décembre 4, 2020

La Comtesse aux Pieds Nus

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Titre Original : The Barefoot Contessa

De : Joseph L. Mankiewicz

Avec Ava Gardner, Humphrey Bogart, Edmond O’Brien, Valentina Cortese

Année : 1954

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

A l’enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient…
Engagé par le producteur Kirk Edwards pour réaliser un film, ils découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid: Maria Vargas. La danseuse devient alors Maria Vargas, une star hollywoodienne adulée. Mais celle-ci se sent terriblement seule et rêve de rencontrer son prince charmant. Elle finit par le trouver sous les traits du conte Vincenzo Torlano-Favrini, un séduisant milliardaire. Ils se marient, mais Vincenzo cache un terrible secret…

Avis :

Immense réalisateur parmi les plus grands, Joseph L. Mankiewicz est un cinéaste à la filmographie étonnante que ce soit dans le nombre de films assez restreint (une vingtaine seulement) comparé à d’autres réalisateurs de l’époque, ou encore dans son éclectisme, puisqu’on peut dire que Joseph L. Mankiewicz a touché à tous les styles, péplum, drame, comédie, comédie musicale, western. Peu de ses films sont passés inaperçus et beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui considérés comme des classiques du cinéma américain.

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Italie, un enterrement pluvieux. Cet enterrement, c’est celui de Maria Vargas, star de trois films et Comtesse de Torlano-Favrini. À cet enterrement sont présent des gens que la Comtesse ne connaissait pas forcément et au milieu de cette réunion, se trouve trois hommes que la Comtesse a bien connus. Trois hommes qui se souviennent d’elle avec amour, nostalgie ou regret. Alors que tous se recueillent devant la pierre tombale, chacun de ces trois hommes se remémorent leur rencontre, leurs instants la dernière fois qu’ils ont vu la Comtesse de Torlano-Favrini.

Ava Gardner et Humphrey Bogart devant la caméra de Joseph L. Mankiewicz, comment résister à l’envie de plonger les deux yeux grands ouverts dans ce film ? « La Comtesse aux pieds nus« , c’est la montée et la fin d’une jeune femme. C’est la vie tragique d’une femme et d’une actrice que finalement, Hollywood et ses promesses ont détruit. Écrit et monté en flashbacks, Joseph L. Mankiewicz nous fait revivre les dernières années de la vie de Maria Vargas. De sa découverte dans un bar à la mode en Espagne aux plateaux de tournage à Hollywood à ses quelques mois de vie en Italie, « La Comtesse aux pieds nus » est un beau film qui aborde la femme, la liberté ou le star system. L’histoire est aussi belle que tragique et le scénario se tient à tout moment.

Ce qui est intéressant dans ce scénario et la mise en scène qu’a choisie Joseph L. Mankiewicz, c’est que ce destin nous est raconté par trois hommes qui ont aimé chacun à leur manière la grande Maria Vargas. Le récit est fluide et fait de jolis allers-retours entre l’enterrement de la Comtesse et sa vie. Joseph L. Mankiewicz installe un joli mystère qui prend son spectateur. De quoi est morte Maria Vargas ? Son suspens, le réalisateur le tient jusqu’au bout de son film, lui offrant un final tragique. « La comtesse aux pieds nus » est aussi un film plus qu’intéressant quand on lit entre les lignes, puisque « La comtesse aux pieds nus » est un film qui aborde et parle du star system. C’est un film qui parle d’Hollywood et de la façon qu’elle peut avoir de briser les gens. Si Hollywood n’était pas venu chercher Maria Vargas, sous prétexte de nouveaux visages, le destin et la fin de vie de cette femme n’auraient pas été les mêmes. Joseph L. Mankiewicz livre donc une belle critique d’Hollywood. Une critique qui démontre bien que le système, plus de soixante ans après, reste encore le même.

« La Comtesse aux pieds nus » est une réussite totale dans sa mise en scène. Ici, Joseph L. Mankiewicz offre un film classieux et envoutant. On est pris par l’ambiance que dégagent les images, on est pris par le montage sans faille de l’histoire, on est pris par la façon dont le réalisateur met en scène ses acteurs, comment il les filme. On est pris par cette BO sublime qui accompagne le film. Le réalisateur nous réserve des scènes majestueuses dont on prend plaisir à se souvenir comme celle du camp des gitans par exemple. Ou encore la façon incroyable que peut avoir Ava Gardner de captiver les regards. Bref, à bien des arguments, la mise en scène est tout simplement superbe.

Puis bien entendu, « La Comtesse aux pieds nus« , c’est Ava Gardner qui est incroyable encore une fois. On ne voit qu’elle dans ce film, un peu comme si tous les autres comédiens qui sont pourtant de grands talents, s’effaçaient volontairement pour laisser place et lumière à la Comtesse aux pieds nus.

Mais voilà, derrière tous les excellents arguments et le beau moment de cinéma on reste quelque peu déçu dans le sens où même si l’intrigue est prenante, même si Joseph L. Mankiewicz tient son mystère, l’histoire n’est pas touchante. Alors que la critique est bonne, belle et pertinente, alors qu’on ne peut rien reprocher aux acteurs ou à la mise en scène, le film m’émeut pas et n’amuse pas. On le avec intérêt, mais il manque d’émotion.

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« La Comtesse aux pieds nus » est donc un beau film, qui reste à découvrir ne serait-ce que pour la façon incroyable que le réalisateur a de mettre en scène Ava Gardner.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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