novembre 30, 2020

Domino

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De : Tony Scott

Avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez, Lucy Liu

Année: 2005

Pays: Etats-Unis, France, Angleterre

Genre: Policier, Action

Résumé :

Jeune mannequin célèbre issu d’une famille en vue, Domino Harvey décide de tout quitter pour devenir chasseuse de primes. Fuyant les défilés et les mondanités, elle se jette dans l’univers de la traque et du danger…

Avis :

Les années 2000, pour Tony Scott, sont une période où le réalisateur va trouver son alter égo va-t-on dire, puisque sur ses six derniers films qui couvrent cette période, il va tourner quatre films avec Denzel Washington.

Quatre films, plus ou moins bons, mais dont certains seront tout de même de petits bijoux. Parmi eux, on pense d’emblée à « Man on fire » qui reste l’un des derniers films de Tony Scott qui vise les sommets. C’est même le dernier film de Tony Scott à devenir culte.

Mais je dis bien l’un des derniers, car entre deux films avec Denzel Washington, Tony Scott a réussi à mettre en images un film qui lui tenait à cœur depuis une bonne dizaine d’années, « Domino« .

Alors que le film est plutôt boudé par les spectateurs et la critique, « Domino » est certainement l’un des meilleurs films que Tony Scott nous ait laissé. Fun, jouissif, clipé à mort et 100 % décomplexé, il est mené tambour battant par trois acteurs géniaux qui s’en donnent à cœur joie. Puis en prime, on trouve une Keira Knightley plus badass que jamais bien loin de ses robes de princesse habituelles et on peut dire que le look cuir et cheveux court lui va à merveille !

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Domino Harvey avait tout pour être heureuse et bien rangée. Fille d’un père acteur et d’une mère mannequin, Domino grandit dans une cadre aisé. Adolescente, elle devient mannequin, mais comme beaucoup de mannequins, Domino s’ennuie à mourir. Alors elle va tout quitter et devenir chasseur de primes.

Avec « Domino« , Tony Scott choisit pour la première fois le biopic, mais c’est un biopic tout à fait particulier dans lequel il se lance. On pourrait même dire que c’est un biopic qui lui ressemble, tant on a l’impression que la vie de Domino Harvey, dans ses grandes lignes, est un film de Tony Scott. Une histoire et une vie décalées, en marge, une vie qui apporte son lot d’action, de cool et de fun. La vie de Domino Harvey, cela faisait une bonne dizaine d’années que le réalisateur voulait en faire un film. Et comment résister à l’envie de raconter la vie de cette femme mannequin qui se lance dans le dangereux mériter de chasseur de prime ?

Une des particularités de la vie de son héroïne, c’est que beaucoup d’éléments qu’elle rapporte sont presque invérifiables et c’est de manière géniale et assumée que Tony Scott va alors jouer avec cette matière, prévenant d’emblée le spectateur que son histoire est vraie ou presque et que la part de vrai et faux ne les regardent absolument pas. Avec cette petite réplique balancée presque d’entrée de jeu, le réalisateur va donc pouvoir faire ce qu’il veut avec la vie de son héroïne et ainsi lui rendre hommage. Domino était présente sur le tournage et a énormément conseillé le réalisateur avant et pendant. Malheureusement, la jeune femme trouvera la mort à trente-cinq ans, sans avoir vu le film.

Avec ce film, Tony Scott nous offre un scénario tripant qui a tendance à partir en vrille de manière hallucinée et hallucinante. Je ne peux nier que le tout apparaît parfois comme confus au départ, notamment à cause d’un montage psychédélique, mais au final, on s’y fait et c’est même ce qui fait un des gros charmes de « Domino« . Une petite chose peut déranger aussi, c’est la pertinence de nous raconter et surtout de s’attarder sur cette mission arnaque dans la vie de Domino. Mais comme on ne sait si elle est vraie ou non, et qu’on prendra un certain plaisir fun à la suivre, à la rigueur, on n’a pas envie d’en savoir plus et l’on prend le délire que le réalisateur nous donne.

Le scénario est donc aussi étrange qu’improbable, jouissif et assumé et il se trouve qu’il est renforcé par la mise en scène hallucinante de Tony Scott. Une mise en scène que beaucoup lui rapprochent d’être trop clipée, mais devant laquelle, on prend un énorme plaisir. Tout est fun, rien n’est pris au sérieux, Tony Scott plonge même les deux pieds en avant dans un certain cliché et il en ressort un film dynamique, un vent de fraîcheur et d’action. Le grain de l’image est particulier, et le film mélange à la perfection cet aspect moderne très clipé et un aspect un peu plus rétro, presque kitsch qui lui va si bien. On remarquera la photographie incroyablement travaillée pour l’occasion. Une photo qui apporte une image et une couleur unique dans le film de Tony Scott. D’ailleurs, dans un sens, ce film est un ovni dans la filmographie de Tony Scott, un peu comme son héroïne pouvait l’être dans la vie. Tony Scott aurait-il fait un film unique, qui ne ressemble à aucun autre, pour une femme unique ? On dirait bien.

Pour pousser le cool encore plus loin, Tony Scott a choisi une BO géniale peuplée de tubes et de bons sons qui feront plaisir aux oreilles, mais aussi aux yeux, puisqu’ils sont toujours bien placés. Ainsi, on pourra entendre des titres de Macy Gray, Xzibit, Groove Armada, Tom Jones, Tom Waits et même des titres écrits, composés et interprétés par Domino Harvey en personne.

Pour incarner Domino Harvey, Tony Scott a fait le choix improbable et culotté de s’arrêter sur Keira Knightley et ce choix est bon ! Loin des costumes traditionnels, l’actrice anglaise est plus badass que jamais et tient le rôle avec beaucoup de crédit. Entièrement relookée pour l’occasion, Keira Knightley est aussi cool que le rôle le veut et assure aussi bien dans les scènes d’action que dans les scènes plus intimes. Dans un sens, « Domino » et ce rôle sont les ovnis de sa carrière.

« Domino« , c’est aussi un rôle terrible pour Mickey Rourke, un rôle délirant et sexy pour Édgar Ramírez et une succession de petits rôles tous tenus par de très bons acteurs, desquels on retiendra un Christopher Walken déchainé en producteur télé, des rôles parodiques dans leurs propres rôles pour Ian Ziering et Brian Austin Green, une tension sexuelle étrange entre Keira Knightley et Lucy Liu qui incarne une flic qui interroge son témoin. Il y a aussi Delroy Lindo dans un rôle cool et ambigu. Puis il y a Mo’Nique qui nous offre un véritable festival à elle seule. Et enfin, c’est toujours avec un immense plaisir qu’on retrouve la très classieuse Jacqueline Bisset.

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« Domino » est donc un film trippant, cool, fun, déjanté, généreux et totalement assumé. Tony Scott nous offre donc un biopic pas comme les autres et dieu que c’est bon. Un style différent, une ambiance unique, des acteurs géniaux, Keira Knightley badass ô possible, une histoire de dingue, un personnage fascinant, des scènes d’action qui changent de ce que l’on a l’habitude de voir… Bref, Tony Scott nous a sorti l’artillerie lourde et s’offre son dernier grand film.

De plus, « Domino » est un film bien plus subtil qu’il ne le laisse paraitre, puisqu’il se dévoile un peu plus à chaque visionnage, laissant apparaître des détails qu’on ne voit pas à la première vision.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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