décembre 5, 2020

Jenny Lewis – The Voyager

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Avis :

De tout temps, les acteurs américains ont toujours voulu faire carrière dans la musique. Acteur et musicien sont deux termes qui sont souvent associatifs et encore plus quand on jette un coup d’œil dans la base des comédiens qui se sont lancés en parallèle dans la musique. Scarlett Johansson, Hugh Laurie, Johnny Depp ou encore Jamie Foxx, les exemples sont nombreux et dans des styles très différents. Jenny Lewis est un peu à part dans ce mouvement, même si cette dernière commence comme actrice. Avec une carrière assez discrète sur les grands écrans, c’est surtout avec son groupe qu’elle va se faire connaître, Rilo Kiley (n’y voyait aucune référence à Star ars puisque son groupe nait en 1998), puis elle va entamer une carrière solo à la demande d’un éditeur de disques. C’est donc en 2006 que la belle américaine va sortir son premier skeud solo en même temps qu’elle continue dans le cinéma et son groupe. Bourreau de travail, son genre oscille entre la pop acidulé, la folk, le country et même le rock, jouant de la guitare à ses heures perdues. Cependant, et malgré un CV conséquent, la chanteuse n’est que peu connu en France, voire pas du tout et c’est bien dommage, car The Voyager, son dernier effort en date, est relativement sympathique.

Le skeud débute pourtant d’une façon assez détestable. Head Underwater lance l’album et il faut dire que c’est peut-être l’un des titres les moins intéressants de toutes les pistes, la faute à une boite à rythme assez détestable au départ et surtout à un style pas assez personnel. En fait, avec sa rythmique pop et ses paroles acidulées, le morceau ressemble à une tonne de titres américains de pop que l’on entend à tire larigot à la radio ou sur les chaines spécialisées. La seule différence, qui rassure un peu, c’est la présence assez importante de la guitare même si elle se contente de reprendre un même riff inlassablement. Fort heureusement, peu de morceaux sont du même acabit que celui-ci, la chanteuse préférant largement aborder des rythmes plus pop-rock voire carrément country. Parmi les titres les plus faiblards, on peut citer The New You, lénifiant et complètement transparent ou encore Love U Forever qui reste très classique et peu accrocheur malgré une gratte électrique assez surprenante pour ce genre de style. En fait, on a l’impression de faire un retour en arrière dans les années 80 avec une pop acidulée sur fond rock mais pas totalement assumé. Ensuite on peut aussi un peu blâmer la voix de la chanteuse qui ne sort pas vraiment du lot. Certes, elle chante bien, c’est fluide, mais cela reste très conventionnel.

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Mais la chanteuse opte dans son album pour une instrumentalisation qui fait la part belle au rock, version pop certes, mais au rock quand même, et qui n’hésite pas à mettre en avant des grattes électriques du meilleur goût. Et cela commence dès le deuxième titre avec She’s Not Me, un morceau calme, mais qui privilégie un rythme doux avec une jolie pointe de guitare électrique. On aura même droit à un petit solo. Just One of the Guys est un titre qui lorgne plutôt vers la folk avec un rythme plus lent, plus scandé et une voix qui part un peu plus vers le nasillarde, offrant ainsi un titre assez doux mais plutôt plaisant. Late Bloomer, quant à lui, fait plutôt penser à un titre country agréablement rétrograde, dans lequel on se sent reparti dans les années 80. Il s’agit d’un titre accrocheur malgré son classicisme, mais l’ensemble est parfaitement exécuté. On peut aussi citer You Can’t Outrun Em, qui puise ses références dans le rock pur et dur avec une jolie introduction laissant ensuite la place à une douceur insoupçonnée mais qui garde toujours un rythme assez rapide et un guitare/batterie omniprésente. Le refrain est lui-aussi très efficace Enfin, difficile de passer à côté du titre éponyme de l’album qui conclut l’effort. The Voyager est certainement le meilleur titre de l’album. D’une douceur infinie, d’une qualité incroyable, le titre est une pure ballade folk avec guitare sèche et violon qui s’allient dans une osmose sublime et magnifique. D’autant plus que la chanteuse prouve qu’elle peut pousser un peu plus dans les aigus, sans pour autant être criarde et l’ensemble est d’une douceur infinie.

Au final, The Voyager, le troisième et dernier album en date de Jenny Lewis, est une belle réussite même s’il reste entaché de quelques scories pop qui semblent maintenant nécessaires pour vendre un quelconque album qui se range du côté du radiophonique. Il n’en demeure pas moins que l’artiste s’en démarque avec des rythmiques folk et rock qui sont les bienvenues et la dernière piste mérite à elle seule une écoute de l’album.

  1. Head Underwater
  2. She’s Not Me
  3. Just One of the Guys
  4. Slippery Slopes
  5. Late Bloomer
  6. You Can’t Outrun Em
  7. The New You
  8. Aloha & The Three Johns
  9. Love U Forever
  10. The Voyager

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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