décembre 5, 2020

The Tiger

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Titre Original : Daeho

De : Park Hoon-Jung

Avec Choi Min-Sik, Jeong Man-Sik, Sang-Ho Kim, Ren Osugi

Année: 2016

Pays: Corée du Sud

Genre: Action, Aventure

Résumé :

Corée, 1925. Man-duk vit sur le Mont Jirisan avec son fils de 16 ans. Il fut un temps où il était le meilleur chasseur du pays, mais depuis la mort de sa femme, ces jours sont derrière lui. Désormais, le gouverneur japonais fait systématiquement abattre tous les tigres de la région, animal symbole de la rébellion coréenne, à tel point qu’il n’en reste plus qu’un dans la montagne, craint et respecté de tous. Un groupe de chasseurs coréens, engagés par les japonais pour chasser ce dernier tigre, demande à Man-duk de se joindre à eux…

Avis :

Park Hoon-jung est un réalisateur et scénariste coréen (c’est à lui que l’on doit le scénario impitoyable de « j’ai rencontré le diable« ) assez discret dans nos contrées, puisque sur les cinq films qu’il a réalisés, seuls deux pour l’instant sont arrivés chez nous sans passer par la case sortie en salles.

Et sur ces deux films, seul son « New World » arrivé chez nous en 2015 a réussi à sortir quelque peu de l’anonymat des directs to DVD.

Pour son nouveau film, Park Hoon-jung nous offre une fresque qui mélange violence, poésie et conte divin, qui mélange drame et action, une grande fresque offrant aussi bien une tension palpable qu’un flot d’émotions qui nous coupe les jambes, nous sert la gorge et nous accroche à notre siège. On ressort de « The Tiger » lessivé, avec l’incroyable bouleversement d’avoir vu un chef d’œuvre, comme rarement. Si Park Hoon-Jung était dans le quasi-anonymat jusqu’ici, avec « The Tiger« , il est sûr que si jamais le film sort en salle l’année prochaine, le réalisateur marquera les esprits durablement !

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Corée dans les années 20, alors que les Japonais envahissent la Corée, Man-duk vit en retrait des villes sur le mont Jirisan avec son fils de seize ans. Man-duk est considéré comme le meilleur chasseur de Corée, mais il ne chasse plus depuis la mort de sa femme. Le gouverneur du Japon est un homme obsédé par le pouvoir et la démonstration, et depuis son arrivée, il s’est lancé dans une grande campagne visant à abattre tous les tigres de Corée. Sur le mont Jirisan vit un tigre immense respecté et craint de tous, appelé le seigneur de la montagne. Ce tigre borgne, animal de légende, a fait l’objet de bien des chasses, mais personne à ce jour n’est arrivé à ne serait-ce que le blesser. Le gouverneur a engagé pour le débusquer des chasseurs qui furent autrefois les élèves de Man-duk. Mais malgré leurs expériences, le Seigneur de la montagne, dernier tigre de Corée, règne toujours en Maître et impose la crainte, et il semblerait que le seul capable de l’abattre soit Man-duk.

Intitulé simplement « The Tiger« , le nouveau film de Park Hoon-jung est donc la grande sensation de l’année ! C’est le genre de film dont on n’attend rien et dont chaque instant va être comme une claque impressionnante qui mit bout à bout fera scintiller le mot chef d’œuvre.

Aussi bien un conte métaphysique qu’un redoutable film d’action qui sera d’une violence sans égale, qu’un drame saisissant et bouleversant comme là encore on n’en voit que trop peu, oscillant entre le blockbuster et le film d’auteur, avec son nouveau film, Park Hoon-jung a tout compris à ce qu’est le cinéma et autant vous prévenir qu’on ne va pas tarir d’éloges.

Spectaculaire, épique, oppressant, stressant, passionnant, impressionnant, bouleversant, poétique, percutant, terriblement violent, bref, les adjectifs manquent pour décrire le film de l’année et l’on ne sait trop par où commencer tant l’ensemble est parfait.

Totalement originale et inattendue (encore des adjectifs), l’intrigue est géniale. « The Tiger » est une plongée riche et imprévisible dans la Corée des années 20. Le scénario est prenant et une fois cette ouverture impressionnante, l’intrigue ne va plus nous lâcher, nous offrant la plus belle et tendue des chasses aux tigres.

