mars 5, 2021

Seul Dans Berlin

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Titre Original : Alone in Berlin

De : Vincent Perez

Avec Emma Thompson, Brendan Gleeson, Daniel Brühl, Mikael Persbrandt

Année : 2016

Pays : Allemagne, France, Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Berlin, 1940. La ville est paralysée par la peur. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, les Quangel décident d’entrer en résistance. Aux quatre coins de la ville, ils placent des messages anonymes critiquant Hitler et son régime. S’ils sont arrêtés, ils savent qu’ils seront exécutés…

L’inspecteur Escherich de la Gestapo s’intéresse bientôt à leurs actions et c’est un redoutable jeu du chat et de la souris qui s’engage. Le danger ne fait que renforcer la détermination d’Otto et Anna et leur amour. Progressivement, leur rébellion silencieuse mais profonde transforme leur vie et leur mariage…

Avis :

Le regard perçant, un charisme certain, une voix reconnaissable entre toutes, Vincent Perez est l’un des acteurs français qui marque le plus. Passant du film d’auteur aux grosses productions, tournant même à l’étranger, Vincent Perez, c’est une belle carrière de cinéma. Mais dans un domaine plus discret, Vincent Perez touche aussi à la réalisation. Et après plusieurs courts-métrages dans les années 90 et 2000, l’acteur est enfin passé au long-métrage en 2002. Alors certes, depuis 2002, Vincent Perez n’a pas tourné beaucoup, puisque « Seul dans Berlin » n’est que son troisième long, mais il a le mérite d’avoir toujours proposé des sujets intéressants.

Après une pause de presque dix ans, Vincent Perez réalisateur nous revient donc cette année avec son troisième film et installe sa caméra dans le Berlin des années 40, afin de mettre en lumière la guerre autrement.

Très intéressant, « Seul dans Berlin » est porté par un trio d’acteurs sublimes et c’est avec subtilité et drame que le réalisateur nous fait découvrir le combat perdu et fou d’un couple pour éveiller des consciences et venger la mort de leur enfant.

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Berlin, 1940, Otto et Anna Quangel viennent d’apprendre la mort de leur fils unique. Fou de douleur, Otto se lance alors dans une entreprise discrète. Son plan consiste à écrire des cartes, jugées comme de la propagande, afin de dénoncer le régime d’Hitler. Ces petites cartes vont rapidement envahir la ville et alors faire leur effet. L’inspecteur Escherich de la Gestapo va alors tout mettre en œuvre dans une minutieuse enquête afin d’enrailler ce trouble-fête.

« Seul dans Berlin« , c’est le cri d’amour, de rage et de tristesse de parents dont l’Allemagne d’Hitler leur a pris ce qu’ils avaient de plus cher, c’est-à-dire leur enfant.

Des films traitant de la Seconde Guerre Mondiale, on ne les compte même plus, tant le cinéma a traité le sujet en long, en large et en travers. Mais si l’on regarde bien, la plupart des films traitent cette période du point de vue des « gagnants » ou des alliés et peu de films s’aventurent de l’autre côté. Bien souvent, l’Allemagne est résumée à des nazis hurlants sans âme, fusillant sans distinction ni réel motif. Mais qu’en est-il des opposants, de la résistance allemande ou même de la simple bravoure d’une partie du peuple allemand qui ne cautionnait pas cette dictature ? Eh bien, c’est ce que le film de Vincent Perez nous propose ici à travers trois prises de conscience, trois regards différents, trois destins bouleversés par la mort d’un jeune homme.

Avec ce film, le réalisateur met en lumière un couple qui, à sa manière, s’oppose à l’Allemagne nazie. Le scénario qui s’inspire de faits réels est touchant de par la détresse étouffée de ses personnages. Vincent Perez nous conte cette histoire avec suspens et tension, allant parfois chercher du côté du thriller, quand l’étau se resserre.

« Seul dans Berlin » est un film plein de simplicité, de petits détails qui laissent monter crescendo la folie nazie. Le réalisateur nous embarque au plus près de ses personnages, et cette vengeance, comme une quête perdue d’avance, un long et lent suicide, saura nous toucher, notamment grâce à ses deux acteurs principaux, Emma Thompson et Brendan Gleeson, tous deux excellents.

Bien sûr, « Seul dans Berlin » n’est pas parfait, et l’on remarquera de petits éléments qui font vaciller l’entreprise. Le plus gros point négatif étant le choix de tourner en langue anglaise, alors même que l’action se situe à Berlin, que tous les personnages sont allemands et mis à part les deux acteurs principaux, le reste du casting est allemand lui aussi. Une étrangeté qui dérange un peu plus quand on remarque que les personnages parlant anglais ont un accent allemand. Ce choix est donc une énigme, qui entache quelque peu ce joli film.

Brendan Gleeson et Emma Thompson tiennent donc des personnages superbes, de par ce qu’ils expriment, de par leur « complicité », mais surtout par ce qu’ils ne disent pas, ce qu’ils étouffent.

Mais plus que ce couple, le personnage le plus intéressant du film est bien celui campé par l’allemand Daniel Brühl. L’acteur tient ici un personnage fascinant car ambigu, qui résonne comme un lien, et c’est bien lui qui va le plus évoluer et ses regrets sont vraiment touchants. Puis l’acteur joue à merveille.

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« Seul dans Berlin » est donc un film sympathique, intéressant et touchant, qui mérite qu’on fasse le déplacement. Certes, il n’est pas aussi bouleversant qu’on l’aurait aimé. Certes, il est imparfait, mais ne serait-ce que pour cette histoire et ce point de vue différent sur la guerre. Un point de vue, qui fait du bien, car il démontre que l’Allemagne n’avait pas totalement basculé dans la folie et qu’il restait des gens pour s’opposer à cette folie. Et cet angle de vue, on devrait oser le mettre bien plus souvent en avant.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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