octobre 27, 2021

The Dark Knight Returns

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Résumé :

Des années après avoir pris une retraite forcée, Bruce Wayne est devenu un quinquagénaire aigri et porté sur l’alcool. Mais la plongée de Gotham City dans le crime et le désespoir va le pousser à redevenir le justicier Batman. Traqué par la police et le gouvernement, le chevalier noir va mener sa dernière horde sauvage.

Avis :

Batman est résolument l’un des super-héros les plus appréciés de la bande-dessinée. Il faut dire que c’est le plus humain, celui qui est le plus proche de nous, car il ne possède aucun super pouvoirs, juste une artillerie excellente, des techniques de combat qu’il a apprise à la sueur de son front et une certaine richesse qui lui permet de faire tout ce qu’il souhaite. Après une jeunesse difficile suite au meurtre de ses parents, il devient le justicier noir de Gotham City. Mais il fut un temps où le chevalier noir devenait plus l’égérie de la communauté gay que des fans purs et durs de comics. Entre des ennemis haut en couleur comme le Sphinx ou encore Double-Face en version Joel Schumacher, Batman avait perdu de sa superbe. Heureusement pour nous, Frank Miller a pris les choses en main et en deux séries, il a su insuffler un renouveau sombre, humain et exaltant à l’homme chauve-souris. Après Batman Année Un qui est époustouflant, voici The Dark Knight Returns qui présente un super-héros fatigué, borderline et qui joue avec nos nerfs. Allons vite découvrir ce petit bijou du comic américain.

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L’histoire de ce comic ne démarre avec un Batman dans la fleur de l’âge, en pleine forme et terrassant une poignée d’ennemis. Bien au contraire, on commence par suivre les informations via un découpage efficace, montrant une montée de violence incroyable dans Gotham City, notamment à cause du gang des mutants qui fait régner la terreur dans la ville. Bruce Wayne est alors quinquagénaire et a une certaine attirance pour l‘alcool. Depuis la mort de Jason Reed, le précédent Robin, Bruce Wayne s’est promis de ne plus remettre son costume. Mais la montée de violence que subit la ville va le persuader de reprendre son rôle. Seulement, notre héros va devenir de plus en plus borderline, violent à son tour, franchissant peut-être les barrières qu’il s’était fixé. D’autant plus que son acolyte, le commissaire Gordon part à la retraite et qu’il est remplacé par une jeune flic ambitieuse qui ouvre un mandat d’arrêt contre Batman. C’est alors que Superman s’y met aussi, écoutant le président de la république, pour essayer de calmer Batman ou de le détruire. Tout cela repose aussi sur un climat très tendu, puisqu’une guerre est sur le point d’éclater entre les Etats-Unis et le Corto Maltese. Voilà le héros que nous propose Frank Miller, donnant un ton très sombre, nihiliste au possible et montrant un super-héros qui ne sait plus où sont ses limites. Cette œuvre fait écho au Batman Année Un du même scénariste, mais en allant encore plus loin dans l’aspect très adulte du héros, le rendant presque antipathique. Heureusement que pour contrebalancer cela, la présence d’un nouveau Robin, en version féminine sera là pour rendre une certaine humanité au Batman, qui deviendra de plus en plus aigri et n’acceptant plus la folie du Joker ou d’autres grands méchants comme Double-Face. Néanmoins, Frank Miller y glisse aussi un petit tollé contre les psychanalystes d’aujourd’hui, ceux qui prônent la médecine douce avec les psychopathes et qui finalement récidives et qui leur trouve toujours une bonne excuse. On sera nous aussi confronté à une espèce de choix moral au niveau des actions du Batman, au travers des débats télévisés qui nous parle sous forme de questions et par forcément sous formes de réponses, ce qui interpelle le lecteur : Doit-on être pour les actions de Batman ? Y-a-t-il une autre solution ? Que faire contre ses assassins qui tuent d’autres assassins ? Bref, encore une fois, on est face à une œuvre qui interroge et qui demeure très intelligente, comme en témoigne le combat d’idéaux entre Superman et Batman.

S’il faut trouver un défaut à cette œuvre, ce serait surement au niveau du dessin. Loin d’être mauvais, il ne plaira certainement pas à tout le monde. Si certaines planches sont soignées et sublimes, notamment sur les gros plans lorsque Batman et Robin sautent, d’autres vignettes demeurent un peu brouillonnes. On remarquera aussi certains visages assez grossiers, comme celui du président de la république ou encore celui du gros monsieur qui fabrique des bombes vivantes et volantes. Du coup, on voit une certaine inégalité dans l’importance des personnages, car Bruce Wayne, le Joker ou encore Robin et Alfred, ont des designs bien définis et on les reconnait au premier coup d’œil, tout comme le commissaire Gordon d’ailleurs. Néanmoins, le trait vif de Klaus Janson donne un aspect bien plus adulte à l’œuvre et certains méchants sont vraiment horribles, notamment le Joker qui fait vraiment flipper. On appréciera aussi les couleurs de Lynn Varley, tout juste sublimes, notamment la scène où Superman dévie un missile dans les tons orange. Bref, si le dessin et les couleurs ne plairont pas à tout le monde, cela reste tout de même très adulte et très puissant jusqu’au point de ressentir la violence et l’ambiance malsaine rien qu’avec les couleurs ou certains plans.

Dark Knight Returns - Gotham

Au final, The Dark Knight Returns est une tuerie impitoyable et indispensable. Sombre, glauque, violent avec un super héros en proie avec ses démons et ayant une forte tendance à franchir la ligne rouge, ce comic est un must have dans l’histoire de l’homme chauve-souris. Bien loin des classiques enfantins rappelant les films de Joel Schumacher, on est plus dans le Christopher Nolan, mais en encore plus glauque et obscur. Bref, à posséder absolument !

Note : 19/20

Par AqME

ServalNote de Serval: 19/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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