octobre 29, 2020

La Neuvième Porte

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Titre Original : The Ninth Gate

De : Roman Polanski

Avec Johnny Depp, Frank Langella, Lena Olin, Emmanuelle Seigner

Année : 1999

Pays : Etats-Unis, France, Espagne

Genre : Fantastique, Thriller

Résumé :

Dean Corso est un chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés. Sa réputation lui vaut d’être engagé par un éminent bibliophile, féru de démonologie, Boris Balkan, qui lui demande de traquer les deux derniers exemplaires du légendaire manuel d’invocation satanique, « les Neuf Portes du royaume des ombres ». Corso relève le défi. De New York à Tolède, de Paris à Cintra, il s’enfonce dans un labyrinthe semé de pièges et de tentations. Il va peu à peu décrypter les énigmes du livre maudit et découvrir le véritable enjeu de sa mission.

Avis :

Roman Polanski a été un réalisateur très prolifique les vingt premières années de sa carrière, offrant un film environ tous les deux ans. Mais à partir des années 80, le réalisateur a ralenti la cadence, si bien que les années 80 ne verront que deux films signés Polanski et les années 90, seulement trois. Roman Polanski prend donc son temps pour trouver les histoires qu’il a envie de raconter et après « La jeune fille et la mort« , le réalisateur est de retour pour clôturer cette fin de siècle avec « La neuvième porte« .

« La neuvième porte » est le seizième film à être signé Roman Polanski. Pour finir le XXe siècle, le réalisateur a décidé de s’attaquer à l’adaptation d’un roman d’Arturo Pérez-Reverte, « Le Club Dumas » qui est paru en 1993.

Avec ce film, c’est en compagnie d’un grand Johnny Depp que le réalisateur français part à la recherche du diable, dans un film envoutant et sombre. Un film qui part son ambiance mystique et presque glauque captive l’attention et peut mettre mal à l’aise. Avec « La neuvième porte« , Roman Polanski conclut donc le XXe siècle en beauté avec un film mystérieux qui n’a pas encore fini de nous livrer tous ses secrets.

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Dean Corso a pour métier de trouver des livres rares afin d’enrichir les collections de milliardaires à travers le monde. Boris Balkan vient d’acquérir un livre d’une rareté sans égale, « La neuvième porte du Royaume des ombres ». De ce livre, il ne reste plus que trois exemplaires dans le monde et Balkan est persuadé qu’un seul est vrai, les deux autres ne seraient alors que de vulgaires copies. Pour en avoir le cœur net, il engage Dean Corso pour comparer les livres et trouver la vérité. Corso relève le défi, mais très vite, cette enquête va être aussi étrange, que parcourue d’embûches.

« La neuvième porte« , c’est une quête mystique qui nous emportera aux portes de l’enfer avec beaucoup de raffinement. Ici, Roman Polanski livre une enquête oppressante qui sort des sentiers battus. Si le scénario dans son fil rouge est très accessible et se suit sans la moindre difficulté, « La neuvième porte » prendra son fond et son mystère dans les divers détails et personnages qu’il met sur la route de Johnny Depp.

L’enquête que mène le personnage joué par Johnny Depp est pleine de suspens et l’on se prend facilement au jeu. Ainsi, c’est à ses côtés qu’on scrute les détails, les objets ou encore les pièces à la recherche de ce qui pourrait apporter la vérité.

« La neuvième porte » questionne l’âme humaine et les croyances. Le scénario détient une fascination pour le diable et c’est avec plaisir que Roman Polanski installe discrètement tout un tas de subtilités et d’ambiguïtés. Des ambiguïtés qui ne vont faire que donner l’envie d’avoir la solution. Le diable existe-t-il vraiment ? A-t-il bel et bien laissé un message dans ces livres pour le rencontrer ? Ou alors peut-être que toute cette enquête n’est qu’un fantasme de fanatique et que les éléments trouvés ne sont que des coïncidences ? Et enfin qui est cette femme mystérieuse, mi-ange, mi-démon qui suit Dean Corso partout ? Pourquoi a-t-elle l’air d’en savoir bien plus qu’elle ne le laisse paraître ? Autant de questions que l’on se pose et qui rendent l’intrigue tout à fait passionnante. Et ce qui sera encore plus génial, c’est que Roman Polanski, dans cette ambiance si unique, nous emporte vers une fin des plus prenantes. Une fin ouverte à toute suggestion, qui finalement laisse le spectateur libre de penser ce qu’il veut et d’imaginer toutes les fins possibles.

« La neuvième porte« , c’est un choc du point de vue de sa réalisation. Alors que faire un film sur le diable aurait pu laisser croire à quelque chose de tape à l’œil, Roman Polanski en montre le moins possible offrant un film très austère. D’ailleurs, le réalisateur tient son film (en plus de son histoire), uniquement sur son ambiance. Une ambiance faite de troubles, de paranoïa, tendue par une BO envoutante et terrifiante à la fois signée Wojciech Kilar.

Ce qui est terrible avec « La neuvième porte » et la façon qu’a Polanski de raconter cette histoire, c’est ce sentiment d’être observé et suivi en permanence. Roman Polanski finit même par nous faire ressentir la présence du Diable à chaque instant, tel un fantôme qui hante son propre film. Évoqué à tout instant, sans jamais le voir, ce choix de mise en scène est grandiose.

Roman Polanski a confié le premier rôle à Johnny Depp, connu à l’époque pour choisir des rôles ambitieux et complexes et on peut dire que ni le réalisateur ni le comédien s’y sont trompés, puisque le rôle de Dean Corso est taillé sur mesure pour Johnny Depp et il fait des merveilles avec. Froid, calculateur, manipulateur, très ambigu, Dean Corso est un personnage passionnant à suivre.

L’ambiguïté et le mystère, c’est aussi ce qui fait la source de la savoureuse et inquiétante Emmanuelle Seigner. Roman Polanski lui a confié le rôle d’un ange démoniaque et il la filme amoureusement. On aura bien du mal à tout savoir de ce personnage et finalement notre avis peut changer à chaque visionnage en ce qui la concerne et c’est ce qui est très bien, car dans un sens (car ça fonctionne aussi pour l’intrigue et son dénouement), « La neuvième porte » peut se redécouvrir à chaque fois qu’on le regarde.

On trouvera aussi à l’affiche de ce film la trop rare Lena Olin, l’excellent Frank Langella qui tient lui aussi un rôle d’une ambiguïté rare. Et enfin, on ne pourra pas passer à côté de l’excellente Barbara Jefford, épatante dans le rôle de la Baronne Kessler.

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« La neuvième porte » se pose donc comme un excellent cru Polanskien, peut-être même l’un de ses meilleurs.

Pour son dernier film du XXème siècle, Roman Polanski nous offre un film ambigu et passionnant. Un film amoureux du diable, qui finit tel le « Rebecca » d’Hitchcock, à l’imposer à l’écran sans jamais qu’on ne le voit et rien que pour cela, et tellement d’autres arguments, ce film mérite qu’on s’y arrête.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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