décembre 2, 2020

Escapade Fatale

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Titre Original : Edge of Winter

De : Rob Connelly

Avec Joel Kinnaman, Tom Holland, Percy Hynes-White, Shiloh Fernandez

Année: 2016

Pays: Canada, Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

La retraite d’un père et de son fils dans les bois tourne au cauchemar.

Avis:

Au cinéma; l’image du père est bien souvent bienveillante. On se souvient encore du drame lénifiant de Will Smith avec A la Recherche du Bonheur dans lequel un père courage tente désespérément de trouver un emploi pour sauver la vie sociale de son gosse. Mais finalement, la vision du paternel courageux et aimant ne se fait pas que dans les drames, même si Captain Fantastic est un exemple sublime, puisque le cinéma d’horreur s’empare bien souvent de cette image pour mettre en place un papa qui va sauver ses gosses. La Colline a des Yeux semble être le mètre étalon de ce genre de film. Et bien souvent, on a tendance à placer le beau-père comme une entité démoniaque et possessive. Rares sont les films qui arrivent à déjouer ses clichés et quand on trouve un film de ce style, c’est bien souvent une comédie ringarde ou vulgaire ou avec un changement de cap en cours de route, comme pour l’excellent Papa ou Maman. Avec Escapade Fatale, c’est un peu le contraire qui se passe, et même si l’idée est originale, le film manque clairement de rythme et d’ambiance.

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Ici, on est clairement dans l’objectif de monter un père qui essaye de tout faire pour ses enfants. Sauf que ce papa est très immature et qu’il semble ne pas voir le danger. Ainsi, dès le départ, on peut le voir hésitant, parfois colérique, mais très puéril dans ses réactions, comme lorsqu’il apprend à tirer à la carabine à ses gosses, les forçant à tuer un lapin ou encore quand il laisse le grand conduire la voiture. De suite, on sent que ce père n’a pas de repères, n’a pas la fibre paternelle et on sent qu’un danger peut vite arriver. C’est d’ailleurs là l’un des points les plus positifs du métrage, du moins au début, puisque l’on sent qu’une catastrophe va arriver, mais on ne sait jamais quand et le réalisateur arrive à garder une tension assez palpable, que ce soit dans les faits ou dans les relations. Car même si les deux frères s’entendent plutôt bien, malgré quelques chamailleries, c’est avec le père que les tensions naîtront, le plus jeune semblant une version miniature du paternel et le plus grand étant plus méfiant. Il y a dans ce trio des problèmes de discussion mais où tout le monde met du sien, jusqu’au climax.

A partir du moment où les enfants vont faire une révélation à leur père, ce dernier commence petit à petit à vriller. Doucement, insidieusement, le film va basculer dans le thriller pur jus avec un père méfiant et qui commence à se fissurer complètement. Et c’est là que le film perd tout son intérêt. Tournant en rond autour d’une cabane et d’un bois enneigé, le film montre la descente en enfer d’un père protecteur, non pas pour ses enfants, mais pour lui, pour ne pas se faire rattraper par les services sociaux. Il va alors aller jusqu’au meurtre, jusqu’à la folie pour garder ses gosses près de lui, quitte à leur faire peur et à les enfermer. Là, le film perd en intensité alors même que le scénario s’emballe. Les incohérences scénaristiques commencent à apparaître, avec des actions qui n’ont pas lieu d’être, mais aussi une certaine torture psychologique qui semble déplacée dans un endroit où la survie devrait être l’une des priorités. La fin est le summum du n’importe quoi, révélant un réel manque d’implication dans le scénario avec une voiture en panne qui démarre au quart de tours.

C’est bien dommage que le film s’enlise dans un rythme lent et une histoire qui n’arrive pas à rester tendue, car au niveau de l’ambiance, il y avait de quoi faire. Certains plans enneigés sont superbes et il y aurait pu avoir un certain contraste entre la pureté et le silence de ce lieu et la violence déclenchée par le père, mais finalement, tout cela est mal exploité et le film va à l’essentiel. Ensuite, il est difficile de s’accrocher aux deux marmots, même si le plus jeune des deux est plus attachant, car il est plus proche du père et la chute sera d’autant plus rude. Le jeune acteur est bluffant et la dernière scène sur son visage fait mal au cœur. Tom Holland quant à lui, le futur Spiderman, se contente du minimum syndical et même s’il n’est pas désagréable, il reste le petit fils à sa maman un peu trop cocooné. Mais le pire dans tout ça, c’est Joel Kinnaman, Rick Flagg dans Suicide Squad, qui tire perpétuellement la tronche et qui n’arrive pas à se défaire d’une image de père gaga. Il aurait pu jouer sur la demi-mesure, la nuance, mais au final, il restera antipathique du début à la fin, n’arrivant jamais à trouver le jeu juste pour être convaincant.

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Au final, Escapade Fatale est une virée qui aurait pu mieux se passer, effectivement. Assez lent, redondant dans ses décors et dans ses actions, le film se traine lamentablement dans sa seconde partie pour ne jamais tenir le spectateur en haleine. L’image du père qui part en sucette n’est pas assez exploitée, laissant trop de place à des errances scénaristiques qui rajoute de la longueur à un film qui n’en avait pas besoin. Bref, un film pas totalement raté, mais qui ennuie plus qu’autre chose et c’est bien dommage, car il y avait matière à faire.

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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