La Petite Boutique des Horreurs

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Titre Original : Little Shop of Horrors

De: Frank Oz

Avec Rick Moranis, Ellen Greene, Vincent Gardenia, Steve Martin

Année : 1987

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Dans le quartier le plus miteux de New York, Skid Row, se trouve une modeste boutique de fleurs. Les affaires vont mal et Mr. Mushnik, la mort dans l’âme, décide de fermer son magasin. C’est alors que Seymour, son employé, met en vitrine une fleur exotique achetée à un fleuriste chinois.

Avis :

Frank Oz est très connu pour être la voix qui se trouve derrière le personnage emblématique et qu’on ne présente plus de Maître Yoda. Mais c’est aussi un très bon réalisateur qui nous a offert de sacrés bons films. Quand on pense au cinéma de Frank Oz, d’emblée on pense à « Joyeuses funérailles » qui est sûrement l’une des comédies les plus déjantées qui est sortie dans les années 2000. On pense aussi à « Dark crystal« , « In & Out » ou bien « Les Muppets à Manhattan » et bien entendu cette « … Petite Boutique des horreurs« .

« La petite boutique des horreurs » est un remake adapté d’une comédie musicale qui est elle-même adaptée d’un film de Roger Corman sorti dans les années 60. Film culte, faisant partie des meilleures comédies musicales abordant l’horreur, ce film de Frank Oz fonctionne encore très bien aujourd’hui.

Film totalement improbable et barré, ce cru 87 de Frank Oz est un pur plaisir jubilatoire de grand n’importe quoi. « La petite boutique des horreurs » est tout à fait le genre de film qui part dans tous les sens, qui s’assume tel qu’il est et qui sent si bon les années 80, qu’on est prêt à le suivre n’importe où !

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New-York, les années 50, Mr. Mushnik tient une boutique de plantes et de fleurs, mais les affaires ne sont plus ce qu’elles étaient. Mr. Mushnik a deux employés, la belle Audrey qui arrive bien souvent en retard à cause de son copain qui lui met dessus et le maladroit Seymour, passionné par les plantes. Un soir, alors que la journée fut encore une fois désertique, Mr. Mushnik décide de fermer boutique définitivement. Sur les conseils d’Audrey, Seymour décide alors de montrer un spécimen de plante étrange qu’il a découvert quelques jours plus tôt. Alors qu’il met la plante en vitrine, contre toute attente, cette dernière attire un nombre incalculable de clients qui relance l’affaire de Mr. Mushnik. Mais si la vie a l’air d’aller pour le mieux, dans l’ombre, une fois la boutique fermée, la plante demande à Seymour une contre-partie qui va s’avérer très lourde de conséquences.

Ce qui est terrible dans ce film, c’est qu’il n’a absolument pas peur du ridicule, allant jusqu’au bout de son délire et l’assumant à chaque instant. C’est entre humour et fantastique que Frank Oz nous entraîne dans une comédie musicale qui ne ressemble à aucune autre.

Authentique, audacieux, désopilant, le scénario que tient entre les mains Frank Oz est totalement surprenant et tient plutôt bien la route, ce qui est une belle réussite face à l’énormité de ce délire. Le réalisateur, avec son histoire de plantes extraterrestres manipulatrices, joue aussi bien dans le domaine du fantastique, de la comédie et du drame, tout en réussissant une comédie musicale qui a son propre style, perchée entre le pop rock, le blues et le gospel. Carrément génial, on se retrouve finalement pris dans cette histoire, et l’on suit ces personnages avec beaucoup d’intérêt, de suspens et d’émotions. Oui, c’est à peine croyable, mais Frank Oz réussit aussi de ce côté-là. Les personnages sont touchants et derrière eux, le réalisateur effleura des thèmes comme la confiance en soi, l’emprise d’une femme battue, ou encore l’amour bien entendu avec deux personnages à tomber.

« La petite boutique des horreurs« , c’est aussi une mise en scène extra qui n’a pas pris une ride. C’est incroyable comment le tout fonctionne encore à merveille.

Les numéros musicaux sont géniaux (ceux chez le dentiste valent leur pesant d’or), puis les chansons entrent directement en tête. On reste hilare devant cette plante extraterrestre qui chante avec un accent black made in Harlem (il n’y a que dans les années 80 qu’on peut voir et entendre ça). Et en même temps, Frank Oz offre des moments plus tendres, qui seront tout autant d’émotions plus touchantes et appréciables.

« La petite boutique des horreurs« , c’est plein de trucages généreusement rétro qui appartiennent à un cinéma qui n’existe pratiquement plus. Des trucages qui sont tous plus surprenants et démesurés les uns que les autres avec notamment cette plante incroyable animée en animatronic. On reste bluffé devant « le réalisme » de cette plante qui est un personnage à part entière. Puis il y a ce final où le réalisateur s’en donne à cœur joie dans l’apocalyptique. On pourrait même dire que dans son genre et son originalité, ce final est épique.

« La petite boutique des horreurs« , c’est un casting aussi étonnant que sensationnel. Ce film, c’est l’occasion de découvrir un Rick Moranis comme on ne l’avait jamais vu et comme on ne le reverra surement jamais. Drôle et touchant, il se révèle aussi un excellent chanteur, assurant dans ses numéros. Puis il tient tête à cette plante avec tant de crédibilité qu’il en est génial.

On retiendra dans ce film l’incroyable voix d’Ellen Greene, stridente à souhait. On retiendra aussi un Steve Martin totalement en roue libre qui nous offre des numéros qu’on peut aisément qualifier de très grand n’importe quoi. Il y a une scène avec Bill Murray qu’on n’est pas prêt d’oublier. Le film se paye aussi pas mal de guest stars, comme John Candy, Jim Belushi et Christopher Guest.

Puis enfin, il y a la voix de Levi Stubbs, ex-chanteur du groupe des Four Tops qui double cette plante avec tant de d’entrain qu’il nous éclate.

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Le pari était aussi surprenant que difficile, mais Frank Oz le relève avec brio offrant un film unique qui ne ressemble à rien d’autre. Décalé, ne se prenant ô grand jamais au sérieux, cette « … Petite boutique des horreurs » est un bijou, une perle, un diamant brut, tout droit sorti d’une époque incroyable. Franchement, un film comme celui-là ne se ferait certainement pas aujourd’hui.

Note : 18/20

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Par Cinéted

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