décembre 2, 2020

La Danseuse – Touchée par la Grâce

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De : Stéphanie Di Giusto

Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp

Année : 2016

Pays : France

Genre : Biopic

Résumé :

Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

Avis :

« La Danseuse » est le premier film de Stéphanie Di Giusto, une réalisatrice française qui offre un œil intéressant et dont il va falloir surveiller le nom. Si on ne lui connaît pas de court-métrage avant de passer à l’expérience du long, Stéphanie Di Giusto n’est pas une débutante dans le domaine de la réalisation, puisqu’elle a fait ses armes dans le domaine du clip vidéo. Elle a notamment travaillé avec des artistes comme Brigitte Fontaine, Camille, ou encore Rose et le groupe anglais NYPC.

Avec un passage remarqué au dernier Festival de Cannes, « La Danseuse » a finalement trouvé le chemin de nos salles pour fin septembre. Pour son premier film, Stéphanie Di Giusto a choisi un sujet assez atypique, puisqu’elle va retracer une partie de la ville de Loïe Fuller, danseuse et chorégraphe vedette du début du XXe siècle. Une artiste complète à la personnalité complexe et passionnante. Une artiste que l’histoire a quelque peu oubliée et que la réalisatrice propose de remettre en lumière dans un très beau film.

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Loïe Fuller est une jeune femme de vingt-cinq ans qui ne connaît que le grand ouest américain. Après l’assassinat de son père, elle trouve refuge auprès de sa mère qui habite une institution religieuse. Pour vivre, elle trouve un travail dans un petit théâtre. Et c’est dans ce théâtre qu’elle va trouver sa vocation. Une vocation et une passion qui vont la pousser à quitter l’Amérique pour revenir vers ses origines françaises. Et c’est à Paris que Loïe Fuller, à force de travail, va devenir une vedette passant des folies bergères au célèbre opéra de Paris.

Le cinéma français se porte décidément très bien, après les très bons « Frantz » de François Ozon, « Un petit boulot » de Pascal Chaumeil et le futur « La fille de Brest » d’Emmanuelle Bercot, voici qu’arrive « La Danseuse » de Stéphanie Di Giusto qui s’avère être une belle surprise aussi étonnante qu’intéressante.

C’est entre la beauté et la cruauté que Stéphanie Di Giusto pose sa caméra pour un très beau premier film. La beauté de par sa forme et la fascination dans la recherche du mouvement du corps, de la création et l’effort, sur lesquels la réalisatrice s’arrête et la cruauté de par le regret, la jalousie, l’opportunisme ou encore la cruauté du destin. Stéphanie Di Giusto se lance donc dans un film ambitieux et complexe, et même s’il a ses défauts, notamment dans les raccourcis qu’il fait ou encore certains moments qui arrivent trop précipitamment, « La Danseuse » reste un très bon et très beau premier film qui met en lumière une artiste fascinante. Une artiste qu’on prend plaisir à découvrir dans toute sa complexité.

Loïe Fuller est une jeune femme ambiguë, déterminée, fragile et tourmentée à la fois et la réalisatrice nous présente très bien le parcours de cette femme. Sur un scénario écrit par Stéphanie Di Giusto elle-même, on va alors voyager du grand ouest américain au New-York parfaitement reconstitué des années 20, pour aller vers le Paris de la belle époque. Des théâtres aux jardins d’une grande propriété, de l’entraînement individuel intense, presque inhumain que la jeune femme s’impose, aux répétitions en groupe pleines d’énergie et de créativité, de ses relations entières que ce soit dans l’amitié ou l’amour à cette relation ambiguë et destructrice, partagée entre fascination et bouleversement artistique, Stéphanie Di Giusto n’oublie rien et offre une destinée et une personne des plus fascinantes. « La Danseuse » est un véritable plaisir à suivre et passe bien trop vite.

« La Danseuse » est aussi un film fascinant et totalement surprenant à regarder dans sa mise en scène. « La Danseuse » est un film qui commence comme un western et qui va dériver de style en style avec une aisance et une facilité presque indécente. Aussi, Stéphanie Di Giusto oscillera entre le film de danse avec de vraies fulgurances visuelles développant une créativité captivante, le film romantique quelque peu étrange et tendu et le drame humain, triste et beau en même temps. On remarquera que ce film jouit d’une photographie incroyable et quand on regarde qui se trouve derrière, ce n’est pas étonnant, puisque la réalisatrice a fait appel au belge Benoît Debie à qui l’on doit les images d’ »Irréversible« , « Enter the void » et « Love » de Gaspard Noé, « Innocence » de Lucile Hadzihalilovic, « Enfermés dehors » d’Albert Dupontel, « Spring Breakers » d’Harmony Korine ou encore « Lost River » de Ryan Gosling… Bref, un très beau nom qui offre encore une fois un travail remarquable, pour ne pas dire éblouissant.

Autre fait très étonnant, c’est l’ambiance musicale choisie, puisque Stéphanie Di Giusto a choisi d’habiller son film avec l’une des plus belles BO du moment. Alors qu’elle aurait pu faire appel à un compositeur, elle a décidé d’habiller son film des notes que Nick Cave et Warren Ellis avaient créé pour le formidable « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik. Un choix étonnant et qui s’avère payant, puisqu’il renforce le caractère de ce métrage et rend le film deux fois plus captivant.

« La Danseuse« , c’est un casting tout aussi étonnant que le film lui-même. Porté par une Soko incroyable, impliquée, convaincante, passionnante et très touchante, on trouvera aussi un Gaspard Ulliel étonnant, même s’il est le personnage le moins travaillé du film et le scénario détient des faiblesses principalement autour de son personnage. On trouvera une Mélanie Thierry bluffante dans un second rôle captivant. On trouve une Lily-Rose Depp pleine de grâce et d’ambiguïté. Denis Menochet, Amanda Plummer, François Damiens et Louis-Do de Lencquesaing viennent aussi compléter le casting.

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Captivant et passionnant, pour un premier film et malgré les faiblesses d’un scénario pas toujours égal dans le traitement de ses personnages, « La Danseuse » s’avère être une très belle réussite qui laisse entrevoir une réalisatrice plus qu’intéressante.

Note : 16,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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