Lordi – Monstereophonic (Theaterror Vs Demonarchy)

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Avis :

La musique et le cinéma sont très intimement liés. Il faut dire que l’un ne va pas sans l’autre et que bon nombre d’acteurs poussent la chansonnette lorsque des chanteurs montent sur scène. C’est aussi un peu le cas de Mr Lordi, le fondateur du groupe finlandais Lordi. Suivant des études de cinéma et se spécialisant dans la pub et le maquillage, il décide alors de se lancer dans la musique, pensant être plus libre d’expression dans ce domaine. C’est alors en 1992 que nait le groupe, qui devait être un projet solo puisque l’homme joue de tous les instruments. Mais la formation en quintet trouve une stabilité en 1997. Il faudra tout de même près de 5 ans à Lordi pour trouver un label. Cependant, ce n’est pas encore la gloire, puisque le groupe galère un petit peu malgré une petite notoriété dans son pays natal. Il faudra attendre 2006, et chose incroyable pour un groupe de métal, l’Eurovision pour que Lordi explose enfin. En effet, la Finlande décide de prendre ce groupe pour représenter le pays au concours et le choix s’avère payant puisque ce sont eux qui vont remporter le sésame. Il n’en fallait pas plus au groupe pour s’ouvrir les portes du succès.

Avec Monstereophonic, le groupe signe un huitième album qui célèbre un petit peu le dixième anniversaire de la victoire à l’Eurovision. Le groupe s’est-il assagi pour autant ? Bien sûr que non et on pourrait même dire que la formation a gagné en maturité, offrant un album généreux et très réussi malgré quelques pièces un poil faiblardes.

Le skeud débute avec une introduction qui rappelle la deuxième passion du chanteur, les films d’horreur avec une conversation téléphonique où un monstre déclare vouloir buter tout le monde. C’est ensuite que démarre Let’s Slaughter He-Man (I Wanna Be the Beast Man in the Masters of the Universe), l’un des titres les moins puissants de l’album. Si l’ensemble est bien exécuté et que l’on se prend vite au jeu du refrain, il manque réellement une grosse énergie au titre pour convaincre pleinement. En fait, le morceau est bon, mais on ressent un espèce de mid-tempo assez désagréable qui fait que le titre ne s’envole jamais vraiment. On retrouve se même problème avec Down With the Devil, un titre fort sympathique, mais qui ne décolle jamais et se range plutôt du côté du Heavy pépère. Dans le même style, on pourra aussi note None for One, un morceau qui ne marquera pas les esprits car on a la sensation qu’il est fait pour passer à la radio et il est un poil plus commercial que le reste. Alors il n’y a rien de bien méchant là-dedans, mais c’est assez saisissant pour le remarquer, surtout que tout le reste de l’album est excellent.

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Excellent dans le sens où le groupe livre quelque chose de varié et d’assez imposant, macérant ses références pour régurgiter des titres qui ont leur propre identité malgré les similitudes évidentes avec d’autres grands groupes. Par exemple, Hug You Hardcore fait immédiatement penser à Rammstein dans ses riffs et sa rythmique très dense. Certes, Mr Lordi n’a pas la voix de Till Lindemann, mais cela n’empêche que le titre est d’une grande qualité et il n’est pas étonnant que le groupe l’ait choisi comme premier clip. Dans un tout autre style, il est difficile de ne pas comparer Mary is Dead avec du Black Sabbath, autant dans la rythmique que dans l’ambiance et c’est encore une fois très réussi, parvenant à créer un titre Heavy parfait avec ce qu’il faut de clavier et d’ambiance assez sombre. Mais la véritable force de cet album, c’est résolument dans sa seconde moitié, après un break quasiment inutile mais qui marque une réelle fracture au sein du skeud. En effet, après ce passage, les morceaux deviennent plus longs et beaucoup plus complexes. Mais ils sont aussi terriblement accessibles comme le prouve Heaven Sent Hell on Earth et ses riffs imparables, qui montre que Lordi est un grand groupe de métal, n’hésitant pas à envoyer le pâté quand il le faut. Dans cette seconde moitié, les titres dépassent quasiment tous les cinq minutes et offrent des structures plus complexes sans pour autant perdre l’auditeur. On peut aussi évoquer And the Zombies Says, un titre qui fait très Black dans son intro, puis qui bascule dans le Heavy pure souche avec une ambiance apocalyptique particulière.

Au final, Monstereophonic, le huitième effort de Lordi, est une excellente surprise et un album qui fera certainement du bruit cette année. Techniquement irréprochable, varié et puissant tout en restant accessible, le groupe finlandais frappe un grand coup et revient sur le devant de la scène avec beaucoup de hargne et d’envie. Le groupe se fait plaisir et offre pour son dixième anniversaire de sa victoire à l’Eurovision un album plus que recommandable et qui fait partie des meilleures choses que l’on ait pu entendre cette année en métal.

  1. SCG8 One Message Waiting
  2. Let’s Go Slaughter He-Man (I Wanna Be the Beast-Man in the Masters of the Universe)
  3. Hug You Hardcore
  4. Down With the Devil
  5. Mary is Dead
  6. Sick Flick
  7. None for One
  8. SCG VIII Opening Scene
  9. Demonarchy
  10. The Unholy Gathering
  11. Heaven Sent Hell on Earth
  12. And the Zombie Says
  13. Break of Dawn
  14. The Night the Monsters Died

Note: 17/20

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Par AqME

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