novembre 30, 2020

Sweets

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Résumé :

L’ouragan Katrina est sur le point de frapper la Nouvelle-Orléans. À l’aube de la catastrophe, un tueur terrorise les habitants. L’enquête est confiée à l’inspecteur Curt Delatte, mais celui-ci n’est pas en état. Il vient à peine d’enterrer sa fille et sombre dans la dépression….

Avis :

L’univers du comics est dirigé par deux grandes maisons d’édition, qui sont Marvel et DC. Mais au States, il y a d’autres maisons d’édition qui se contentent de ce qui reste, mais qui sortent tout de même des comics de qualité, que ce soit d’un point de vue graphique ou d’un point de vue scénaristique. Ainsi, Dark Horse a sorti tous les Hellboy, mais on a aussi Images, qui sort de très bons comics. Mais il arrive aussi que certains comics moins connus méritent de le rester et peut-être ne devrait-il pas voir le jour en France. Sweets est un peu entre les deux cas, car s’il contient de bonnes idées et un graphisme particulier, il se termine en queue de poisson et on peut perdre le fil très rapidement. Maintenant, il s’agit d’un one shot et donc on peut en ressortir deux grosses contraintes : le nombre de pages qui force à bâcler la fin et l’hypothèse d’un scénario assez pauvre. Sweets va contenir ces deux contraintes et cela va mettre à mal la fin de l’histoire. Mais qu’y-a-t-il à sauver dans ce livre ? Remontons donc à l’époque de l’ouragan Katrina.

Le scénario de l’histoire est assez simple à suivre dans son déroulement et montre tous les poncifs du genre. On va donc suivre une enquête que mène Curt Delatte, l’un des meilleurs agents de police de la Nouvelle-Orléans. Le seul problème, c’est qu’il vient d’enterrer sa fille et qu’il sombre de plus en plus dans la dépression. En même temps, un gentil psychopathe tue des gens en laissant derrière lui des pralinés. Et l’ouragan Katrina ne va pas tarder à pointer son nez. C’est donc dans cette atmosphère d’urgence que va se dérouler l’histoire de Sweets. Le seul gros problème, c’est qu’il n’y a rien de bien innovant dans ce scénario. On retrouve un flic torturé, un tueur énigmatique, des flashbacks racontés de manière sporadique avec un design bien précis. Bref, on a déjà vu cela des tonnes de fois. Heureusement pour nous, tout n’est pas si banal, car Kody Chamberlain, qui s’est démerdé de A à Z pour faire ce comics, réussit à créer une atmosphère particulièrement car à un traitement graphique et des couleurs assez sympathiques. En effet, la prépondérance de teintes jaunes, ocres, oranges, jouxtant les gris, donne une impression de chaleur suffocante et une espèce de mélancolie se détache de chaque planche. Le contraste est ardu avec les scènes de flashbacks qui sont de couleurs froides, du bleu et du vert, et on ressent une volonté de rendre chaque case assez unique mais avec un certain étouffement s’en dégageant. L’autre chose intéressante, c’est le traitement des personnages. Si le héros semble être un homme normal, il possède une intuition à toute épreuve, ce qui lui permet de résoudre l’affaire assez facilement. Et ce qui pourrait être un atout devient vite un inconvénient qui sent le moyen de s’en sortir rapidement pour rentrer dans les cases d’un one shot. Néanmoins, on ressent bien un personnage torturé, et prêt à tout pour résoudre l’enquête quand un évènement important se produit. Quant aux autres personnages, Kody Chamberlain ne s’embête guère, pouvant faire mourir un side kick intéressant ou des personnages que l’on croise. Mais on n’aura pas forcément le temps d’apprécier toute la justesse du propos, car les éléments s’enchaînent trop vite, et du coup, l’ambiance suffocante est tout de même amoindrie.

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Au niveau du graphisme, c’est assez délicat. Chamberlain oppose deux styles, l’un pour la trame principale et l’autre pour l’enfance du tueur (chose que l’on comprend vers la fin). Si le traitement est réaliste pour la trame principale, il est beaucoup plus cartoon pour les flashbacks et cette rupture de style est surement trop brutale et perd un peu le lecteur. Rien de grave cependant, car on comprend assez vite où veut en venir l’auteur. Le style réaliste est réussi, les visages sont bien dessinés, tout comme les décors, mais un sentiment de vide s’empare de nous sur certaines vignettes, qui aurait pu être plus détaillées. Comme je l’ai dit auparavant, les couleurs chaudes prédominent le récit et donne un certain style, mais les ombrages s’en ressentent et gâche parfois le dessin. Bon, cela étant dit, j’aimerais bien dessiner comme l’auteur ! Mais ce qui reste le plus décevant, c’est la fin. En effet, je n’ai rien compris et je suis resté sur ma faim. Moi qui pensais tomber sur une histoire violente, le genre de récit que l’on retrouve dans Death Sentence, et voilà que je me retrouve avec un épisode des Experts. Enfin, le retournement final est incompréhensible (enfin, pour ma part !) et je ne comprends toujours pas le but du meurtrier.

Au final, Sweets est une petite déception dans le domaine du comics. Delcourt qui sort toujours de la qualité m’a quelque peu déçu. Loin d’être mauvais, Sweets n’est pas le récit auquel je m’attendais et m’a laissé sur ma faim. Les amateurs de polars américains seront certainement comblés, mais j’ai trouvé que la jaquette était assez mensongère et que l’histoire n’est pas assez violente. Reste les personnages qui sont atypiques et attachants. Bref, tous les gouts sont dans la nature et il s’agit là d’un one shot, alors pourquoi ne pas vous laissez tenter ?

Note : 11/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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