novembre 30, 2020

Batman Arkham City

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Résumé :

Après sa tentative d’insurrection, Batman vient d’enfermer le Joker à Arkham ! Mais le nouveau maire de Gotham rend désormais hors-la-loi tous les personnages costumés, héros ou vilains ! Mais la création d’Arkham City va inciter le Chevalier Noir à redoubler de vigilance…

Avis :

Quand une licence juteuse comme Batman sort au cinéma et en jeu vidéo, c’est toujours tentant, et on voit forcément une multitude de produits dérivés sortir. Entre la trilogie de Nolan, et l’énorme réputation qu’elle se traîne, il était logique qu’un bon nombre de cinéphiles se jettent sur les comics narrant les exploits de l’homme chauve-souris. Mais quand, en plus, deux jeux vidéo très sombres relancent aussi l’exploitation du héros de Bob Kane de manière magistrale, il était logique de voir sortir tout un tas de comics venue des States. Fort heureusement pour nous, on possède un éditeur de talent qui fait un boulot monstrueux sur la série des Batman. Urban Comics fait vraiment un très bon boulot et nous gâtent avec des sorties régulières et de qualité. Après un Batman Année Un formidable, voici une édition fort sympathique, puisqu’il s’agit de Batman Arkham City avec le jeu vidéo qui va avec. Jouant sur les deux tableaux et supports, on peut bien se demander ce que réserve ce livre, surtout quand on sait que le jeu a fait l’unanimité. Alors qu’est-ce qui se cache derrière ces pages ? Mettez votre cape, on va faire un tour dans Gotham !

Le scénario de ce comics se situe de suite après la fin du jeu vidéo Batman Arkham Asylum. Je passerai sur la qualité extraordinaire de ce soft, pour bien évidemment me pencher sur le livre. Tout cela débute par la fin du jeu où l’on fracasse le Joker à grands coups de mandales dans la tronche avec du gel explosif. Le Joker est donc transféré dans l’asile où il retrouve quelques petits copains à lui. Et c’est donc maintenant que commence le vrai scénario original. En gros, Quincy Sharp, le maire de Gotham, devant le fiasco de l’asile, va construire un mur d’enceinte autour d’un quartier de la ville et mettra à l’intérieur tous les psychopathes, voyous et autres tarés de Gotham à l’intérieur. Sorte de ville sauvage sans foi ni loi, Bruce Wayne, alias Batman s’en inquiète et ressent la présence de quelqu’un de plus machiavélique derrière ce plan. Et en effet, on découvrira très vite que le maire est manipulé par un certain Hugo Strange, docteur et psychanalyste de renom qui possède un passé plus que sulfureux au sein de l’asile d’Arkham. Sauf que le dessein de ce docteur chauve et à la barbe collier n’est pas de faire une grande cité scellée pour empêcher les malfrats de sortir, mais plutôt de faire venir Batman pour le détruire une bonne fois pour toute. S’il n’y a rien de bien original là-dedans, on pourra tout de même voir les différentes inspirations du scénariste Paul Dini, notamment avec New-York 1997 de John Carpenter. Cela étant dit, cette histoire va permettre d’exploiter plusieurs thèmes comme la violence à l’état brut, la folie et comment une société de tarés peut se construire. Bien entendu, ce scénario est le prétexte pour remontrer une pléthore de personnages et de méchants charismatiques, comme le Joker et Harley Quinn, ou encore le Pingouin, ou bien Double-Face et l’Homme Mystère. Le seul problème, c’est que le livre soit sorti après le jeu vidéo et de ce fait, on connait rapidement l’identité du grand méchant, ce qui peut causer du tort. Mais mettre en avant un méchant assez méconnu du grand public est un risque qui peut s’avérer payant, car Hugo Strange est un personnage détestable, mais avec un background très intéressant. Le plus frustrant étant la fin puisqu’il faut jouer au jeu vidéo pour avoir la suite et fin de l’histoire.

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Au niveau du dessin, c’est vraiment très beau et très coloré. On retrouve rapidement les traits qui font le succès du comics, à savoir des personnages réalistes et surtout de l’action à n’en plus finir, où explosions, bastons et autres gunfights se succèdent pages après pages. Carlos D’Anda possède un très joli coup de crayon et il se fait plaisir sur la fin avec des planches immenses de toute beauté, montrant les grands méchants les uns après les autres. On pourra tout de même avoir un petit regret concernant des couleurs peut-être un poil trop chatoyantes et qui ne rendent pas honneur à l’ambiance noire et malsaine du scénario. Autre petit point négatif, la narration reste très classique, malgré les passages où l’ lit les pensées du Joker ou de Edward Nigma. J’ai préféré par exemple le ton plus nihiliste de Batman Année Un, dépeignant un Gotham rongé par le mal, même dans la lumière. Par contre, le petit bonus, avec les histoires courtes proposées par différents dessinateurs, est bien sympathique et montre bien la grande palette de dessinateurs américains et leur différent style.

Au final, Batman Arkham City est un bon divertissement et un moment de lecture agréable. Les seules ombres au tableau sont des couleurs un peu trop claires par rapport à l’ambiance, une narration classique avec un Joker pas si drôle et terrifiant que ça, mais aussi une fin trop abrupte qui demande à jouer au jeu vidéo, et pour ceux qui n’ont pas pris la version avec le jeu, c’est assez dégueulasse tout de même. Bref, un comics sympathique, mais pas inoubliable non plus.

Note : 14/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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