« The Tiger« , c’est deux heures vingt d’aventure, d’amour, de drame, de rapports tendus et d’humour aussi. Oui, cet humour si particulier qu’on adore dans le cinéma asiatique. « The Tiger« , c’est deux heures vingt d’une histoire, d’un conte et d’une légende asiatique comme on n’en a jamais vu. Une histoire démesurée, perfide et belle qui fonctionne à 200 %. Le réalisateur nous emporte de la plus belle des manières pour nous raconter son histoire. Très riche, le scénario inclura aussi une bonne étude de l’invasion des Japonais dans le pays et fera par la même occasion une critique absolument géniale de la débilité de l’être humain, capable des plus grandes et stupides perfidies pour arriver à ses fins. Le film sera même aberrant parfois de ce côté-là et les relations entre les personnages feront sourire plus d’une fois, car certains se rendront bien compte de la démesure et de la débilité de la situation.

Le scénario est donc magnifique, mais le film va plus loin encore, car pour nous raconter cette histoire, « The Tiger » est doté d’une des plus belles mises en scène de l’année. Parcouru de scènes virtuoses d’une grande beauté, qui savent nous emporter au plus près de l’action et des émotions de ses personnages, on reste accroché à notre siège pendant tout le film sans pouvoir décrocher un seul moment.

Le film oscille entre des scènes intimes, notamment entre le père et son fils, et des batailles impressionnantes. D’ailleurs, Park Hoon-jung renvoie les meilleurs blockbusters à l’état de petits joueurs, tant ici l’action dégage un putain de caractère, tant le spectacle est percutant et tant « The Tiger » détient des moments rudes, frissonnants, gores et épiques à la fois. Le réalisateur n’hésite pas à ce que son film soit parfois sale. Mais attention, tout ici sert l’intrigue et jamais il ne tombe dans le dégueulasse et le choquant gratuitement.

En fait, dans sa mise en scène, on pourrait simplement lui reprocher le côté numérique de la bête au départ (qu’il va mettre beaucoup de temps avant de nous la montrer afin qu’on en soit d’autant plus impressionné), mais là encore le réalisateur réussit son coup et finit peu à peu par la rendre réelle. On se retrouve totalement bouleversé par elle. On angoisse autant qu’on l’aime et qu’on la craint.

Pour donner encore un peu plus d’émotion ou encore de démesure et de moments épiques, on ne peut pas oublier la bande son percutante signée Yeong-wook Jo (c’est à lui que l’on doit la beauté de la BO d’ »Old boy » par exemple). Le compositeur nous offre des soundtracks démentielles qui soulignent à chaque instant les divers moments et émotions du film. Parfois discrète, parfois présente, cette BO s’avère être presque un personnage à seule.

Enfin, histoire d’avoir tout réussi jusqu’au bout, Park Hoon-jung, pour nous raconter son histoire, s’est entouré de la crème de la crème des acteurs coréens. Tenu par l’immense Choi Min-sik qui trouve là son meilleur rôle depuis « Old Boy« , l’acteur démontre encore une fois son immense talent et l’on va être bouleversé par son personnage autant que l’histoire en elle-même. Le deuxième personnage de ce film, c’est bien entendu ce Seigneur de la montagne, ce tigre majestueux et violent. Park Hoon-jung a su véritablement travailler cet animal pour le rendre crédible, passionnant et surtout touchant.

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Au travers de cette intrigue, on va trouver d’excellents personnages tous intéressants, car tous nuancés et complexes dans leurs décisions. Man-shik Jeong est donc génial en chasseur têtu et prêt à tous pour abattre ce tigre. On trouvera aussi avec bonheur l’excellent Kim Sang-ho qui apparaît comme une bouffée d’air frais dans la noirceur et la tristesse de cette histoire. Puis il y a le japonais Ren Osugi qui apparaît peu, mais qui assure une présence prenante dès qu’il apparaît.

« The Tiger » est donc le film qu’on n’attendait pas et qui s’est transformé en une claque magistrale. LA claque de l’année ! On espère donc que le film trouvera un distributeur par chez nous, car un spectacle d’une telle intensité se doit d’être découvert sur grand écran et nulle part ailleurs. Donc si jamais le film de Park Hoon-jung arrive en salle, il sera à rater sous aucun prétexte !

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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