novembre 30, 2020

The Strain Saison 3

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D’Après une Idée de : Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

Avec Corey Stoll, David Bradley, Jonathan Hyde, Kevin Durand

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Nombre d’Episodes: 10

Résumé :

Un avion atterrit à l’aéroport international John F. Kennedy avec toutes lumières éteintes et les portes scellées. L’épidémiologiste Dr. Ephraim Goodweather et son équipe sont envoyés pour enquêter. À bord, ils trouvent deux cents six corps et seulement quatre survivants. La situation se dégrade quand les corps commencent à disparaitre de la morgue. Goodweather et un petit groupe se retrouvent à devoir se battre pour protéger les leurs et même la ville entière d’une ancienne menace envers l’humanité.

Avis :

Il est toujours bon de savoir quand une série s’arrête. Premièrement parce que cela permet de se projeter sur les évènements à venir et deuxièmement parce que cela montre qu’il y a eu un travail en amont, avec des bases bien définies. C’est par exemple ce qu’a fait Kurt Sutter avec les Sons of Anarchy, ayant prévu sa série en sept saisons. Il semblait donc évident que la série The Strain, issue de la trilogie La Lignée de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, allait se terminer en même temps que les bouquins, sur trois saisons. Mais c’était sans compter sur l’argent que rapporte la série et la volonté de tirer en longueur une série qui marche plutôt pas mal aux States. Du coup, est-ce vraiment raisonnable avec cette série vampirique un peu atypique ?

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Oui et non. Ecourtée de trois épisodes sur cette saison (sans explication), la série va essayer d’être plus nerveuse et de fournir plus de combat contre le maître, ce maudit vampire qui veut transformer l’humanité en gros steak haché. Seulement, en dix épisodes, il semble compliqué de construire quelque chose de cohérent, surtout dans les relations entre les héros, qui vont s’écharper ou tomber amoureux. On retrouvera donc tous les poncifs du genre, avec le mec qui couche avec la copine de l’autre parce qu’il est trop obnubilé par les vampires et leur éradication, ou encore le vieux riche qui sert les vampires avant de se trahir et donc de retourner sa veste. Il réside un sentiment de déjà-vu assez effarant et un manque de de renouvellement. Non pas que ce soit mauvais en soi, mais franchement, il arrive un moment où on s’en bat un peu les noix des coucheries et « jalouserie » de chacun.

La seule réelle nouveauté proviendra des deux scientifiques, à savoir le héros Ephraïm et son acolyte, qui vont tenter de créer un dispositif pour brouiller les vampires dans leurs discussions. Les passages d’autopsie sont relativement gores et on ressent clairement la patte de Del Toro, qui plane de moins en moins sur le projet, les bestioles étant moins impressionnantes, et la série s’appesantissant sur des moments soit inutiles, soit pénibles. IL manque clairement une dynamique cohérente à cette saison, qui voit certains personnages mourir, mais qui était déjà inutiles la saison précédente. Sauf pour Angel, le catcheur mexicain, qui serait en quelque sorte le fantasme de Del Toro (on en retrouve énormément dans le comics Hellboy si cher au réalisateur), qui signe une disparition remarquée, un peu comme si le cinéaste mexicain disait au revoir à la série.

Mais finalement, le plus lourd dans cette saison, c’est clairement le fils du héros. Capturé par les vampires, gardé par sa pseudo-mère et une petite fille vampire qui grimpe aux murs, le jeune garçon va avoir un rôle ingrat et détestable. Bête comme ses pieds, sachant forcément que sa mère est morte, il garde un lien très fort avec elle et cet amour va être la cause d’un désastre et d’une quatrième saison. Le cliffhanger est ridicule même s’il fait apparaître enfin l’occultation, celle du soleil par la fumée d’une bombe nucléaire. Il y a vraiment un manque de cohérence là-dedans et un souci d’écriture, puisque même si le gosse est attaché à sa mère, il devrait avoir un peu plus de jugeote.

L’autre principal problème dans cette saison, c’est le manque flagrant de renouvellement dans l’intrigue. En gros, c’est un Tom et Jerry interminable entre le héros et le grand méchant. Les deux se cherchent, puis se trouvent pour enfin se mettre sur la gueule jusqu’à ce que l’un d’entre eux se sauve. Du coup, il est difficile de dire s’il est judicieux de faire une quatrième saison (qui sera la dernière) si pour planter le même décor. Certes, certains moments sont plaisants et des personnages sont attachants comme le demi-vampire ou Gus qui va prendre un peu plus d’importance, mais la série manque réellement de portée symbolique dans cette saison, ou encore de critique sociale pour pleinement convaincre. On retrouve trop de problèmes liés à la paternité ou à l’amour maternel, à un tel point que cela en devient une redondance presque inacceptable. Fort heureusement, les effets spéciaux sont toujours aussi convaincants et l’aspect gore de la série n’est pas perdu, offrant parfois des moments presque gênants, comme lors de l’ouverture d’un crâne d’une petite fille vampire encore consciente.

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Au final, la troisième saison de The Strain est une petite déception. Depuis la première saison, qui était très réussie, la série décline de plus en plus, ayant vraiment du mal à se renouveler et à apporter un vent de fraîcheur à cette chasse au vampire qui tourne à chaque fois en une farce pas drôle du tout. Il aurait été plus judicieux de rajouter trois épisodes à cette saison pour la terminer complètement, sans chercher, encore une fois, à faire des bénéfices sur le dos des vampires et de l’excellent réalisateur qu’est Guillermo Del Toro.

Note : 10/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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