octobre 18, 2021

Ouija: Les Origines – Petite Fille Mauvaise

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Titre Original : Ouija : Origin of Evil

De: Mike Flanagan

Avec Elizabeth Reaser, Annalise Basso, Lulu Wilson, Henry Thomas

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles montent une nouvelle arnaque pour pimenter leur commerce de séances de spiritisme bidon. Chemin faisant, elles font involontairement entrer chez elles un esprit maléfique bien réel. Lorsque la fille cadette est possédée par la créature impitoyable, la petite famille doit surmonter une terreur dévastatrice pour la sauver et renvoyer l’esprit de l’autre côté…

Avis:

L’univers du film d’horreur est en train de changer petit à petit à cause d’un délaissement de la part des grandes majors qui n’y voient plus d’intérêt. Une déception qui commence pourtant à porter ses fruits, puisque les studios indépendants se sont emparés du créneau et à force d’abnégation, de tests et de films pas forcément réussis, certaines s’en sortent mieux que d’autres et fournissent de temps à autre de petites pépites indés qui vont plaisir. Une liberté créatrice plus importante donc, mais qui doit tout de même rapporter de l’argent et Blumhouse s’en est fait une spécialité. Privilégiant des budgets minimalistes pour des campagnes de pub tonitruantes attirant le chaland dans les salles obscures, la maison de production est devenue une nouvelle pierre angulaire du cinéma horrifique. Et les résultats sont là, affichant les plus grandes recettes du cinéma d’horreur avec des films comme Paranormal Activity ou encore Insidious.

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Sorti l’année dernière, Ouija s’est rapidement taillé une réputation de très mauvais film. Et à juste titre puisque le métrage de Stiles White était une purge immonde où il n’y avait rien à sauver. Mais la surprise vient toujours là où on ne l’attend pas et le film qui a coûté 5 millions de dollars en rapporta plus de 103 millions rien qu’avec les sorties cinés. Du coup, très rapidement, une suite s’est mise en route. Enfin, plus qu’une suite, puisque c’est sous la forme d’un préquelle que Ouija se remet sur le devant de la scène, expliquant alors l’origine des fantômes dans cette pauvre maison. Bonne ou mauvaise idée, le choix du metteur en scène pousse à la première option, puisque c’est Mike Flanagan qui s’empare de la caméra après son discret mais remarqué The Mirror. Fan d’horreur depuis ses débuts avec Absentia, on remarquera que Ouija les Origines bénéficie non seulement d’une mise en scène plus léchée, mais aussi d’une montée en pression plutôt efficace.

Pourtant, il est difficile de ne pas y voir toutes les scories du cinéma de Flanagan, qui reviendront sans cesse dans ses films. Voulant faire un hommage à L’Exorciste de William Friedkin, le jeune réalisateur va s’efforcer dans sa première partie de raconter un drame entre une mère veuve et ses deux filles, vivotant d’arnaques médiumniques. Relations complexes avec sa fille aînée, difficulté pour payer les factures, manque de la présence paternelle, tous les codes du drame sont présents pour notre plus grand bonheur, offrant enfin un peu d’épaisseur à des personnages qui en avait bien besoin. On ne peut que féliciter ce choix même s’il respire un peu trop le copier/coller avec le film de Friedkin, allant jusqu’à plagier une scène, lorsque le prêtre se retrouve devant la maison. Le problème avec toute cette première partie, c’est que même si elle présente bien les protagonistes, elle demeure beaucoup trop longue et parfois assez hasardeuse. On aura du mal à comprendre les choix de mise en scène sur certains moments, comme le ralenti sur le baiser de la fille ainée avec son mec, et finalement, les personnages sont loin d’être sympathiques. En fait, ils sont inconsistants et manquent clairement de charisme pour que l’on s’attache vraiment à eux. Seule Lulu Wilson sort son épingle du jeu, jouant la méchante du film du haut de ses neuf ans, mais là aussi, dès le départ, on ne craint pas pour elle, le personnage prenant visiblement un malin plaisir à faire le mal ou à dire des saloperies.

L’autre point noir du film va venir de son final qui reste assez incohérent avec le reste et qui accumule les erreurs de comportement. En fait, voulant faire un vrai train fantôme et finir en apothéose, le film se perd complètement dans une superposition d’univers, du fait que le spectateur ne sait plus ce qu’il se passe et qui est vivant et qui est mort. Il y a un passage dans le film qui empêche toute compréhension et c’est dommage car cela sort le spectateur de l’ambiance pourtant bien prégnante du film. Les réactions des personnages seront aussi sujettes à discussion, notamment avec le pauvre garçon pendu qui restera là un bout de temps, les occupants de la maison préférant le laisser en l’air plutôt que de le descendre et n’en faisant finalement pas plus cas que ça.

Et c’est sur l’ambiance que le film gagne ses points bonus. En effet, posant son intrigue en 1965, le réalisateur garde un cachet un peu granuleux à l’image et il y a une espèce d’aura qui flotte autour du film, permettant au spectateur de directement plonger dans l’ambiance de ces années-là. Sans jamais tomber dans la surenchère de scare jumps, Mike Flanagan pose son intrigue, installe ses personnages et tente de finir en apothéose avec un déluge de moments horrifiques. Ce qu’il parvient à faire de manière assez limpide, offrant un spectacle plutôt old school dont on n’a plus l’habitude de voir dans les salles obscures. Il évite ainsi tous les écueils du genre et propose une véritable vision d’auteur sur le Ouija et la possession. En plus de cela, il apporte de la profondeur à son histoire, avec un rapport avec le nazisme et le Seconde Guerre Mondiale. Ce qui peut paraître anecdotique mais ne l’est pas du tout, tissant ainsi des liens qui accentue le côté horrifique de la chose et donnant une raison à cette présence maléfique.

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Au final, Ouija les Origines est un film plutôt surprenant, surtout quand on le compare à son aîné qui était un navet abrutissant. Si on retrouve des scories propres au réalisateur comme un drame trop appuyé ou des lenteurs, on ne peut nier que le film est réussi sur bien des plans et qu’il se révèle une petite surprise inattendue. Sans s’en cacher, le réalisateur fait un film hommage à L’Exorciste, allant même jusqu’à copier quelques séquences, profitant ainsi pour pondre un film d’horreur old school avec un fond et une certaine forme, avec des essais plaisants de mise en scène, affutant ainsi un climax intéressant. Bref, sans être un grand film, Ouija les Origines est un métrage d’épouvante correct, qui se perd dans son dernier quart, mais qui réhausse facilement le niveau assez bas de cette année.

Note: 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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