Crowbar – The Serpent Only Lies

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Avis :

Il est toujours compliqué de succéder à divers groupes qui ont marqué toute une génération. Mais il est encore plus dur de continuer à faire parler de soi quand on est une légende du métal américain. Crowbar n’est pas très connu en France et fait pourtant partie de ces groupes fondateurs d’un genre et évoluant dans une microsphère intéressante, à savoir le NOLA. Mais qu’est-ce donc ? C’est tout simplement un regroupement de différents groupes de métal originaires de La Nouvelle Orléans comme Down ou encore Crowbar. D’ailleurs, les deux groupes sont intimement liés puisque bassiste et guitariste officie dans les deux formations, tout d’abord dans Down puis dans Crowbar suite au meurtre de Dimebag Darrell. The Serpent Only Lies est le onzième album studio de Crowbar depuis sa création en 1989. Doté d’un savoir-faire sans équivoque, arpentant le chemin entêtant du sludge métal, le groupe livre un nouvel album assez classique et qui ressemble beaucoup à ce que produit le groupe depuis ses débuts. Rythmiques assez lentes, chant grave appuyant une ambiance assez tendue et parfois glauque, riffs d’une lourdeur insensée, pas de doute, Crowbar fait du Crowbar et surtout fait du sludge sans jamais dériver de son chemin. Et c’est peut-être ça qui fait que l’album est sympathique, mais pas transcendant.

Le skeud débute avec Falling While Rising, un titre tout en nuance et en non-sens. Le morceau, musicalement parlant et très intéressant et sera symptomatique du reste de l’album. L’introduction est très lente, très lourde, et les riffs sont très agressifs. Dès le départ, le groupe annonce son choix de faire un sludge très lancinant avec quelques fulgurances nerveuses lors du couplet. La voix du chanteur, bien gutturale, rentrera fortement en ligne de compte pour appuyer une ambiance déjà pesante et sans qu’on y sente une envie de nuance. C’est gras, c’est lourd, et surtout, ça ne va pas si vite que cela. On pourra peut-être y déceler un peu de Doom, mais dans son ensemble, même si c’est bien foutu, ça reste très classique. Et ce n’est pas la suite qui va nous faire dire le contraire. Plasmic and Pure décide de faire une intro batterie et gros riffs gras pour imposer finalement un rythme quasiment identique au premier titre. Et c’est là le plus gros point faible de cet album. On y ressent très vite une certaine redondance dans la structure même des morceaux et dans leur rythme. Ok, le groupe fait du sludge et c’est sa marque de fabrique, mais au bout d’un moment, on a la désagréable sensation d’entendre toujours le même morceau et il n’en ressort aucun charme. On pense aussi à Surviving the Abyss, Embrace the Light ou encore On Holy Ground. Et même si parfois il y a des dissonances entre les morceaux, avec une ambiance plus ou moins travaillée, on reste sur quelque chose de très binaire et qui se ressemble beaucoup.

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Fort heureusement, le groupe se sauve avec une paire de morceaux relativement intéressants et qui changent un peu la tonalité de l’album. Le premier à faire son entrée, c’est I Am the Storm, puisque le titre fait plus punk hardcore que Sludge. C’est très rapide, très violent, et la rythmique s’en ressent. On respire un peu plus même si le morceau est sauvage et qu’il laisse peu de place à la détente ou à une quelconque ambiance. Il est tout de même la preuve que Crowbar peut aussi faire dans le nerveux rapide (avec des ruptures en lignes de basse faisant immédiatement écho à Hatebreed) et que cela permet une certaine variation salvatrice. On retrouvera cet esprit dans le titre éponyme de l’album avec The Serpent Only Lies qui possède un couplet ultra nerveux et rapide pour un refrain d’une lenteur extrême. Mais là où le groupe frappe très fort, c’est que malgré son aspect rugueux, il pose une ballade juste somptueuse et d’une noirceur sans fond. Song of the Dunes, qui arrive avant la clôture, est un titre d’une beauté sidérante, montrant que le groupe est capable de fournir de la douceur dans un océan de violence, laissant le temps de souffler. Il en résulte donc quelque chose de beau, de tendre, de presque désespéré, mais qui fonctionne du tonnerre, surtout avec la voix cassée du chanteur en fond, qui offre une dimension presque mystique au morceau.

Au final, The Serpent Only Lies, le dernier album de Crowbar, est sans surprise. Il s’agit d’un album de sludge relativement cohérent dans sa structure, qui ne déroge pas aux règles que s’impose le groupe depuis des années. Du coup, un peu à la manière d’un Sabaton, Crowbar ne surprend pas mais fait le job, n’innove pas mais fournit un album qui remplit son cahier des charges. Bref, un album sympathique qui devrait réjouir les fans de la première heure.

  1. Falling While Rising
  2. Plasmic and Pure
  3. I am the Storm
  4. Surviving the Abyss
  5. The Serpent Only Lies
  6. The Enemy Beside You
  7. Embrace the Light
  8. On Holy Ground
  9. Song of the Dunes
  10. As I Heal

Note : 14/20

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Par AqME

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