Black Rain

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De : Ridley Scott

Avec Michael Douglas, Andy Garcia, Ken Takakura, Kate Capshaw

Année : 1989

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Policier

Résumé :

Un policier new-yorkais est chargé d’escorter à Osaka un criminel japonais. Rapidement, ce dernier s’échappe. Le représentant de l’ordre va alors avoir beaucoup de mal à le retrouver dans un pays dont il ignore les us et coutumes.

Avis :

Les années 80, pour Ridley Scott, ont été assez partagées (l’image de ce que sera sa filmographie). Si le réalisateur les a commencées de manière fracassante avec « Blade Runner« , la suite, même si elle est très sympathique, « Legend » en tête, est loin d’être aussi bonne et percutante, allant même jusqu’au très classique « Traquée« .

Pour conclure les années 80, Ridley Scott revient avec un petit polar dont la plus grosse partie de son intrigue se déroulera au Japon. Excellent polar, « Black Rain » s’avère être un film très efficace, malgré un scénario assez classique.

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Nicky Conklin et Charlie Vincent sont deux policiers chargés de ramener un criminel au Japon, mais une fois arrivés sur place, ils se font doubler et le criminel en question se trouve en liberté. Nicky et Charlie restent donc sur place afin de retrouver le criminel, malgré le fait que la police japonaise ne soit pas convaincue de leur compétence. Aidé par un policier japonais censé les « garder », les deux flics vont devoir mener une enquête dans un pays où les procédures sont bien différentes des leurs.

Quelle belle surprise que ce polar bien sombre à la sauce nippone et années 80. « Black Rain » fait partie de ces films signés Ridley Scott qui sont injustement sous-estimés. Alors sans être l’un des sommets de la filmographie du réalisateur, Ridley Scott nous offre ici un film aussi classique dans son intrigue que redoutable finalement dans son scénario qui développe en toile de fond le traumatisme de la bombe H, ses idées et son ambiance.

Alors que beaucoup de réalisateurs ont filmés New-York, Chicago ou encore Los Angeles, Ridley Scott fait le choix d’Osaka et le résultat est payant, puisque « Black Rain » va être alors différent des autres polars américains de son époque. Si le scénario, dans son fil rouge est classique, on peut même lui reprocher d’être prévisible à mort, toutes les différentes intrigues, les péripéties ou encore la construction des personnages font que le film en devient très vite prenant et c’est avec intérêt qu’on suit cette histoire dans les rues d’une ville qui parfois peut rappeler « Blade Runner » dans son ambiance. Doté d’un excellent montage, oscillant entre le polar et le drame avec quelques pointes d’humour pour faire redescendre le tout, Ridley Scott nous emmène dans un film riche qui appuie sur le choc des cultures et des méthodes, sans en faire une caricature.

« Black Rain » est un film construit en deux parties. La première sera l’arrivée au Japon, la découverte du pays, de la ville, de ses dangers, de ses méthodes. On appréciera les deux cultures différentes et l’ambiance assez cool que le film dégage. Puis arrive un incident qui va nous emporter dans un film résolument noir et froid. Un polar vengeur prenant qui saura nous toucher quand il le faut. Ce qui est terrible avec « Black Rain« , c’est qu’on voit arriver cet incident « gros comme un camion » et pourtant quand celui-ci se produit, on est touché et c’est là que Ridley Scott fait basculer son film dans quelque chose de prenant. C’est avec un cliché énorme que Ridley Scott finit par complétement tenir son public. D’un coup, ce polar prend une autre dimension et convole vers l’excellente surprise qu’il est.

On ajoutera à cela une mise en scène qui fait s’entrechoquer les méthodes américaines au respect et à l’ambiance japonaise. Ridley Scott tire le meilleur des deux pays, et même si le film a quelque peu vieilli, cette façon de faire « à l’ancienne » est plaisante et donne beaucoup de cachet au film. Le seul petit défaut qui agace, ce sont les dernières scènes et ce côté happy end bien trop prononcé qui gâche un peu le plaisir et se trouve incohérent par rapport à ce que les personnages viennent de vivre.

On pourra aussi compter sur la BO d’Hans Zimmer qui s’avère parfaite. Le célèbre compositeur nous offre une perle que l’on prend plaisir à écouter en dehors du film. Mélange à la perfection des rythmes noirs très eighties et des notes plus douces qui rappellent le pays du soleil levant. « Black Rain » marque la première collaboration entre Ridley Scott et Hans Zimmer.

« Black Rain« , c’est enfin un casting génial. Un casting qu’on ne peut qu’adorer tant il est bon. Tenu par un Michael Douglas charismatique en pleine forme, l’acteur incarne un personnage bourru et tendre à la fois. Un personnage dur et touchant, capable de nous faire rire à plus d’une reprise. Le comédien a parfaitement scruté son personnage et c’est avec plaisir qu’on le suit dans les rues de cette ville.

S’ajoute un tout jeune Andy Garcia excellent dans un rôle qui lui va comme un gant. Un Ken Takakura parfait dans un rôle ambigu et parfois drôle de retenu et d’outrage. Et enfin un Yûsaku Matsuda sacrément badass et cliché à la fois.

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« Black Rain » fut donc une très bonne surprise. Avec ce film, Ridley Scott conclut ses années 80 de très belle manière. Polar nerveux, détenant un vrai fond qui va bien plus loin que son intrigue, on prend plaisir à suivre ce film. Et même si l’on regrette l’intrigue classique ou le happy end trop poussé, il n’en restera pas moins que « Black Rain » finit par s’imposer dans nos esprits comme un très bon Ridley Scott à revoir et à écouter avec plaisir.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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