La Vengeance de l’Homme Invisible

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Titre Original : The Invisible Man’s Revenge

De : Ford Beebe

Avec Jon Hall, John Carradine, Lester Matthews, Alan Curtis

Année: 1944

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Laissé pour mort dans la jungle, Robert Griffin revient à Londres pour rendre visite à Jasper Herrick, l’homme qui lui doit l’argent de l’expédition qui a failli lui coûter la vie. Mais Jasper refuse de lui donner l’argent qu’il dit avoir dépensé dans de mauvais investissements. De colère, Robert s’en va et trouve par hasard le Dr Drury, le rendant invisible suite à une expérience scientifique. Ivre de rage et de vengeance, Robert va alors tout faire pour faire chanter Jasper.

Avis :

L’invisibilité est un fantasme scientifique qui a alimenté les scénarios des films fantastiques des années 40. Car si le premier film sort en 1933 et s’inspire librement du roman d’H.G. Wells, dès 1940, des suites vont commencer à apparaître, mais dans des registres différents, allant aussi bien vers la comédie (La Femme Invisible) que le film d’espionnage (L’Agent Invisible contre la Gestapo) ou encore le film policier (Le Retour de l’Homme Invisible). Cependant, il manquait clairement quelque chose à cette franchise pour compléter un tableau rafraîchissant et franchement plaisant, un retour au fantastique machiavélique. Car l’invisibilité peut alimenter les fantasmes, mais ils demeurent difficiles à mettre en place sans se faire prendre à partie comme lors de vol ou encore de déclenchement de bagarre. Mais qu’en est-il lorsqu’un homme mauvais devient invisible et en profite pour faire chanter un autre ? C’est ce que va explorer La Vengeance de l’Homme Invisible, retournant ainsi dans un domaine un peu plus confortable, le fantastique qui frôle de près l’horreur.

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Le film commence d’emblée avec un homme étrange qui sort d’un colis arrivé par bateau à Londres. Il va alors voir une riche famille qu’il connait visiblement et il va vouloir les faire chanter car il estime qu’ils l’ont laissé pour mort dans une forêt, alors qu’il avait trouvé une mine de diamants. Un démarrage assez déconcertant car le spectateur ne sait absolument rien de ce passif, le film n’étant pas une suite directe de l’épisode précédent, qui prenait place lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il n’empêche que le scénario s’avère assez habile, car très rapidement, on se rend compte que cet homme est mauvais, presque fou et qu’une rumeur de meurtre le poursuit. Sans jamais tomber dans l’indice grossier, le film fait la part belle aux petits indices laissés çà et là pour que le spectateur se fasse son propre avis sur cet individu. Un homme qui demeure instable, certes, mais qui va se prendre d’affection pour un vieillard au bord de l’exclusion qui va l’accueillir chez lui. Encore une fois, dans cette nouvelle suite, le plus important provient des différents personnages que l’on va rencontrer et de leurs interactions avec les autres.

Ainsi, si le personnage principal est méchant, ce ne sera pas forcément le cas des autres, de prime abord. Car en effet, le film joue constamment sur une ambiguité concernant tous les protagonistes peuplant le film. Ainsi, le Jasper et sa femme seront tout de même des gens détestables ne reconnaissant pas leur faute et créant en partie le monstre que va devenir le chanteur, le Dr Drury, passionné par l’invisibilité va contribuer à créer un monstre de violence sans jamais le retarder ou le regretter et enfin, le vieillard deviendra à son tour un maître chanteur, montrant que tout le monde, même le plus sage de tous, cache une part d’ombre. En ce sens, le film est très noir et montre bien les différences sociales, qui sont toujours d’actualité aujourd’hui, sans pour autant s’appuyer dessus pour ne pas prendre le pas sur le fantastique. D’ailleurs, le film réessaye de tomber dans l’horreur au détour de quelques passages inquiétants, comme lorsque l’homme invisible ne fait que faire apparaître son visage avec de l’eau ou de la farine.

Les effets spéciaux sont d’ailleurs, encore une fois, de très bonne qualité. L’invisibilité marche parfaitement et tous les subterfuges demeurent plaisants, donnant ainsi un certain cachet au film de Ford Beebe. On appréciera surtout les moments où l’homme invisible se recouvre le visage de farine ou d’eau, montrant une belle évolution technique et surtout, faisant apparaître l’homme invisible comme un spectre indicible. C’est bien foutu, mais ce n’est pas gratuit, renforçant ainsi l’omniscience du malfrat. Un malfrat qui sera d’autant plus dangereux lorsqu’il trouvera la solution pour redevenir invisible, essayant de laisser derrière lui un sillon de cadavre, car il lui faut le sang d’un homme pour redevenir visible durant quelques jours. Avec cela, on retombe presque sur un schéma horrifique gothique, qui, là aussi, ne prend jamais le pas sur la thématique principale du métrage.

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Au final, La Vengeance de l’Homme Invisible est encore une fois une jolie petite réussite. Prenant un nouveau tournant dans la franchise, qui aura certainement vu tous les genres, le film se repose cette fois-ci sur une machination machiavélique et un homme invisible mauvais dès le départ, renforçant son aspect malsain et montrant les dérives d’une science que l’on ne maîtrise pas. Bref, un film intéressant, parfois drôle (ce qui enlève un petit peu de tension et c’est dommage) mais souvent tendu grâce à la prestation sans faille de Jon Hall, exécrable et sans pitié.

Note : 14/20

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Par AqME

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