Alice au Pays des Singes

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Résumé :

L’accident bête : en courant après le Lapin Blanc, Alice a pris une noix de coco sur la tête. Sonnée par le choc, elle tombe dans un trou, et émerge en plein milieu de la jungle ! La pauvre est complètement paumée, et ses ennuis ne sont pas finis : tous les singes qu’elle croise la prennent pour Tarzan… Heureusement, Eddy le mandrill finit par la croire, et la prévient : il faut qu’elle déguerpisse fissa, pour éviter les dents du tigre ! Ce dernier est en effet devenu Seigneur officiel de la jungle depuis le départ de l’Homme-Singe. Mais retourner d’où elle vient ne va pas être de la tarte, puisque l’arbre dont elle a émergé a déjà pris la poudre d’escampette…

Avis :

Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll est une source d’inspiration inépuisable pour un bon nombre d’auteurs et de dessinateurs. Alors qu’il y a quelques temps on vous parlait de Little Alice in Wonderland de Tacito, voici un nouvel Alice qui sort avec deux pointures au scénario et au dessin. Tébo, autodidacte qui fut refusé par pas mal de maisons d’édition avant de taper dans l’œil de Glénat et proposant des sagas bien connus du grand public comme Samson et Néon ou Captain Biceps, signe ici le scénario alors que Nicolas Keramidas, auteur de Luuna et Tykko des Sables et ayant travailler pour Disney, signe le dessin de cette nouvelle série qui est sortie chez Glénat. Mais que recèle ce titre si bizarre ? Encore une énième version de Alice ou alors un nouveau scénario mettant en avant l’héroïne de Lewis Carroll ? L’histoire est-elle bonne ou avons-nous affaire à une resucée de cette histoire si loufoque ? Allons faire un tour au pays des singes.

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Le scénario signé par Tébo est assez drôle et plutôt bien trouvé. On se rappelle tous l’histoire d’Alice, courant après un lapin blanc qui est en retard et tombant dans un terrier qui s’avère être un passage vers le pays des merveilles. Tébo va alors donner un épisode intermédiaire entre son implication réelle dans le pays des merveilles et sa rencontre avec tous les personnages que l’on connait. En coursant le lapin blanc, elle va se prendre une noix de coco sur la caboche. Sonnée, elle va tituber jusqu’à tomber dans un trou qui est un passage vers le pays des singes. Elle émerge par le trou d’un arbre. Elle va rencontrer tout un tas de singes qui la prennent pour Tarzan, car ce dernier s’est fait la malle depuis un petit moment. Heureusement, elle tombe sur Eddy, un mandrill, qui la croit et qui va l’aider à retourner dans son pays, car le tigre a fait main basse sur le pays des singes et compte bien régler son compte à Tarzan, et donc à Alice puisque tout le monde les confond. Aussi loufoque que le roman de Lewis Carroll, Tébo va appuyer son récit d’un côté plus jeune et plus contemporain, notamment sur des dialogues irrésistibles et plus compréhensibles, et des situations complètement folles mais bien loin de l’univers assez dur d’accès du romancier, comme la quadrille des homards ou le non anniversaire du Chapelier Fou et du Lièvre de Mars. Alors si les vieux de la vieille seront forcément déçus voir méprisant envers la liberté prise par le scénariste, il faut se dire que cela est un exercice d’écriture assez drôle, qui insère un épisode dans une histoire déjà établie. Il en ressort des situations cocasses, comme la ressemblance avec Tarzan, le vocabulaire fleuri d’Eddy ou encore les malheurs du tigre, souffre-douleur de l’histoire faisant largement penser à Vil le Coyote. C’est savoureux, fin et peuplé de personnages absurdes, comme cette plante carnivore végétarienne qui s’ennuie ferme.

Au niveau du dessin, on retrouve le trait si caractéristique de Nicolas Keramidas. Néanmoins, ce dernier va faire quelque chose de très différent par rapport à son travail habituel. En effet, il va faire un dessin plus frais, plus enfantin, mais qui colle à merveille à l’ambiance et l’histoire. Ainsi certains dessins sont assez minimalistes, comme Alice qui semble sortir d’un album de jeunesse, mais d’autres planches sont superbes, en témoignent les décors sublimes, comme ce grand champ de fleurs ou le temple en fin d’album. Les singes ont tous des bouilles irrésistibles, comme les petits singes du début ou encore le sage singe (pas facile à dire à voix haute !). Le tigre est lui aussi très drôle et son design le rend d’autant plus drôle et sympathique alors qu’il est censé être méchant. Bref, tout cela sent bon la bonne humeur et la jeunesse et parfois ça fait un bien fou, surtout quand c’est fait intelligemment. On reprochera cependant certains collages approximatifs, notamment sur les premières planches où l’on voit un singe rajouté sur une branche et pas forcément bien positionné.

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Au final, Alice au Pays des Singes est un vrai régal, autant pour les yeux que pour les zygomatiques. Sympathique, frais, dépaysant et surtout très drôle, cet album s’adresse bien entendu à un jeune public mais aussi aux adultes qui ont gardé une âme d’enfant. Du coup, on entend la suite avec impatience qui devrait sortir fin 2013 avec un nouveau monde pour Alice, celui du Pays Imaginaire !

Note : 16/20

Par AqME

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