Cézanne et Moi

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De : Danièle Thompson

Avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Déborah François

Année : 2016

Pays : France

Genre : Biopic

Résumé :

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

Avis :

Danièle Thompson est la fille d’un très grand réalisateur, Gérard Oury. Baignant dans le cinéma depuis qu’elle est petite, elle s’est fait connaître en tant que scénariste. D’abord chez papa dans « La grande Vadrouille« , « Les aventures de Rabbi Jacob« , « La folie des grandeurs » « L’as des as« , puis elle s’est aventurée chez les autres, « La boum« , « l’étudiant« , « La Reine Margot« , « Paparazzi » … Puis enfin, c’est en 1999 qu’elle passe enfin à quelque chose pour elle. Son premier film, c’est « La bûche« , un film plutôt bien accueilli. Depuis, Danièle Thompson a réalisé six films. « Cézanne et moi » est son dernier en date.

Nous n’avions plus de nouvelles de Danièle Thompson depuis son « Des gens qui s’embrassent » qui était passé totalement inaperçu. Bon, il faut dire que le film était loin de valoir le fait d’être mis en lumière. Danièle Thompson aura donc attendu trois ans pour nous livrer un nouveau film et c’est peut-être son film le plus ambitieux à ce jour, puisqu’elle a décidé de mettre en lumière l’amitié tumultueuse et sans concession que se portaient Paul Cézanne et Emile Zola. Avec « Cézanne et moi« , Danièle Thompson réalise donc un joli film sur l’amitié dans tout ce qu’elle peut avoir de plus beau et de plus dure. Mais si la réalisatrice réussit très bien ce côté-là, il n’en restera pas moins que « Cézanne et moi » a du mal à passionner. Il détient des longueurs et survole parfois certains aspects, ce qui lui donne un résultat assez inégal.

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Paul et Emile se sont rencontrés très jeunes. Paul vient d’une famille aisée, Emile lui d’une famille pauvre, mais qu’importent les différences, les deux amis s’en fichent et ne se jugent pas. Animés par le même désir, ils quittent Aix-en-Provence pour Paris. Une fois à la capitale, ils mènent ce que l’on pourrait appeler la grande vie. Ils sortent dans les mêmes lieux, couchent avec les mêmes filles, déblatèrent sur les mêmes bourgeois et nourrissent le même désir pour leur art. Bien des années vont passer ainsi. Emile devient célèbre et adulé de par son écriture. Paul lui reste un peintre dont tout le monde se fiche. Après quarante années d’amitié, les relations ne sont plus les mêmes. Eux qui autrefois se soutenaient, se jugent aujourd’hui.

« Cézanne et moi« , c’est l’histoire d’une amitié qui s’étend sur plus d’une quarantaine d’années. Une amitié faite de rires de gamin et de jalousie d’adulte. Une amitié complexe et entière. Une amitié qui ne laisse rien passer et en même temps tout. Une amitié qui est poussée aussi loin qu’elle a peut-être de supportable. Avec ce film, Danièle Thompson met en images cette relation dans un beau film. Sur le papier, le scénario de « Cézanne et moi » est tout simplement beau. C’est à travers plusieurs scènes, qui sont comme des tranches de vie ou d’instants, que Danièle Thompson nous raconte les deux artistes. Succès, échecs, amours, maîtresses, enfants, réflexions sur le monde ou encore les crachats sur la bourgeoisie, Danièle Thompson réussit le pari de nous plonger dans cet univers en même temps qu’elle nous raconte ces deux amis. « Cézanne et moi » avait tout pour être passionnant, tant l’amitié entre les deux hommes était complexe, tant ils se complétaient aussi, chacun étant le contraire de l’autre, chacun acceptant les qualités comme les défauts de l’autre sans les juger et cela même dans les moments les plus dérangeants.

Mais si l’idée est incroyable, si le récit est beau et complexe comme il se doit, il manque à « Cézanne et moi » quelque chose de passionnant. Le film se suit sans difficulté, même s’il détient des longueurs ou des répétitions qui peuvent être ennuyantes, mais à aucun moment, on ne peut dire qu’on est transcendé par le film de Danièle Thompson. On ne vibre pas pour cette amitié, on ne craint pas pour cette amitié, et même si l’on peut être touché par elle, ça ne suffira en rien pour marquer l’esprit. De plus, si le film s’applique à très bien parcourir la vie des deux hommes, on aurait aimé qu’il approfondisse la psychologie des personnages. « Cézanne et moi » donne l’impression de survoler les doutes de ses personnages et plus particulièrement celui de Cézanne, qui finalement s’arrête beaucoup à des vannes cinglantes mal placées ou des colères. Et ce manque de profondeur, d’implication, ajoute surement au fait que le film ne fasse pas vibrer.

On pourra toutefois s’évader avec les magnifiques paysages du midi que la réalisatrice filme avec beaucoup de chaleur. On notera le très beau travail sur les reconstitutions de l’époque. Même constat dans les costumes. Bref, avec ce film la réalisatrice nous renvoie très bien dans cette époque. On n’oubliera pas de mentionner que « Cézanne et moi » est très bien filmé, qu’il détient une belle photographie, de très beaux plans et de bonnes idées. Par contre, on regrettera que Danièle Thompson n’ait pas été dans quelque chose de plus esthétique, car son film est quelque peu académique, ce qui est dommage au vu des personnages à qui elle s’attaque.

Du côté des acteurs, on n’aura rien à leur reprocher. Guillaume Canet et Guillaume Gallienne sont impeccables, et même s’ils ne sont pas aussi passionnants qu’on le voudrait, ils restent cependant touchants. Par contre, on notera une belle mention pour Sabine Azéma qu’on n’avait pas vue aussi pétillante depuis longtemps.

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« Cézanne et moi » est donc un film sympathique qui se suit sans mal. Danièle Thompson parle très bien de cette amitié si particulière qui liait les deux hommes. C’est simplement dommage que son film reste trop académique pour être passionnant. Après, cela reste un bon film à voir, ne serait-ce que pour son côté historique et instructif ou encore pour son évasion et ses paysages chaleureux.

Note : 12/20

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Par Cinéted

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