octobre 29, 2020

Frantz

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De : François Ozon

Avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner, Anton von Lucke

Année : 2016

Pays : France, Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

En 1919, dans une Allemagne d’après-guerre, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz. Jusqu’à ce qu’elle y croise un jeune français, Adrien, qui va changer sa vie…

Avis :

C’est l’histoire d’un jeune français, soliste de l’Opéra de Paris, qui n’entend plus son violon à cause du fracas de la guerre qui l’a assourdi. C’est l’histoire d’une jeune fille qui pleure son fiancé allemand mort à la guerre. C’est l’histoire de la mère qui essaie de rester digne, et du père, qui guérit son chagrin en vouant une haine inconditionnelle aux Allemands. Et c’est l’histoire de leur rencontre improbable autour de cette tombe, Frantz.

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Frantz, c’est le personnage principal du film, et pourtant il n’est pas là. Illustration parfaite du dicton selon lequel c’est toujours plus difficile pour ceux qui restent en vie. Le film est en noir et blanc, renforçant le contexte sombre et maussade de l’histoire qui est pourtant passionnante dès les premières minutes.
Bien que les films traumatisants sur les guerres que notre histoire a connu sont de plus en plus difficiles à supporter, il faut avouer que l’on s’est laissés prendre par le film, qui finit, évidemment, par nous faire pleurer toutes les larmes de notre corps ; alors que nous étions partis avec un a priori car dans ce genre de film, on a vite tendance à tourner au mélodramatique. Fort heureusement, il n’en est rien ici, et le film est juste à tomber.

Anna (Paula Beer), qui vit chez les parents de Frantz, rencontre Adrien (Pierre Niney) devant la tombe de son fiancé, mort à la guerre. Intriguée qu’il vienne tous les jours se recueillir et qu’il semble tant effondré, elle finit par s’interroger. Invité chez les parents de Frantz, il finit par avouer avoir rencontré Frantz en France pendant ses études, et avoir noué une grande amitié avec lui. Tout semble sincère et les parents semblent retrouver pendant un instant leur fils, en écoutant parler de lui. Les quelques moments de bonheur fugaces que vit ce trio endeuillé retrouvent des couleurs qui sont pourtant très absentes dans le film.

Mais voilà, il y a un problème et au fil des rendez-vous, Anna comprend que quelque chose ne va pas. Adrien n’a pas vraiment été ami avec Frantz pendant ses études. Le monde s’effondre, Adrien s’en va et Anna reste.

Ce qui est assez effarant dans le film, c’est la façon qu’a François Ozon de faire tourner un film entier autour d’un personnage qui n’est pas là, mais qui les hante, tous, à leur manière. Anna semble tiraillée entre la haine et l’amour envers Adrien, la tristesse et la culpabilité envers Frantz, et le courage envers les parents, à qui elle va cacher toute la vérité. Frantz est partout.

Nous avouons volontiers que nous avons trouvé le jeu absolument magnifique, sous tous points de vue. Pierre Niney, excellent acteur au demeurant, est absolument parfait en personnage torturé entre l’humanité qu’il voudrait retrouver et l’absolution qu’il recherche. Paula Beer est formidable en femme forte et courageuse. Les parents et les personnages secondaires sont complètement immergés dans le contexte et rendent le film encore plus fort : les petites scènes de conflits entre les français et les allemands, ces petits réflexes d’après-guerre qui révèlent un grand traumatisme. Nous avouons avoir versés volontiers une larme quand Paula Beer se retrouve dans un bar parisien au milieu d’hommes et de policiers chantant la Marseillaise à la mémoire de leurs enfants morts, alors qu’elle pleure encore son fiancé…

Ce qui est très fort, c’est le fait de parler de la guerre, sans parler de la guerre. Pas de sang, pas de cris, pas de chaos. Le chaos est ailleurs, en eux, et c’est ça qui est beau. Ce qui est fou aussi, c’est le message que Frantz aura fait passer, à chaque personnage. Et la vie qui continue, aussi, malgré les villages ravagés et les cœurs endeuillés.

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Seul petit bémol, le film est très prévisible. On comprend très vite pourquoi Adrien est venu jusqu’en Allemagne, on comprend très vite ce que va faire Anna après son départ… Il n’y a pas de grandes surprises, excepté la fin, qui laisse… sur notre faim ! Mais malgré tout, c’est un film plein de tendresse, et un beau message de paix aussi. Adrien aura réussi cela de bien qu’il aura fait comprendre au père de Frantz que personne, français ou allemand, n’est coupable de la mort des jeunes soldats, mais que ce sont les hommes eux-mêmes qui ont choisi ce combat. Jolie visée et grande morale pour nous, dans notre société torturée…

Note : 18/20

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Par Betti

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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