Le Projet Blair Witch

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Titre Original : The Blair Witch Project

De: Daniel Myrick et Eduardo Sanchez

Avec Heather Donahue, Michael C. Williams, Joshua Leonard, Patricia DeCou

Année: 1999

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

En octobre 1994, trois jeunes cinéastes, Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael Williams, disparaissent en randonnée dans la forêt de Black Hill au cours d’un reportage sur la sorcellerie. Un an plus tard, on a retrouvé le film de leur enquête. Le Projet Blair Witch suit l’itinéraire éprouvant des trois cinéastes à travers la forêt de Black Hill et rend compte des évènements terrifiants qui s’y sont déroulés. A ce jour, les trois cinéastes sont toujours portés disparus.

Avis:

Certains films marquent leur époque et une génération grâce à un buzz. Et si aujourd’hui on ne voit qu’à travers cela, annihilant alors tout effet de surprise et blasant plus qu’autre chose, le buzz dans les années 90 permettait à un film ou un cinéaste de se faire un nom et d’entrer dans une sorte de renommée plus ou moins justifiée. Le Projet Blair Witch est certainement l’exemple le plus flagrant de cette méthode qui a grandement fonctionné en 1999. Faisant croire à un vrai documentaire, jouant sur la mort fictive de ses acteurs, remettant en avant le found-footage, le film de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez est l’un des succès les plus rentables du cinéma. Rapportant plus de 250 millions d’euros pour un film qui en a coûté à peine 25 000, les producteurs et réalisateurs alimentèrent les ragots en créant des blogs ou des pièces à conviction, afin d’attiser la curiosité et de générer plus d’entrées. Cependant, le temps fait son office et certains films vieillissent mieux que d’autres et Le Projet Blair Witch, déjà assez vide lors de sa sortie, n’a pas gagné en qualité avec le poids des ans.

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Il faut dire que le film ne raconte pas grand-chose dans sa globalité. Mettant en scène trois jeunes qui veulent réaliser un documentaire sur la légende de la sorcière de Blair, le film tourne très vite en rond dans une forêt qui semble finalement assez accueillante malgré sa taille. Essayant de créer le malaise avec un aspect survival assez minime, le film peine à convaincre sur ses intentions qui semblent aussi maigre qu’un phasme. D’ailleurs, les trois jeunes acteurs, qui ont gardé leur vrai nom pour appuyer l’aspect réaliste du métrage, ont été lâchés dans les bois sans grandes instructions afin de rendre leur jeu plus crédible. Sauf que le film oublie la première chose importante dans un film d’horreur, l’empathie.

Il manque clairement une identification aux personnages pour vraiment craindre pour eux. On les voit faire une mini fête avant le départ, on les voit partager quelques délires, mais rapidement, le trio se disloque et s’engueule sans que l’on comprenne pourquoi. En effet, plutôt que de se serrer les coudes pour survivre, le groupe se divise, se dispute et la discorde semble incohérente. Du coup, on a plus tendance à les détester qu’à les aimer ses trois jeunes, qui partent à l’aventure sans se préparer et qui vont marcher dans les bois pendant plus d’une heure. Et cet ennui est vraiment dommageable car on sent que le duo n’arrive pas à masquer le vide scénaristique de leur bousin qui ne dénonce rien et finalement montre juste trois personnes crapahutant dans une forêt et commençant à crever la dalle. Il y a zéro enjeu, aucun démarche pour créer de l’angoisse hormis les quelques jump scare la nuit dans la tente et en plus de cela, on n’aura aucune réponse sur la légende de la sorcière, le film se concluant sur un dernier acte qui frôle la fumisterie.

Et c’est dommage que toutes ces scories et incohérences entachent le film car il démarre de façon assez intéressante. Non pas que ce soit la panacée, mais on sent une certaine intelligence dans la mise en scène (ce qui ne durera pas puisque le found-footage n’est qu’un prétexte low cost pour masquer un manque créatif évident) avec une alternance entre la couleur et le noir et blanc, indiquant ainsi les moments joués pour le documentaire du film et les moments de la vraie vie (toujours au sein du film). Et le film gagne en intérêt car il aborde le mythe de la sorcière en mettant en avant les différents évènements historiques et interviewant les habitants qui ont eu écho de cette histoire. Le tout, sans être trop crédible, demeure assez bien fait pour attiser la curiosité du spectateur autour d’un thème récurrent mais qui se fait rare, la sorcellerie. Il est assez triste de voir comment le film se saborde par la suite, n’arrivant jamais à traiter correctement le sujet et la légende de la sorcière de Blair au profit d’une balade dans les bois qui vire au cauchemar au détour de trois croix en bois et de tas de cailloux.

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Au final, Le Projet Blair Witch, malgré son buzz et sa renommée, n’est qu’un pétard mouillé et un film qui résonne comme une coquille vide. Se gargarisant du vide dans lequel il surnage, le métrage démontre comme il est facile de manipuler la populace avec quelques colifichets bien placés. D’un ennui mortel et d’une histoire qui tient sur un timbre-poste, le film de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez n’est qu’une vaste fumisterie qui trouve les ingrédients pour masquer sa nullité, à savoir un buzz honteux et une mise en scène en found-footage, dont il vole le concept à d’autres métrages plus recommandables. Et cerise sur le gâteau, le film a relancé la machine des documenteurs, un style qui ne s’arrête plus et qui a fourni ce qui se fait de pire dans le cinéma d’horreur.

Note: 03/20

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Par AqME

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