octobre 27, 2020

Les Héritiers

15175432_1494418200571584_1168948720_n

De : Marie-Castille Mention-Schaar

Avec Ariane Ascaride, Ahmed Dramé, Noémie Merlant, Geneviève Mnich

Année : 2014

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Lycée Léon Blum de Créteil, une prof décide de faire passer un concours national d’Histoire à sa classe de seconde la plus faible. Cette rencontre va les transformer.

Avis :

Après un début de carrière plutôt difficile avec des films comme « Ma première fois » ou « Bowling« , Marie-Castille Mention-Schaar revenait avec ce troisième film qui marque un tournant dans sa filmographie et après la claque que fut « Le Ciel Attendra » que la réalisatrice a présenté cette année, l’envie est venu de découvrir ce troisième film porté par un bouche à oreille tout aussi excellent que son cru 2016.

Alors que le film précédent de la réalisatrice s’avère être une comédie à tendance lourde, Marie-Castille Mention-Schaar revenait avec cette surprise qu’est « Les héritiers« . Sur le papier, il est vrai que le film est déjà vu. Il est vrai que l’on pense d’emblée à des films comme « Esprit Rebelle » ou plus récemment « Ecrire pour exister » ou encore la Palme d’Or de Laurent Cantet « Entre les murs« , mais pourtant, malgré les comparaisons presque indissociables, « Les hériters » arrive à creuser son chemin et s’avère être une excellente surprise, aussi prenante que touchante.

15231554_1494418207238250_7066834_o

Anne Gueguen est une prof d’histoire impliquée qui aime son métier qu’elle pratique depuis une bonne vingtaine d’années. Chaque année, elle voit passer des élèves qu’elle essaie tant bien que mal d’amener plus haut, mais cette année-là, alors qu’elle est le professeur principal d’une classe particulièrement mauvaise et ingérable, elle décide de mener un projet avec eux. Ce projet vise un concours national, il faudra donc que les élèves soit impliqués et réceptifs. Le pari n’était donc pas gagné d’avance, mais envers et contre tous, Madame Gueguen va emmener ses élèves bien plus loin qu’eux même ne l’auraient jamais imaginé.

Pour son troisième film, Marie-Castille Mention-Schaar arrive à faire quelque chose d’assez stupéfiant, puisqu’elle arrive à nous emporter avec conviction dans un film parfaitement convenu. « Les héritiers« , de par ce qui a été fait dans le passé, est un film que l’on connaît par cœur. D’emblée, on sait comment cela va se finir et il est vrai que le film nous réserve bien peu de suspens ou encore de surprise et pourtant, « Les héritiers » est un film que l’on va suivre avec beaucoup d’intérêt et d’émotion. Mais alors pourquoi et comment se fait-il que le film de Marie-Castille Mention-Schaar soit aussi prenant alors que l’on connaît tout d’avance ? La réponse réside dans la spontanéité de son scénario et surtout celle de ses petits acteurs que la réalisatrice a réunie.

Avec « Les héritiers« , la réalisatrice nous livre une chronique sociale des plus vraies et soulève de manière intelligente et pertinante un certain malaise social qui règne dans plusieurs lycées. Le sentiment d’être abandonné, ou encore la motivation d’apprendre ou encore le vivre ensemble. Marie-Castille Mention-Schaar aborde tous ces sujets et bien d’autres encore de manière très simple, très spontanée sans juger ou tomber dans la caricature. Et finalement, le fil de ce film, qui emporte ces adolescents vers leur récompense (d’ailleurs, leur récompense ultime n’est pas vraiment celle qui se voit le plus) ne sera qu’un prétexte à filmer et parler du lycée et des problèmes de culture, d’intérêt ou encore d’identité.

Ce qui est prenant avec ces « … héritiers« , c’est l’ambiance très réaliste qui se dégage du film et les émotions simples que portent le film. C’est ce naturel que la réalisatrice filme au plus près. On est pris par les débats, par le travail ensemble ou encore la prise de conscience des adolescents. Ici, la réalisatrice laisse passer un message clair qui est l’entraide, le vivre ensemble et la tolérance. Le film démontre que chacun peut apprendre de l’autre, et ce n’est pas dans l’individualisme que l’on avance. Le tout est très bien amené sans pathos, sans clash, ou autre provocation. Ici, les élèves font leur chemin eux-mêmes et finalement, même si elle est le leitmotiv, le personnage de cette prof principal se fait discrète et c’est pour cela que le film en est plus touchant. Alors certes, on ne peut nier que c’est assez convenu comme message, mais la subtilité de l’écriture et de la mise en scène est là et elle est juste et loin des clichés.

Le magnifique atout de ces « … héritiers« , ce sont ces petits acteurs que Marie-Castille Mention-Schaar a réunis devant sa caméra. Chacun d’entre eux est important de par le chemin qu’il fera et la réalisatrice ne laisse aucun d’eux sur le carreau, même ceux qui refusent de participer à ce projet. Parmi eux, on sera très touché par Stéphane Bak, Ahmed Dramé, Noémie Merlant ou encore Wendy Nieto. Chacun d’eux est une petite révélation à lui seul. Et au milieu de tous ces jeunes talents, on trouve la belle et tendre Ariane Ascaride qui trouve un rôle qui lui va à ravir.

15233660_1494418223904915_113596949_o

Si Marie-Castille Mention-Schaar n’avait pas vraiment convaincu jusque-là, avec ce film, elle prend un tournant dans sa carrière et livre un très bon moment de cinéma. Un film qui prend le risque de raconter ce que l’on connaît déjà, ce que l’on a déjà vu et pourtant qui s’avère intéressant, comme si l’on découvrait ce genre de film pour la première fois. De beaux parcours, un beau travail sur les émotions et des acteurs au top de la simplicité … Franchement « Les héritiers » est une surprenante réussite !

Note : 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.