octobre 27, 2020

Grand Central

14409097_1423038444376227_1130222089_n

De : Rebecca Zlotowski

Avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet

Année : 2013

Pays : France

Genre : Romance, Drame

Résumé :

De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace.

Avis :

Rebecca Zlotowski est une scénariste et réalisatrice française qui est passée à la réalisation en 2010 avec « Belle épine« , un film tenu par Léa Seydoux et Anais Demoustier. Si le film est moyennement accueilli, cela n’empêchera pas sa réalisatrice de réaliser son deuxième film « Grand Central« . Depuis ce « Grand Central« , la réalisatrice s’est offert un très beau casting pour son troisième film, puisqu’elle vient de faire tourner Natalie Portman en français pour le très attendu « Planétarium« .

Ce qui est bien avec Rebecca Zlotowski, c’est qu’elle n’hésite pas à se mettre en danger, passant d’un sujet ou d’un style comme bon lui semble. Après un premier film qui abordait des questions comme la solitude de l’adolescence, la réalisatrice se lance dans le défi de parler du nucléaire. Avec « Grand Central« , elle offre une plongée dans l’enfer d’une centrale nucléaire. Un film qui décrit bien les conditions de travail et le quotidien de gens simples, « d’ouvriers » qui effectuent un travail très loin du regard des autres. Mais tout ne sera pas incroyable dans le film de la réalisatrice, qui sera quelque peu entaché par une histoire d’amour assez cliché, qui manque d’émotion et finalement crée des longueurs.

14374728_1423038534376218_2092788097_o

Gary est un débrouillard qui va de petit boulot en petit boulot. Le jeune homme vient d’être engagé dans une centrale nucléaire. Après avoir effectué la formation obligatoire, Gary pénètre dans un lieu confiné qui a des règles strictes. Alors que son « apprentissage » se passe pour le mieux, Gary tombe peu à peu amoureux de Carole, la future femme de l’un de ses collègues.

Pour son deuxième film, on peut dire que Rebecca Zlotowski a choisi un sujet pour le moins courageux et presque tabou, le nucléaire et le quotidien de ceux qui y travaillent. Si le sujet est courageux et impeccablement traité, avec détails et réalisme, le film de Rebecca Zlotowski ne sera malheureusement qu’une petite réussite. En fait, « Grand Central » est un film qui oscille entre deux sujets, deux histoires et si l’une est merveilleuse, l’autre aura moins intéressante, dans le sens où même si elle reste jolie, elle sera tout de même très classique et alourdira quelque peu le film, un peu comme si elle avait été placée ici pour étoffer les personnages.

Commençons là où le film de Rebecca Zlotowski est totalement génial, c’est-à-dire dans son sujet principal, le nucléaire. Avec « Grand Central« , elle a décidé de mettre en images le travail, le quotidien, les risques et les procédures d’une centrale nucléaire. C’est avec le personnage de Gary qu’on entre dans cette centrale, et c’est à ses côtés qu’on découvre tout comme lui ce monde particulier. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Rebecca Zlotowski livre ici un film qui respire le détail. Chaque élément est important, et son film s’avère très instructif. De plus, la réalisatrice arrive à livrer un film qui qui a du suspens, car à chaque fois qu’on s’enferme dans les couloirs, les vestiaires ou encore les pièces et autre endroit au plus près du réacteur, il y a comme une sorte de tension qui naît, un peu comme si le film pouvait devenir imprévisible. Non pas qu’on soit mal à l’aise, mais la réalisatrice développe subtilement à ces moments-là à notre attention. « Grand Central » n’interroge pas et ne fait ni la promotion du nucléaire ou la contre promotion. Avec ce film, la réalisatrice allume un projecteur sur ces gens-là et filme leur quotidien sans parti pris. Il en ressort alors un excellent film sur le travail, la confiance du boulot. Et si on agrandit un peu plus l’angle de vue, « Grand Central » apparaît comme un excellent film sur un univers très particulier, même unique, que peu de monde aura « le privilège » de découvrir et rien que pour ça, le film de Rebecca Zlotowski mérite d’être vu.

L’autre belle réussite du film, c’est ce casting très bien choisi. Entre un Tahar Rahim excellent et touchant en jeune ayant besoin de travailler, un Olivier Gourmet impeccable en vieux de la vieille qui connaît ce métier et cette centrale par cœur, un Denis Menochet charismatique et imposant ou encore une Léa Seydoux intrigante qui tient bien son rôle, ce casting est un vrai plaisir à suivre, particulièrement quand il est au travail.

Mais comme dit plus haut, « Grand Central » est quelque peu abîmé par l’histoire que nous raconte la réalisatrice. Non pas que le triangle amoureux qu’il y a entre Seydoux, Rahim et Menochet soit mauvais, mais le tout sonne ultra basique, déjà vu et surtout par rapport à tout ce monde sur le nucléaire, on se demande bien pourquoi le film, qui est déjà très riche ici, insiste tant sur cette histoire, qui finalement est très banale et manque d’émotion pour convaincre. Et ça malgré le fait que Tahar Rahim et Léa Seydoux fassent un joli couple de cinéma. L’univers du nucléaire est si riche et si tendu qu’on aurait préféré que la réalisatrice délaisse quelque peu cette histoire, ou du moins ne la complique pas tant, pour s’intéresser et développer encore plus cet univers fascinant.

14408267_1423038614376210_67609244_o

« Grand Central » est donc un film très intéressant et très riche qui met en scène un endroit, un monde même, que l’on connaît très mal voire pas du tout. Si le film aura des longueurs et des éléments superflus, il restera toutefois intriguant et séduisant dans son ensemble et finalement, une fois le générique défilant, on est assez conquis par ce que la réalisatrice nous a montré. « Grand Central » est donc un film qui vaut son coup d’œil.

Note : 13,5/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.