octobre 24, 2020

Au Revoir les Enfants

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De : Louis Malle

Avec Gaspard Manesse, Raphaël Fetjö, Francine Racette, Stanislas Carré de Malberg

Année : 1987

Pays : France, Allemagne, Italie

Genre : Guerre, Drame

Résumé :

1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant ce lien ne pourra jamais s’épanouir. La Gestapo débarque un jour au collège et arrête le Père Jean et les trois enfants juifs qu’il avait cachés parmi ses petits catholiques.

Avis :

Louis Malle fut l’un de nos plus grands réalisateurs. Oscillant entre la fiction et le documentaire, la carrière de Louis Malle regorge de pépites et autre chefs d’œuvre qui n’attendent que d’être découverts. Alors qu’il a très bien parcouru les années 80, notamment aux Etats-Unis avec « Atlantic City » ou « Alamo Bay« , Louis Malle va conclure les années 80 en apothéose avec « Au revoir, les enfants« , un film qui a rencontré un très beau succès public et qui va récolter pas moins de sept Césars, dont les très désirés meilleur film et réalisateur. On notera aussi que le film convolera pour les Oscars avec pas moins de deux nominations (meilleur film étranger et scénario).

« Au revoir, les enfants » est un petit bijou aussi tendre que le rire et les bêtises des enfants qui parcourent le film, et aussi dur, poignant et triste que l’époque dans laquelle il se déroule, c’est-à-dire en 1944. Bouleversant, Louis Malle s’offre un dernier chef d’œuvre pour conclure les années 80, d’autant plus que le réalisateur s’inspire alors de ses propres souvenirs d’enfance. On reste donc accroché et tendu jusqu’au bout et une fois le générique passé, on a simplement envie de remercier le réalisateur pour ce regard de toute beauté.

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1944, Julien est un jeune garçon de treize ans qui étudie dans un collège catholique. Le jour de la rentrée, il voit débarquer Jean, un élève pour le moins énigmatique et tout aussi bon élève que lui. Les deux gamins se lient d’amitié, et peu à peu Julien se rend compte que Jean cache un secret. Un secret qui va marquer Julien à tout jamais, par un matin grisâtre, quand celui-ci sera révélé.

« Au revoir, les enfants » est à coup sur le film le plus intime et personnel de son réalisateur. S’il a mis beaucoup de temps avant d’en parler tant l’expérience fut traumatisante, Louis Malle a fini par trouver le courage de raconter cette histoire douloureuse et c’est en la mettant partiellement en images qu’il a pu en partie s’en libérer et c’est peut-être pourquoi « Au revoir les enfants » adopte un ton si sincère. Si Louis Malle avoue n’avoir jamais autant créé de lien d’amitié avec le vrai Jean Bonnet, on pourra en déduire que la façon très intéressée du jeune Julien dans le film sera les regrets et peut-être même les excuses du réalisateur sur son enfance.

Avec « Au revoir les enfants« , Louis Malle se lance dans un film à tiroirs, puisqu’il va autant être un film d’amitié, qu’une enquête menée par le jeune Julien afin de savoir qui est ce petit nouveau, intriguant, qu’un film sur une prise de conscience et la fin de l’enfance. Alors que l’histoire à venir est très sombre et ô combien triste, Louis Malle a décidé dans un premier temps de la raconter avec joie et bonne humeur. Ici, on entre dans le quotidien d’un collège en plein pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le quotidien est très rythmé, entre les bêtises, pour ne pas dire les vacheries des enfants, et les cours plus ou moins intéressants, on a vraiment de quoi s’amuser. On prend beaucoup de plaisir à découvrir cette amitié qui naît entre ces deux garçons. On s’amuse quelque peu de l’enquête que Julien mène sur son copain pour découvrir qui il est. Bien que nous savons très bien de notre côté de quoi il en retourne, avec ce film, Louis Malle rend hommage à tous ces prêtres qui ont caché des enfants juifs dans l’école avec les risques qu’on connaît. Mais bon, revenons à ce quotidien si bien montré par le réalisateur. Ce qui est touchant ici, c’est que le réalisateur n’hésite pas à faire s’opposer les avis. Le film est parcouru de réflexions de gamins sur le sort des Juifs, sur la Gestapo, les collabos ou encore les bochs, ou comme ils les appellent, la verdure.

Puis, c’est de manière assez malicieuse que Louis Malle instaure peu à peu une petite tension. Sans qu’on s’en aperçoive vraiment, le réalisateur laisse glisser son film vers quelque chose de plus sombre et l’on craint pour l’avenir de plusieurs des personnages. Le scénario est génial, car tout en étant romancé, les différentes rencontres avec la verdure ou les collabos paraissent assez naturelles et l’on ne sent absolument pas qu’ils sont là pour être placé ici et donner du suspens. Tout parait naturel et véridique. Puis enfin, quand arrivera le dernier chapitre, là encore le naturel dramatique qui se dégage de l’intrigue sera bouleversant. On reste là, impuissant face à la débilité et la haine de l’homme. On est plus que touché, on est ému ! Puis quand arrivent les dernières paroles, elles tombent comme un verdict immonde et injuste. Un verdict puissant et sans retour qui démontre dans sa sobriété à lui seul le choc que cette histoire a pu provoquer chez le réalisateur.

Pour incarner ces enfants, Louis Malle a choisi deux gamins extraordinaires. Deux gamins extras au milieu d’une foule d’autres enfants tous aussi extraordinaires qu’eux. Julien est joué par Gaspard Manesse, qui est terriblement attachant avec son petit côté « Sherlock Holmes ». Il arrivera même à nous faire sourire quand il se la raconte un peu trop. Jean est quant à lui tenu par quelqu’un qu’on connaît bien puisqu’il s’agit du futur réalisateur Raphael Fejtö qui trouve un rôle lui aussi très touchant. Un rôle qui le pousse à être sur la défensive et la peur en permanence et le jeune garçon nous fait parfaitement ressentir le sentiment qui le parcourt. L’alchimie entre les deux gamins fonctionne à merveille et c’est pour cela qu’ils en sont encore plus bouleversants à la fin. À noter qu’on trouvera aussi François Berléand en prêtre, Philippe Morier-Genoud en directeur de l’école ou encore la belle Irène Jacob.

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« Au revoir les enfants » est donc l’ultime chef d’œuvre de Louis Malle. C’est un film extrêmement intime et personnel et ça se ressent à plus d’une reprise. Avec ce film, le réalisateur rend hommage et se libère d’un poids, tout en nous bouleversant. Franchement, la dernière scène n’est pas prête de quitter notre esprit !

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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