Metallica – Hardwire… to Self-Destruct

Avis :

Le monde actuel est tout de même bizarre. Il est bizarre dans le sens où l’on encense des choses qui n’en valent pas la peine et on crache bien souvent sur des médiums culturels sans jamais les voir, les écouter ou les étudier. Combien de fois a-t-on entendu, c’est du Michael Bay, c’est forcément de la merde avec des explosions partout ? Combien de fois a-t-on entendu, c’est Metallica, depuis leurs trois premiers albums, ils ne font plus rien ? Pourquoi tant de haine envers un groupe qui a presque fondé le thrash métal et qui fait aujourd’hui figure de papys du métal. Certes, certains albums furent imparfaits à l’image de St. Anger en 2003, mais est-ce une raison suffisante pour dire que le groupe fait du commerce et qu’il n’apporte plus rien au genre ? Non ! Surtout quand on écoute attentivement ce nouvel album qui arrive huit ans après le fort sympathique Death Magnetic. Huit années durant lesquelles Metallica a continué de tourner, a continué de produire, d’écrire et d’enregistrer. Alors il est vrai que parfois l’attitude est détestable, il est vrai que parfois le groupe se met trop en avant par rapport aux autres petits newbies, mais finalement, quand on écoute leur nouvel album, on comprend aisément pourquoi. Car Hardwire… to Self-Destruct, c’est un peu la résurrection d’une légende et une démonstration de force.

D’ailleurs le premier morceau est un gros doigt d’honneur à tous les détracteurs du groupe, puisque ce bon vieux James Hetfield se lance dans un morceau court, purement thrash avec des riffs agressifs et un solo dantesque. Pas de chichi, le titre va à l’essentiel et envoie du lourd, montrant que Metallica est toujours en forme, et même en grande forme. La voix du chanteur parait même retrouvée, puisqu’il ne faiblit à aucun moment et suit avec aisance la rythmique imposée. On regrettera peut-être un manque de nuance dans la gestion des émotions, mais c’est vraiment maîtrisé. Cependant, c’est après que le groupe relève grandement le niveau, ne se laissant jamais dépassé par les évènements et prônant toujours des pièces longues et très techniques. Atlas, Rise ! en est l’exemple le plus pur, démarrant de façon virulente pour ajuster son propos par la suite avec un refrain entêtant et une rythmique rapide mais très accessible. Kirk Hammet s’en donne à cœur joie sur les solos et on ressent vraiment tout le travail derrière cet album. D’ailleurs les deux titres suivants ne feront que confirmer cet état de fait, puisque Now That We’re Dead et Moth Into Flame sont très efficaces avec des riffs très agressifs mais surtout des refrains qui rentrent rapidement en tête, prouvant que le groupe arrive à faire du thrash accessible, puissant et presque grand public. On pourrait les blâmer pour ça, mais la technique est tellement parfaite que le groupe se situe au-dessus de bien des formations qui essayent de les copier. Reste Dream No More qui est peut-être un peu en deçà des autres, mais rien de bien méchant, le morceau demeurant efficace. Enfin, Halo on Fire conclut parfaitement ce premier skeud, s’affichant comme un titre plus calme, laissant alors parler la poudre par la suite.

Le deuxième skeud, puisque Hardwire… to Self-Destruct est un double album de six titres chacun, commence de façon plus brutal, tout en gardant une certaine finesse et une jolie technicité. Plus militariste dans le rythme, Confusion lance cette deuxième partie comme une guerrière prête à en découdre avec n’importe qui. Manunkind, malgré son introduction toute douce, sera du même acabit, ne lésinant pas sur le thrash et les envolées virulentes. Cependant, malgré une violence plus exacerbée dans cette deuxième partie, elle sera aussi moins marquante que la première, la faute à une certaine redondance dans les rythmiques. Here Comes Revenge ou encore Am I Savage ? sont des titres fort sympathiques et grandiloquents, mais ils n’ont pas la marque des premiers morceaux. Tout comme Murder One qui envoie tout de même du pâté. Reste Spit Out the Bone qui est peut-être le meilleur titre de tout l’album. Démarrant au quart de tour, le morceau est d’une rapidité effroyable et d’une efficacité à toute épreuve. C’est bien simple, le groupe prouve une fois encore qu’il est capable du meilleur et peut donner des leçons à bien des petits jeunes prétentions qui pensaient détrôner les rois du thrash.

Au final, Hardwire… to Self-Destruct, le dernier album de Metallica, est une vraie réussite et il mérite amplement toutes les éloges que l’on peut lui faire. Violent, technique, varié, parfois doux, mais d’une énergie folle, le groupe montre qu’il est loin d’être mort et donne une leçon de savoir-faire à bien des groupes. Finalement, ce que l’on reproche à Metallica, c’est une certaine notoriété bien méritée et une machine qui roule au niveau business. En quoi cela doit-il gêner la qualité artistique du groupe ? En rien, et la formation le montre pleinement avec cet album surpuissant et d’une grande générosité. Respect éternel les gars !

CD1

  1. Hardwire
  2. Atlas, Rise !
  3. Now That We’re Dead
  4. Moth Into Flame
  5. Dream No More
  6. Halo on Fire

CD2

  1. Confusion
  2. Manunkind
  3. Here Comes Revenge
  4. Am I Savage ?
  5. Murder One
  6. Spit Out the Bone

Note : 19/20

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Par AqME

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