrangement entre membres, le groupe fournit un album de grande qualité qui s’affiche comme l’une des meilleures sorties thrash de l’année.

  1. Brotherhood of the Snake
  2. The Pale King
  3. Stronghold
  4. Seven Seals
  5. Born in a Rut
  6. Centuries of Suffering
  7. Black Jack
  8. Neptune’s Spear
  9. Canna-Business
  10. The Number Game

Note : 18/20

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Par AqME

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