décembre 2, 2020

L’Armée des 12 Singes

Titre Original : Twelve Monkeys

De : Terry Gilliam

Avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Christopher Plummer, Brad Pitt

Année: 1996

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Nous sommes en l’an 2035. Les quelques milliers d’habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d’un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C’est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.

Avis :

Terry Gilliam est un réalisateur à part dans le monde du cinéma. Révélé en compagnie des Monty Python, le cinéaste a réalisé quelques films avec ses amis avant de s’offrir une carrière solo, aussi électrique que discrète finalement. Terry Gilliam tourne peu, mais chacun de ses films ne passe jamais inaperçu.

Si le cinéaste est toujours en activité aujourd’hui, c’est bien dans les années 80 et 90 que sa carrière est la plus marquante, car entre « Brazil« , « Bandits, Bandits« , « Les Aventures du baron de Münchausen« , « Fisher King : Le roi pêcheur » ou encore « L’armée des 12 singes » et « Las Vegas Parano« , on ne sait plus trop où donner de la tête, tant la filmographie de Terry Gilliam regorge de perles.

Mais aujourd’hui, c’est sur « L’armée des 12 singes » que l’on va s’arrêter. Adapté du court-métrage, « La Jetée » de Chris Marker datant de 1962, Terry Gilliam, en 1996, nous offre-là l’un des plus grands films de sa carrière, mais aussi du cinéma de science-fiction tout court.

« L’armée des 12 singes » est un film prenant et perturbant, qui malgré les années qui passent ne fait que prendre de la bonté. Doté d’un scénario incroyable et d’acteurs hallucinants et hallucinés, Terry Gilliam nous entraîne pendant plus de deux heures dans les méandres d’un jeu pervers et fascinant. Un jeu malsain qui fait douter le spectateur sur ce qu’il est en train de regarder et ce qui est encore plus terrible ici, c’est que « L’armée des 12 singes« , vingt ans plus tard, laisse encore traîner des hypothèses différentes à chaque fois qu’on entre dans ses méandres.

La Terre en 2035 est une planète qui n’a plus rien à voir avec celle que nous connaissons. Ravagée par un virus, il y a presque quarante ans maintenant, la quasi-totalité de l’espèce humaine est morte. Aujourd’hui, les hommes vivent sous terre dans des conditions lamentables. Une expérience vise à envoyer un homme dans le passé, en 1996, au moment de l’apparition du virus, pour enrailler un groupe qui se fait appeler l’armée des 12 singes, car c’est cette armée qui aurait libéré le virus. Cet homme qui va être envoyé, c’est James Cole, un prisonnier qui pourrait bénéficier d’une remise de peine s’il réussissait cette mission.

Chef d’œuvre absolu en son genre, « L’armée des 12 singes » n’est pas qu’un simple film. Non, celui-ci se révèle être une œuvre mémorable qui se redécouvre, presque comme la première fois, tant le scénario, la mise en scène, la musique magnifique, marquante et inoubliable de Paul Buckmaster, ou encore les acteurs impressionnent à chaque fois qu’on le regarde.

L’un des éléments qui impressionne le plus dans ce film, c’est la cohérence de son scénario. « L’armée des 12 singes » est un diamant d’écriture qui étincelle à chaque instant. Magnifiquement raconté, doté d’une mise en scène incroyable qui nous balade d’une manière presque insolente à travers le temps sans jamais nous perdre, on reste comme scotché par cette intrigue qui ne nous lâche plus jusqu’à la fin. Terry Gilliam nous entraîne dans une ambiance unique, qui offre un film à la limite de la schizophrénie. Le scénario très complexe s’amuse à tout instant à remettre le tout en question et c’est avec aisance et assurance que le film peut être perçu de différentes manières à chaque vision, selon les humeurs. Il y a un côté complétement allumé qui se dégage de ce film. Un côté emprisonné, malade et lourd qui se dégage et c’est ce qui incite un peu plus les différentes lectures. Terry Gilliam joue admirablement entre le vrai, le faux, ce que l’on croit vrai, ce que l’on croit faux, ce qui peut être remis en doute ou encore ce que l’on a envie de croire tout simplement.

« L’armée des 12 singes« , c’est aussi une mise en scène de folie, l’une des plus belles de Terry Gilliam. Très inspiré, le réalisateur étonne à chaque plan et chaque séquence. « L’armée des 12 singes« , c’est une idée à la minute, c’est une manière bluffante de jouer avec le temps ou la schizophrénie. La mise en scène de Terry Gilliam est à l’image de son scénario et nous balade en permanence. Et malgré les rebondissements, les disparations, les paradoxes, les allers/retours, jamais on ne se sent perdu dans l’intrigue et le temps de l’intrigue. Bref, c’est incroyable.

« L’armée des 12 singes« , c’est bien sûr des acteurs qui offrent leur meilleur comme rarement. Bruce Willis tient l’un des meilleurs rôles de sa carrière, si ce n’est le meilleur tout simplement. Jamais, ô grand jamais, on avait vu l’acteur dans un état pareil. Incroyable, profond ou déluré, Bruce Willis démontre qu’il peut jouer autres chose que les mecs qui cassent la baraque et qu’il est bien mieux et bien plus grand dans ce genre de rôle.

En face de lui, on trouve un Brad Pitt hallucinant et halluciné. Là encore, jamais on avait vu l’acteur dans un état pareil. « L’armée des 12 singes« , c’est aussi l’oubliée Madeleine Stowe qui trouve un superbe rôle. Puis c’est aussi les discrets et importants Christopher Plummer et David Morse. Bref, « L’armée des 12 singes« , c’est l’un des plus beaux castings des années 90.

Bluffant, déroutant, perturbant, complètement dingue et en même temps très profond et intelligent, avec ce film Terry Gilliam nous offre un bijou, un diamant, un chef d’œuvre qui n’a pas fini de défier le temps et de convertir toujours plus de nouveaux cinéphiles. Bref, un très grand film de science-fiction, inoubliable et impératif !

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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