décembre 2, 2020

Green Day – Revolution Radio

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Avis :

A la fin des années 80 et au début des années 90, un nouveau genre musical apparait porté par des groupes tous issus du même endroit, la Californie. Il semblerait que les Etats-Unis aient des lieux relativement privilégiés concernant certains types de musique comme Seattle étant la capitale du Grunge ou Memphis celle du rock à papa, mais qu’importe, la Californie semble plaire aux groupes de punk rock qui vont déferler sur tout le globe terrestre pour faire bouger des têtes avec des sons de grattes incisifs mais surtout une attitude parfois provocante mais résolument libertaire et libératrice. Parmi les groupes les plus connus, Green Day va rapidement devenir un fer de lance de l’industrie punk rock, tant et si bien qu’au milieu des années 90, le groupe devient un incontournable, notamment avec des albums comme Dookie, Insomniac ou encore Nimrod. Cependant, durer est difficile et le groupe va connaître une longue traversée du désert durant les années 2000 avant de revenir sur le devant de la scène avec un album tendancieux, visant principalement le système politique américain, American Idiot. A partir de ce moment-là, Green Day change de statut et devient une égérie du rock californien dans sa globalité. Exit les morceaux courts et drôles, on retrouve un groupe plus mature, plus adulte et surtout plus sérieux sur sa communication. Après une tentative étonnante de sortir trois albums la même année en 2012, le groupe revient quatre ans après pour se refaire une santé avec Revolution Radio, un disque qui ressemble à s’y méprendre à American Idiot.

Le skeud débute avec Somewhere Now, un morceau très classique qui montre que le groupe a pris en maturité et délaisse quelque peu le punk pour aller vers un rock plus commercial. Les riffs sont doux, la rythmique est calme et seul le refrain pète un peu histoire de dire que l’on fait quand même du rock, même si cela reste bien mercantile et vendeur. Il faut dire qu’à l’écoute de cet album, c’est un peu le premier sentiment qui envahit l’auditeur, celui d’avoir entendu des titres radiophoniques sans grande saveur, qui s’écoutent certes, mais qui ne restent pas en tête. C’est dommage car on ne peut renier l’aspect technique du groupe qui s’efforce de faire des solos, de varier les tempos, mais globalement, l’album reste très classique dans sa démarche et ne semble être là que pour forcer les ventes et relancer le groupe dans les charts. Ce qui visiblement marche puisque certains titres passent à la radio, ce qui montre la tendance du groupe à vouloir être plus vendeur. Certains titres poussent à ce genre de réflexion comme Outlaws, qui ne possède pas vraiment d’essence, se contentant d’aligner des riffs redondants et une voix lancinante ou encore Still Breathing qui semble taillé pour être vendu en single. Bref, rien de bien mirobolant de prime abord et on peut même dire que cet album déçoit quelque peu.

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Fort heureusement, certains titres sortent du lot et permettent à l’album de sortir de ce marasme ambiant qui fait que Green Day ne garde de punk que le style vestimentaire. Bouncing Off the Wall ou encore Bang Bang semblent être de bons exemples puisque ce sont des titres assez rapides, avec des claps de mains et des chœurs qui braillent des onomatopées derrière les grattes, et qui se révèlent simples mais très efficaces dans leur démarche. D’ailleurs, c’est dans ces moments que l’on retrouve l’aura de Green Day en version punk, un style qui leur va mieux et dans lequel ils semblent se retrouver. C’est exactement ce qu’il se passe aussi avec Too Dumb to Die, qui fait immédiatement penser aux années 90 et résonne comme une madeleine de Proust pour les trentenaires qui ont baigné dans ce genre musical. On ne peut aussi pas reprocher au groupe d’être relativement efficace sur certains morceaux aux refrains accrocheurs ou aux mélodies plutôt entrainantes. Certes, c’est bien peu de chose, mais finalement, au bout de plusieurs écoutes, on va se retrouver à chanter en même temps que Billie Joe Armstrong et c’est plutôt signe que l’ensemble marche bien. Enfin, il est difficile de passer à côté de la pièce qui dépasse allègrement les sept minutes, le groupe s’essayant avec réussite dans le morceau plus long et plus complexe et même si on sort complètement de l’esprit punk, l’ensemble tient la route, prouvant que ce sont aussi d’excellents techniciens.

Au final, Revolution Radio n’est pas forcément une révolution en soi même s’il reste un album attachant et finalement assez efficace dans sa démarche de remettre le groupe sur le devant de la scène après un triptyque assez décevant. Un album passe-partout, très commercial et qui correspond à la nouvelle mouture de Green Day depuis 2004 et American Idiot. Pas mauvais, pas surprenant non plus, pas désagréable, bref, un album que les amoureux du groupe adoreront certainement, et c’est déjà pas mal.

  1. Somewhere Now
  2. Bang Bang
  3. Revolution Radio
  4. Say Goodbye
  5. Outlaws
  6. Bouncing Off the Wall
  7. Still Breathing
  8. Youngblood
  9. Too Dumb to Die
  10. Troubled Times
  11. Forever Now
  12. Ordinary World

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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