The Revenants

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Titre Original : The Revenant

De : Kerry Prior

Avec David Anders, Chris Wylde, Louise Griffiths, Jacy King

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Horreur

Résumé:

Tué en Irak dans de mystérieuses circonstances, le lieutenant Bart Gregory revient aux Etats-Unis dans un cercueil recouvert d’un drapeau. Plutôt que d’y rester éternellement, il s’en évade pour trouver refuge auprès de son meilleur ami, Joey.

Avis:

Issu des effets spéciaux, rien ne prédisposait Kerry Prior à se lancer dans la réalisation. Si on ressent un amour profond pour le film de genre, surtout après son travail sur des films tels que Freddy 3, La Revanche de Freddy ou encore Phantasm 2, il était bien impossible de dire si le créateur allait se mettre derrière la caméra. Ce fut pourtant le cas en 1996 avec un premier d’horreur, Roadkill. Mais depuis, silence radio hormis un petit travail sur Bubba Ho-Tep de Don Coscarelli en 2002. C’est alors qu’il refait surface en 2009 au gré des festivals spécialisés grâce à son nouveau film, The Revenants. Un film qui va mettre plus de six ans à venir chez nous en format DVD, avec un titre légèrement manipulé et surtout une campagne de pub inexistante, si ce n’est le logo Mad Movies. Voilà donc un bon gros gâchis comme sait si bien le faire la France dans le domaine du cinéma de genre, puisque non seulement The Revenants est très bien, mais en plus de cela, il lorgne vers le film indé que vers la série Z, mettant en avant beaucoup de sentiments sur un soupçon de gore.

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Le film prend place en Irak où un soldat, écrasant involontairement un jeune enfant, se fait abattre. Rapatrié dans son pays, il est placé dans un cercueil avant de se réveiller sans savoir ce qu’il lui est arrivé. Pendant ce temps, son meilleur ami se tape sa femme pour la réconforter. Dès le départ, un ton assez sarcastique est donné. On est face à un vrai/faux triangle amoureux qui donnera lieu, plus tard, à un retournement assez équivoque. Mais déjà, le réalisateur pose les bases d’un schéma différent dans le film de zombie, à savoir une intrigue amoureuse qui cible en particulier le défunt. Une mort tragique, qui va amener son lot de questionnements sur l’amour, les sentiments et comment accepter l’autre quand on est différent. Et cela dans les deux sens, puisque si sa femme ne se pose pas trop de questions et accepte l’état de son conjoint tant elle est amoureuse, lui, zombie de son état, se refuse de gâcher la vie de sa femme à cause de sa nature. C’est assez pertinent et rare de voir cela dans un film de zombie, qui s’amuse en général avec les humains ou qui tombe dans la niaiserie post-ado comme dans Warm Bodies.

Mais ce n’est pas tout. Si on sort du triangle amoureux qui prend une légère place dans le métrage, on a la sensation que The Revenants n’est rien de moins qu’un hommage aux films de genre des années 80. Car après les atermoiements d’un zombie en détresse, on va rapidement tomber dans un vigilante movie où le personnage central se découvre l’immortalité la nuit et va en profiter pour nettoyer les rues. Entre le revenge movie et le vigilante, le film sort encore une fois des sentiers battus pour arpenter un message plus sulfureux, si cher à Charles Bronson ou Chuck Norris. Cependant, loin de faire dans le bourrin à tout va, Kerry Prior favorise une mise en scène intéressante, faite de plans statiques ou de plans-séquences judicieux afin de donner un certain cachet à son film, qui relèvera plus du cinéma indépendant américain que de la série Z gorasse. Et si le film est parfois un peu mollasson et relativement bavard, il apporte toujours un lot de réflexions intelligentes à l’image des tueries qu’organisent les deux compères pour faire une justice somme toute discutable.

Mais par-dessus tout, le film n’oublie pas pour autant d’être gore quand il le faut. Les effets spéciaux signés par le réalisateur sont de très bonne facture, surtout vu le budget, et il réside dans ce film hybride une certaine poésie sur la décomposition des chairs. Créant une créature entre le vampire et le zombie, Kerry Prior s’octroie les faveurs des deux bestioles avec des passages assez sales (comme lorsque le héros vomi un liquide noirâtre) et profite de ce statut pour faire évoluer une relation presque toxique entre deux amis en perdition. Car il ne faut croire, The Revenants est aussi un film d’amitié entre deux gars qui refusent de grandir et qui voit en l’immortalité une façon de se refaire, de profiter du temps perdu. Cela donnera lieu à un final explosif avec des effets assez incroyables pour un film privé de salles et mettra le spectateur dans une situation inattendue pour un film de genre, à savoir entre la larme à l’œil et la joie de voir un festival sanguinolent.

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Au final, The Revenants est une réelle grosse surprise car en général, les films sortant directement en DVD et plus de cinq après leur sortie officielle aux States sont de grosses daubes sans aucun intérêt. Sauf que là, ce n’est absolument pas le cas, puisque le deuxième film de Kerry Prior est une vraie réussite, allant plus chercher du côté du film américain indépendant que du film d’horreur B, voire Z, affichant clairement un message sur la société américaine et sur des relations qui restent figées pendant des années, n’évoluant jamais et devenant toxiques. Il en résulte un film hybride intelligent au destin trop funeste par chez nous.

Note: 15/20

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Par AqME

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