D’Amour et d’Eau Fraîche

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De : Isabelle Czajka

Avec Pio Marmai, Anaïs Demoustier, Laurent Poitrenaux, Christine Bucher

Année : 2010

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Julie Bataille, 23 ans, Bac +5, les petits boulots, elle n’en veut plus. Elle cherche un vrai travail. Lors d’un entretien d’embauche, elle croise Ben, qui lui a choisi de vivre au jour le jour d’expédients et de petits trafics. Il lui propose de venir passer l’été dans le Sud avec lui. Julie refuse, puis un jour, sur un coup de tête, plaque tout et part le rejoindre.

Avis :

Isabelle Czajka est une réalisatrice qui débute sa carrière en 1998 avec un documentaire « Tout à inventer« . Quelques années plus tard, elle arrive avec un court-métrage qui sera primé au festival de Clermont-Ferrand. S’en suit logiquement, un premier long métrage, « L’année suivante« , qui reçoit un prix au festival de Locarno. Isabelle Czajka s’affirme comme un espoir du cinéma français.

Pour sa deuxième réalisation, « D’amour et d’eau fraîche« , la réalisatrice refait appel à son actrice Anaïs Demoustier et peint le portrait d’une jeune femme de vingt-trois ans qui a bien du mal à faire son entrée dans la vie active. « D’amour et d’eau fraîche » aurait pu être un joli film sur les ambitions et les désillusions, sur la sortie de « l’adolescence » pour devenir de jeunes adultes actifs. Avec un sujet comme celui-là, Isabelle Czajka avait de quoi nous offrir une chronique sociale attachante, pleine de tendresse, mais malheureusement, malgré une première partie très réussie, la réalisatrice dérive et finalement s’engouffre dans une direction qui laisse de marbre. Et elle le fait avec une mise en scène plate et ennuyeuse qui fait que petit à petit, on finit par se désintéresser du destin de cette jeune fille.

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Julie Bataille a vingt-trois ans. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle est pleine de rêves et se cherche encore. Elle rêve d’un boulot qui la passionnerait, mais les entretiens d’embauche se font rares et quand elle décroche une place, elle se heurte au monde du travail qui ne lui fait aucun cadeau. Pendant un entretien, elle fait la connaissance de Ben, un jeune homme qui vit en marge. Beau et libre, Ben vit de petits trafics ici ou là. Julie est fascinée par le jeune homme et lorsqu’un matin, il lui propose de partir dans le sud de la France pour quelques jours de vacances, elle accepte…

« D’amour et d’eau fraîche » est un film qui a de beaux arguments pour lui. Le synopsis est intéressant. Quand le cinéma français ouvre un œil sur une chronique sociale, bien souvent, il le fait bien et enfin, le film a pour lui un très beau casting. « D’amour et d’eau fraîche » est tenu par deux jeunes espoirs très talentueux, la belle Anaïs Demoustier et le charmant Pio Marmai (deux comédiens qui sont aujourd’hui de plus en plus présents sur le devant de la scène).

La bande-annonce laissait imaginer un film plein de naturel dans lequel souffle des vents contraires, désillusion et liberté. Mais à la place de toutes ces merveilles, c’est malheureusement un film plat et frustrant qu’on va trouver là. Plat, parce qu’il finit assez vite par désintéresser celui qui le suit et frustrant, car il avait parfaitement commencé. Sur les une heure et demie que durent le film, « D’amour et d’eau fraîche » arrive à avoir une belle quarantaine de minutes géniales, drôles, pathétiques et subtiles. Une ouverture qui donne tout ce que l’on avait envie de voir. Isabelle Czajka nous plonge auprès de cette jeune fille attachante et on adore suivre ses mésaventures. La réalisatrice aborde avec conviction la difficulté des jeunes pour entrer dans la vie active. Elle parle de belles manières des petits boulots, des appartements minables, des concessions que l’on a tous plus ou moins fait pour avancer. Cette chronique sociale dégage un charme fou, parce que le scénario est riche et juste, parce que la mise en scène est jolie et pleine de légèreté et surtout parce qu’Anaïs Demoustier, de par son naturel, y est tout simplement géniale.

Mais voilà, ce goût de merveille va malheureusement très vite s’estomper pour laisser la place à un film plat qui va très vite aller dans le cliché. Peu à peu, au grès des rencontres du personnage et de ses choix, Isabelle Czajka s’éloigne de ses sujets et fait basculer son film dans une histoire d’amour qui a son charme, parce que les acteurs sont très bons, mais qui reste toutefois terriblement prévisible. Et le tout est si prévisible, si facile et tellement cliché, qu’on est déçu que le film parte ainsi dans ce sens et l’on finit par le suivre du coin de l’œil espérant qu’Isabelle Czajka ne conclura pas son film comme l’intrigue l’annonce. Malheureusement pour nous et pour le film, l’inévitable se produit et le peu d’intérêt qui restait en nous disparaît.

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« D’amour et d’eau fraîche » est donc passé de la belle chronique sociale au film de trafic d’armes sur fond d’amour libre… C’est vraiment dommage, il avait si bien commencé et malgré le fait qu’il reste bien filmé jusqu’à la fin, malgré le fait que ces acteurs soient très bons, qu’ils forment un beau couple à l’écran, cette dérive absurde, cliché, à la morale quelque peu douteuse (si l’on ne trouve pas de boulot, on finit forcément dans la délinquance, même malgré soi…) fait que l’on se désintéresse des personnages et que l’intrigue finit par ennuyer… C’est vraiment dommage…

Note : 07/20

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Par Cinéted

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