octobre 28, 2020

Ice Soldiers

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De : Sturla Gunnarsson

Avec Dominic Purcell, Adam Beach, Michael Ironside, Gabriel Hogan

Année : 2014

Pays : Canada

Genre : Action

Résumé :

Un scientifique découvre les corps de trois Russes génétiquement modifiés congelés et enterrés dans le Nord canadien. Il ne tarde pas à réaliser qu’il a déclenché une menace mortelle pour la société occidentale et doit les arrêter à tout prix.

Avis :

Cela fait un petit bout de temps que l’on n’a pas vu Dominic Purcell dans un bon film. Pourtant, l’homme a tout pour plaire, à savoir un physique avantageux et musculeux, une gueule carrée et surtout une volonté de travail imperturbable. Et c’est peut-être bien là le problème de cet acteur au fort capital sympathie. Jouant dans tout et n’importe quoi depuis Prison Break, l’homme enchaîne les projets aussi bien pour la télé (DC’s Legends of Tomorrow) que pour le cinéma ou encore les téléfilms. Le problème, c’est que tout cela est d’une qualité souvent médiocre, et l’acteur n’arrive pas à se sortir d’une sorte de spirale infernale qui le pousse à tourner encore et toujours dans des navets, à un tel point qu’il devient presque une icône de films de seconde zone. Si les vidéo clubs existaient toujours, Dominic Purcell serait le nouveau Chuck Norris.

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Et il le prouve une fois de plus dans ce film qui sera bien évidemment privé de sortie et qui arrivera chez nous directement dans les bacs en 2014. L’histoire s’inspire directement d’Universal Soldier sauf qu’elle prend racine lors de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. Tout le début du film dans les années 60 où des scientifiques retrouvent des soldats russes sous la glace canadienne. Cependant, ces soldats se retrouvent être de redoutables tueurs génétiquement modifiés et ils font faire un carnage dans la base. Cinquante ans plus tard, un scientifique a eu vent de cette histoire et décide de partir à leur recherche. Sauf qu’il les réveille de nouveau et que ces super soldats vont faire un carnage. L’homme qui les a réveillé n’aura alors plus qu’une obsession, les arrêter à tout prix. Et cet homme, c’est bien évidemment Dominic Purcell. A la lecture du pitch, on se rend bien compte que rien n’est crédible dans cette histoire. Essayant de placer une pointe d’histoire dans son récit, le film se prend un peu trop au sérieux alors qu’il aurait dû directement partir vers un second degré plu qu’appréciable. Ici, il n’y a pas de vannes et certains moments en deviennent gênants, notamment lorsque les trois super soldats montent dans une voiture et mettent du rap à fond en hochant la tête. Il y a vraiment une mauvaise gestion de la tonalité du film, ce qui fait que le spectateur a du mal à se placer dans un contexte précis.

Mais si ce n’était que ça, le film aurait pu être pas mal, et même s’il demeure sympathique  bien des égards, rien ne le sauvera de la chute soudaine de neurones chez le spectateur. Entre des décors limités au strict minimum et des acteurs en manque de thune, on ne peut pas dire que Ice Soldiers passionne. Bien au contraire, on sent quelques pointes d’ennui lorsque les soldats sont retrouvés par un Dominic Purcell en pleine forme. Diatribes inconséquentes, errances scénaristiques et violence gratuite seront au programme du milieu du film qui n’évite pas ce ventre mou qu’ont tous les DTV de basse qualité, n’arrivant jamais à maintenir un suspens régulier ou à mettre en avant des questionnements intéressant, ou tout du moins qui interpellent le spectateur.

Cependant, le film prend de l’intérêt dans sa deuxième moitié, lorsque le héros rencontre un trappeur, qui sera un anti-héros attachant et plutôt drôle. Adam Beach devait certainement avoir de sacrées factures à payer pour jouer là-dedans, mais on sent qu’il s’éclate à balancer des vannes, même lorsqu’il est poursuivi par un super soldat blond peroxydé. Du coup, sa bonne humeur est plutôt communicative et le film se réveille un petit peu lorsque les soldats passent à l’attaque dans un petit bled paumé au fin fond du Canada. Le plus surprenant dans cet objet dont le pitch pourrait sortir tout droit des studios Asylum ou Syfy, c’est que c’est plutôt bien filmé. Avec très peu d’effets numériques, avec de vraies explosions et de vrais hélicoptères en métal, le film gagne en crédibilité et montre qu’on ne se fout pas de sa gueule. Et rien que pour ça, le film mérite d’être un peu réhabilité. Alors certes, ce n’est pas la panacée, certaines actions demeurent assez illisibles, notamment lors des courses-poursuites en moto-neige, mais on sent une réelle honnêteté dans le travail de Sturla Gunnarsson, réalisateur islandais qui n’a pas encore brillé par sa filmographie.

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Au final, on peut dire que Ice Soldiers, c’est con comme pas possible, mais ça reste regardable grâce à un certain respect de la part du cinéaste vis-à-vis du spectateur. Si le pitch ne tient pas la route et s’ancre mal dans un contexte historique, on remarquera que la réalisation demeure plaisante et que le casting s’amuse malgré un Dominic Purcell monolithique. Il ne reste que la fin qui part complètement à vau l’eau et qui tente un twist désespéré pour montrer que le film est bien écrit, mais cela sent plus la comédie vaudevillesque, arrachant un long fou rire involontaire au spectateur. Bref, un film raté, sans surprise, mais qui a le mérite d’être honnête dans ce qu’il propose, et c’est assez rare de nos jours.

Note : 07/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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