Diamant Noir

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De : Arthur Harari

Avec Niels Schneider, August Diehl, Hans-Peter Cloos, Abdel Hafed Benotman

Année: 2016

Pays: France

Genre: Polar

Résumé:

Pier Ulmann vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid, sa seule « famille ». Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l’histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance. Sur l’invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : « Tu vas là-bas pour voir, et pour prendre. » Mais un diamant a beaucoup de facettes…

Avis :

En France, on sait faire autre chose que des comédies populaires ou des drames larmoyants. C’est une certitude quand on voit le nombre de films indépendants qui sortent chaque semaine dans un nombre limité de salles ou encore dans des réseaux dérivés comme la VOD ou encore directement dans les bacs. Il est juste dommage que ces films qui ne contiennent pas d’acteurs bankables ne soient pas plus mis en avant, ne bénéficiant pas d’un budget nécessaire pour exploiter un nombre de copies satisfaisant. Et si l’horreur ou la science-fiction sont les enfants pauvres du cinéma français, le polar n’est pas en reste, car même s’il demeure plus grand public, il est moins vendeur pour la culture de masse qu’une comédie sur les clichés. Et pourtant on trouve de belles choses, comme ce Diamant Noir, qui est le premier film d’Arthur Harari.

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S’inspirant de Hamlet de William Shakespeare dans lequel un homme qui vient de perdre son père intègre sa propre famille pour la détruire, Diamant Noir rentre dans la digne lignée des polars français efficaces. Assez lent dans son rythme, le film prend le temps de présenter Pier, un jeune homme qui vivote sur Paris et qui fait de petits larcins pour survivre. Alors qu’il apprend le décès de son père, il repense à la trahison de son oncle, riche diamantaire à Anvers. Il profite alors de la demande de son cousin pour se venger et blesser cette famille qui a abandonné son père. La démarche insidieuse du héros ne se fait pas rapidement. Lentement, méthodiquement, il va gagner des échelons dans cette famille, jusqu’à la trahir avec un autre diamantaire qui voit en lui l’avenir de la taille de la pierre. Le réalisateur ne se laisse jamais envahir par une frénésie pour faire avancer les choses et on sent une réelle envie de créer une ambiance lourde pour bien montrer le plan machiavélique de Pier. Un plan que l’on ne peut qu’encourager malgré les méfaits, car il y a aussi une réelle vision sociale au sein de ce film.

En effet, Pier se fond dans cette nouvelle société bourgeoise qui n’est pas la sienne et il va découvrir un monde superficiel qui n’est là que pour briller au mépris des autres. Cependant, sans jamais tomber dans cette misère intellectuelle, le personnage principal va réussir à se fondre dans la masse et à prendre tout le monde à revers, malgré quelques faiblesses, notamment l’amitié qui va naître entre lui et certains membres de sa famille ou encore l’amour avec la copine de son cousin. On ressent un réel travail sur la lumière qui reflète parfaitement les émotions de Pier. Plutôt gris et terne à Anvers quand il est dans sa famille, la luminosité redevient claire quand il est sur Paris avec son ami de toujours, le mandataire pour qui il fait de petits larcins. Mais ce n’est pas tout, Niels Schneider, l’acteur principal, est impeccable dans ce rôle, offrant deux images d’un seul homme, jouant sur deux tableaux d’une manière classieuse.

Mais là où le film est assez fort, c’est dans son mise en scène. Si certains pourraient dire qu’elle est terne, on sent toutes les références d’Arthur Harari qui essaye de combiner un cinéma américain avec des aspects qui semblent issus du giallo. Assez lent, insidieux, les mouvements de caméra ou le travail sur le noir, sont autant de preuves que le cinéaste a bossé son sujet et trouve un juste milieu dans la tonalité de son film. Très référencé, le film est prenant par son histoire mais aussi par sa mise en scène sobre et froide, qui reflète parfaitement le milieu du diamant, un milieu obscur en contradiction avec la transparence du diamant. Ce qui frappe aussi est l’introduction du métrage, d’une beauté glauque, s’ouvrant sur un plan gore au ralenti, donnant d’entrée de jeu le ton du film et les idées de mise en scène avec ce zoom avant et cette musique lancinante et envahissante.

Mais tout n’est pas parfait dans Diamant Noir. Si le film reste réjouissant dans ce qu’il présente et dans son fond, il manque aussi plusieurs choses pour que le tableau soit resplendissant. En premier lieu, le rythme et la longueur du film peut en rebuter plus d’un. Le film avoisine les deux heures et concrètement, il ne se passe pas grand-chose, hormis des dialogues et une montée en puissance d’un jeune homme dans le secteur du diamant. Ensuite, malgré tout, le film n’arrive pas à présenter d’autres personnages aussi attachants que celui de Pier. Si les acteurs sont plutôt bons, les personnages sont tous plus ou moins détestables et on ne ressent pas d’empathie pour eux. Enfin, l’aspect documentaire sur les diamants n’est pas vraiment exploité et c’est cela qui crée une rupture de rythme dans le métrage, l’empêchant d’être vraiment efficace.

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Au final, Diamant Noir est un excellent premier film. Polar à la française mais tirant ses références du giallo ou d’autres films noirs américains, le métrage d’Arthur Harari est une réussite sur le plan scénaristique, montrant une ascension d’un jeune homme prêt à tout pour venger la mort de son père. Très shakespearien dans sa trame, il est juste dommage que le film ne soit pas plus efficace dans son rythme pour donner un véritable chef d’œuvre. Mal distribué au cinéma, il est tout de même temps de rattraper son retard avec ce sympathique film.

Note : 15/20

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Par AqME

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