Avenged Sevenfold – The Stage

Avis :

Il y a des groupes qui marquent plus que d’autres, de par leur cheminement pour arriver au succès ou par leur histoire qui donne une certaine aura à la formation. Pour Avenged Sevenfold, c’est un peu des deux. Groupe de Metalcore tout d’abord, la formation devient un incontournable de la scène underground aux Etats-Unis. Mais après deux albums, le groupe change un peu de registre et s’attaque à quelque chose de plus heavy et parfois de plus thrash. Le succès est au rendez-vous et le groupe connait une renommée internationale durant les années 2000. Malheureusement, un drame va se produire, le décès du batteur, qui était un membre fondateur du groupe. Dans la douleur, et avec l’apport de Mike Portnoy, le batteur de Dream Theater, le groupe sort Nightmare, le skeud qui va les propulser dans la stratosphère des groupes les plus influents dans le monde du métal et du rock. C’est trois années plus tard que le groupe sort alors un nouvel opus, Hail to the King, affichant toujours une mine dépressive. L’album sera un succès, mais on sent que le groupe perd de sa superbe, notamment à cause de compositions très thrash et de morceaux très proche de Metallica. D’ailleurs, un titre sera même accusé de plagiat avec Sad But True. Reconnaissant ses erreurs, la formation revient alors plus en forme que jamais avec The Stage, septième album studio, qui montre bien son évolution depuis ses débuts.

Dans sa volonté de changer les choses, Avenged Sevenfold a fait les choses en grand sur ce nouvel album. Racontant une sorte d’histoire le long des 11 pistes qui forment l’entièreté du skeud, le groupe ouvre sur The Stage, un morceau long de plus de huit minutes. Bénéficiant d’une introduction qui pourrait faire croire à une bénédiction christique, le morceau va ensuite partir vers une sonorité très heavy pour raconter l’histoire violente de l’être humain. Toujours aussi efficace lors des solos, Synyster Gates sort le grand jeu, tout comme le batteur qui lance un rythme effréné sur une batterie pêchue et percutante. L’ensemble est surpuissant et on sent que le groupe veut se démarquer de son précédent album avec des structures plus complexes, plus riches et moins thrash, partant plutôt sur un heavy qui lorgne parfois vers le groove métal. Cet état de fait est consolider avec Sunny Disposition, qui annonce quelque chose de froid à son départ, puis qui se permet de lâcher des trompettes dans son refrain, installant quelque chose d’inédit, mais qui finalement se marie parfaitement à un métal structuré et riche. Une dichotomie qui va aussi se caractériser avec God Damn, alternant des passages très calmes à la guitare sèche puis des riffs hyper agressifs sur un couplet nerveux et puissant. Là encore, M. Shadows impose sa voix parfois nasillarde, parfois calme, mais qui peut aussi partir dans des growls insoupçonnés comme dans Paradigm.

La variation est d’ailleurs ce qui caractérise le mieux cet album d’une grande richesse. Il faudra plusieurs écoutes pour synthétiser tout ce qui fait l’essence même de cet album qui part dans plusieurs sens sans jamais se perdre. Un exploit que le groupe outrepasse sans grande difficulté apparente. On pourra se réjouir devant l’introduction puissante de Creating God puis son refrain calme et planant ou encore devant la noirceur et la douceur de Angels, un titre d’une grande beauté et pourtant relativement sombre. On sera étonné devant l’aérien Higher qui convoque un refrain calme avec des riffs ultra rapides et d’une grande violence sur les couplets ou le solo dantesque de Synyster Gates. Enfin, difficile de passer à côté de Roman Sky, la ballade du groupe. Car depuis le début, la formation offre toujours un morceau plus serein, plus apaisant, montrant alors toute l’étendue de leur talent. On n’y échappe pas avec cet album et ce titre est d’une beauté sidérante, mettant en avant des violons pour appuyer un sentiment de plénitude et souligner la voix sublime du chanteur qui arrive à poser son timbre si particulier pour toucher au plus profond l’auditeur. Cependant, l’album n’est pas exempt de petits défauts, avec des titres moins marquants comme Fermi Paradox ou encore Simulation, deux titres intéressants, mais qui s’oublient assez vite. Mais là où le groupe frappe un très grand coup, c’est avec Exists, la dernière pièce, qui dépasse le quart d’heure. Un morceau de plus de quinze minutes d’une richesse infinie et qui s’impose comme la pièce maîtresse de cet album. Parlant de la vie, de sa complexité, le morceau à l’image de celle-ci, complexe mais poignant, calme et rapide, tout en ambiguïté et en beauté.

Au final, The Stage, le dernier album de Avenged Sevenfold, est une profonde réussite. Ayant appris des remarques sur le précédent album, le groupe revient plus en forme que jamais et offre un incontournable de cette année avec une cohésion et une pertinence incroyable. Libéré du deuil qui entourait le décès du batteur, le groupe renoue avec la créativité et propose quelque chose de beau, de mélodique, de profond et surtout à leur image, ne ressemblant à personne d’autre. Résolument l’un des albums de l’année.

  1. The Stage
  2. Paradigm
  3. Sunny Disposition
  4. God Damn
  5. Creating God
  6. Angels
  7. Simulation
  8. Higher
  9. Roman Sky
  10. Fermi Paradox
  11. Exists

Note : 18/20

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Par AqME

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