A La Gloire d’Odin

Fiche technique :

Auteur : Uwe Rosenberg

Joueurs : 2 à 4

Durée : 2h

But du jeu :

A la tête d’un village vikings vous allez devoir récolter des aliments, piller et amasser des ressources et autres trésors !

Règles :

A la Gloire d’Odin est un jeu de placement d’ouvriers (des Vikings), dans lequel chacun des sept tours de jeu est découpé en plusieurs phases. Chaque joueur dispose de plusieurs Vikings et d’un plateau individuel, contenant plusieurs zones dont une quadrillée sur laquelle sont inscrits divers symboles : une diagonale de revenus, des ressources bonus, et des « -1 ».

Après celle de mise en place de la manche vient le moment pour les joueurs d’effectuer les actions qu’ils souhaitent en plaçant des pions sur le plateau, ce qui représente le coeur même du jeu. Ce plateau est découpé en 4 colonnes. Pour effectuer une action de la colonne 1, il faut placer 1 Viking sur la case correspondante, pour celles de la colonne 2 c’est 2 Vikings et ainsi de suite. Le premier joueur va donc choisir une case et l’appliquer en déposant le nombre de Vikings adéquat, le joueur suivant va faire de même, et ainsi de suite. Si le joueur 1 possède encore des pions il les place de la même façon, etc. La phase d’Action se poursuit ainsi jusqu’à ce que tout le monde ait placé tous ses pions.

Les actions sont nombreuses et très variées. Il peut s’agir de simplement gagner des ressources sans contrepartie, construire des bateaux, partir en exploration, jouer des cartes métier, piller… La plupart des actions demandent d’avoir un certain type de bateau parmi les 3 disponibles : le Baleinier, le Knarr et le célèbre Drakkar. Par exemple, pour faire une pêche à la baleine il faut logiquement un Baleinier alors que le pillage nécessite un Drakkar. Ces bateaux permettent également l’exploration d’autres contrées, matérialisées par des îles quadrillées de la même façon que notre plateau individuel. Il est également possible de jouer des cartes Métier octroyant des capacités supplémentaires, ou de faire évoluer les tuiles ressources : elles existent en 4 couleurs et de diverses formes. Les Orange évoluent en Rouges, qui évoluent en Vertes, qui se transforment en Bleues, à chaque fois en conservant la même forme.

Ces couleurs ont une importance pour le quadrillage des plateaux individuels : il est interdit de placer deux Vertes adjacentes alors que le Bleu en a la possibilité. Le Rouge et l’Orange ont d’autres finalités.

Lors d’une phase ultérieure, on gagne les revenus et bonus associés à notre plateau, sachant que pour recouvrir une case de revenus, il faut au préalable que toutes les cases en dessous et à gauche soient recouvertes.

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, le plateau joueur comporte une diagonale avec un symbole de pièces sur chaque case. Pour avoir le droit de recouvrir le « 2 » situé sur la 3ème ligne en partant du bas, il faut au préalable que j’aie recouvert le 0 et les deux cases au dessus, le « 1 » de la 2ème ligne avec les cases en dessous et au dessus, et les deux cases sous le « 2 » en question.

A quoi sert cette diagonale ? C’est simple, à chaque tour les joueurs gagnent autant d’argent que le chiffre de revenu le plus faible visible.

Vient le moment de célébrer le banquet. Il s’agit de dépenser des ressources de nourriture en fonction de la manche en cours, en alternant les tuiles Oranges et Rouges. Ensuite, les joueurs récupèrent leurs Vikings et une nouvelle manche commence. La partie se poursuit ainsi jusqu’à ce que 7 manches soient écoulées. A l’issue de la partie, les joueurs comptent leurs points de victoire, sachant entre autres que chaque case « -1 » non recouverte fait perdre 1 point de victoire.

Avis :

La première chose que l’on se dit en ouvrant la boîte est « euh tout ça de matériel? ». La deuxième chose que l’on se dit en ouvrant la boîte est « euh tout ça d’actions possibles ? ». A la Gloire d’Odin n’est décidément pas un jeu simple à prendre en main. Son créateur, Uwe Rosenberg, est connu pour avoir inventé Agricola et d’autres jeux du même style : des mécaniques de placement d’ouvriers, aux multiples possibilités, avec une grande arborescence de choix, rendant le titre moins accessible mais délicieusement complexe. Parmi les trois jeux ayant gagné le Spiel Des Jahres (plus grande récompense mondiale en matière de jeu de plateau) catégorie meilleur jeu complexe, trois sont de Rosenberg. C’est dire si cet auteur est réputé et doué dans ce domaine. Mais est-ce que son dernier opus est à la hauteur des attentes du public ? Eh bien… En effet.

Alors oui, on s’y perd au début (et pas que) tant le nombre d’actions différentes est élevé et tant le plateau fait peur. Mais passé ce premier constat, le premier tour peut se dérouler doucement (voire très doucement, ce n’est pas gênant) et la mécanique plutôt logique devient un peu plus claire. Si je veux tel bateau, je dois dépenser du bois. Où obtenir du bois ? A tel endroit. Mais est-ce que d’abord je ne devrais pas effectuer telle action ? Et si je ne la fais pas maintenant, est-ce qu’un joueur va s’y placer avant moi ? Telles sont les questions que l’on se pose fréquemment. Tout en gardant un œil sur la nourriture qu’il faudra dépenser pour le Banquet (une pénalité de 3 points est accordée à tout manquement), sur la diagonale des revenus qu’il faudrait augmenter sans forcément sacrifier les tuiles bonus présentes sur les plateaux, et en gardant à l’esprit qu’il faut non seulement amasser des points de victoire mais également en perdre le moins possible en recouvrant le plus de cases «-1 ».

Les possibilités sont donc si nombreuses que les parties peuvent traîner en longueur. La réflexion est de mise et il n’est pas rare de rester bloqué sur un mouvement avant de se lancer. 2H est la durée moyenne d’une partie, si ce n’est pas insurmontable pour un chevronné cela reste nettement au-dessus du temps d’une partie pour un joueur plutôt familial.

Le matériel, sans être exceptionnel, est d’excellente facture, avec des « kubenbois » en forme d’arbres ou de pierres pour représenter ces ressources. Le thème du Viking, maintes fois repris dans l’univers du jeu de société, est très présent et très bien exploité, avec en plus un livret supplémentaire détaillant la vie de ces fiers guerriers ainsi que les implications avec le jeu. Poèmes tirés des légendes nordiques, recettes de cuisine et anecdotes sur de vrais explorateurs, tout est fait pour nous immerger dans l’ambiance. Par exemple, le chapitre sur le baleinier mentionne un de ces bateaux d’époque en particulier et son utilisation d’alors.

Thème très bien rendu, mécanique classique mais diablement efficace, le jeu en lui-même n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Ses seuls défauts notables se situent en dehors du jeu. En effet, vu le poids de la boîte à cause de tout ce qu’il y a à l’intérieur, le titre souffre d’un prix exorbitant. Il faudra débourser pas moins de 90 euros et prévoir une table conséquente pour tout poser. Ce n’est pas donné à tout le monde, il est donc réservé à un public averti tant au niveau du budget que du style de jeu.

Note: 18/20

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