décembre 2, 2020

Batman Vampire

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Auteurs : Doug Moench et Kelley Jones

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros, Horreur

Résumé :

Il rôde dans les recoins des plus sombres de la ville, cherche à protéger les innocents d’une armée de vampires en quête de festins nocturnes. Y parviendra-t-il avant de lui-même succomber à la soif dévorante de sang humain ? Le Batman est devenu l’un des leurs, rongé par le désir et la culpabilité.

Avis :

Faire la corrélation entre Batman et Dracula, il n’y a qu’un pas à faire. Tous les deux aiment la nuit, représentent une chauve-souris et sont perçus comme une menace par une certaine population. Mais attention, si l’un est réellement une créature démoniaque se nourrissant sur sang de ses victimes, l’autre est un super-héros qui défend la veuve et l’orphelin contre tous les bandits de Gotham. Du coup, et malgré l’aspect gothique de Gotham, les deux personnages n’évoluaient pas dans le même univers pour fournir une histoire dense ou intéressante, explorant les mythes de chacun. Mais c’était sans compter sur les facultés d’adaptation de certains scénaristes qui n’hésitent pas à mélanger tout et n’importe quoi, offrant parfois des séries devenues cultes ou avec une démarche très loin d’être commerciale. Et c’est tout à fait le cas ici avec ce Batman Vampire, issu de l’imagination fertile des années 90, qui prouve que le roi des vampires peut affronter le roi de Gotham dans une histoire qui revisite complètement tous les classiques du film d’horreur.

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Divisé en trois parties qui se succèdent temporellement, Batman Vampire prouve qu’il est tout à fait possible de mélanger l’horreur avec le monde de super-héros. Bien évidemment, Batman était le personnage prédisposé, puisque c’est celui qui possède l’univers le plus sombre et le plus glauque, notamment dans un bestiaire de vilains très développé. Ainsi, le début n’a rien à voir avec ce que l’on a l’habitude de voir avec le Dark Knight. Ici, on n’aura pas de super-vilains, si ce n’est Dracula en personne. Se nourrissant de sans abri, le vampire va alors créer une armée pour contrôler tout Gotham. Afin d’aider Batman, une vampire qui répond au doux nom de Talya, va chaque nuit le mordre afin de lui donner de la ressource. Il va alors affronter le monstre pour sauver sa ville. Il s’agit d’une entame assez plaisante qui mélange de façon convaincante deux univers qui n’était pas forcément fait pour s’entendre. Sauf que les auteurs ont rajouté une bonne dose de gothisme là-dedans et lorsque Batman se découvre des ailes dans le dos, l’histoire prend une autre dimension. Le plus intéressant, c’est que les deux univers sont respectés, avec un Dracula assez classique, contrôlant par la pensée ses sbires et un Batman toujours aussi taciturne et volontaire. Ce n’est qu’à la fin de cet épisode que le super-héros va devenir un vrai vampire, se faisant mordre par Dracula.

Le deuxième segment est clairement axé sur la psychologie de Batman, devant faire face à sa nouvelle condition de vampire et refusant tout simplement de se nourrir. D’un autre côté, le Joker prend en main un dernier nid de vampires pour dominer Gotham. Moins nerveux que le premier segment, moins gothique dans son ambiance aussi, on retrouve là tous les éléments d’un Batman à l’ancienne. Sauf que ce dernier est tiraillé par son besoin naturel de se nourrir, un besoin qu’il refuse mais qui se fait de plus en plus prégnant et entêtant. Le dessin devient lui aussi plus sombre, accentuant alors l’état d’esprit d’un super-héros à la dérive et qui ne peut rien faire pour combattre son nouvel instinct. Il en ressort alors une histoire forte, sombre, presque désespérée et la fin est clairement inattendue.

Enfin, le troisième segment est l’explosion de violence. Batman ayant disparu des radars, les plus grands méchants s’en donnent à cœur, semant la terreur dans tout Gotham. Désespérés, Gordon et Alfred libèrent Batman pour qu’il puisse leur venir en aide. Sauf que la soif inextinguible du Dark Knight devient trop envahissante et il va tuer tour à tour tous les super-vilains que l’on connait. Très gore dans son traitement, montrant un Batman monstrueux, difforme et complètement assoiffé, cette histoire est comme une libération de violence et de meurtres sanglants. Les amateurs de tripaille seront aux anges car Batman est un violent et défonce tout le monde, n’hésitant pas à mettre des têtes sur des piques ou à balancer des têtes dans le bureau du chef d’Arkham. Cette histoire est intéressante car malgré son aspect bestial, Batman est assez lucide mais ne peut rien pour le surpasser. Nous sommes face alors à un cruel dilemme de la part de ses amis mais aussi de ses ennemis qui ne demandent pas à être liquidé, et qui commencent à avoir une peur bleue de l’homme chauve-souris. La fin est dantesque, n’hésitant pas une seule seconde à supprimer tous les éléments gênants, même les plus importants, pour surprendre un lecteur qui n’en demandait pas tant.

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Au final, Batman Vampire est un réel plaisir de lecture, aussi bien par sa narration, son histoire que ses graphismes. On notera tout de même un changement entre les deux premières et la troisième histoire qui sera plus contemporaine dans les traits et la colorisation. Le plus fort dans ce one shot réédité par Urban Comics, c’est que ce n’est pas seulement Batman et le vampire qui sont revisités, mais aussi tous les monstres du panthéon littéraire et cinématographique, montrant un Pingouin ressemblant au bossu, un Sphinx qui ressemble à la créature de Frankenstein, ou encore un Killer Croc plus proche de King Kong que d’un reptile. Bref, une lecture hommage à une littérature gothique qui manque beaucoup aujourd’hui, et qui s’accorde parfaitement à des choses plus contemporaines comme le super-héros.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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