octobre 27, 2020

L’Histoire de Richard O.

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De : Damien Odoul

Avec Mathieu Amalric, Stéphane Terpereau, Ludmila Ruoso, Tiara Comte

Année : 2007

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

En proie à son désir pour les femmes, Richard O. explore les arcanes sinueux de l’érotisme, à travers Paris au mois d’août et ses habitantes estivales.
13 rencontres, 13 femmes, 13 expériences…

Avis :

« L’histoire de Richard O » est un film de Damien Odoul, un réalisateur au cinéma pour le moins particulier. Ayant réalisé son premier long métrage à vingt-trois ans en 1988, il compte depuis sept longs-métrages, plus d’une dizaine de courts-métrages, ainsi qu’un téléfilm et des documentaires.

Si le réalisateur a souvent fait parler de lui, avec « L’histoire de Richard O« , c’est surement là qu’il a fait couler le plus d’encre. Il faut dire que lorsque l’on ressort de la très longue heure et quart de « L’histoire de Richard O« , on peut aisément comprendre le pourquoi de toutes ces critiques. « L’histoire de Richard O » est un film racoleur, névrosé, vulgaire, qui ne raconte rien, qui ne se comprend pas. C’est un film qui agace aussi bien dans ces propos (misogynes), que dans sa forme. Bref, un film exécrable !

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Richard O est un homme à femmes. À travers plusieurs rencontres dans un Paris d’été, Richard expérimente les femmes…

Il est va être difficile de parler de cette « Histoire de Richard O » sans tomber dans la méchanceté, tant le film fut une expérience douloureuse.

« L’histoire de Richard O » est l’exemple type du cinéma français qui fait que bien souvent, notre cinéma est détesté par beaucoup. Et quand on voit un film de la sorte, on ne peut pas en vouloir aux « Haters », car on a affaire ici à un objet filmique provocateur pour rien, qui s’écoute parler, du moins quand il parle, et qui véhicule des messages assez détestables. Dans ce film, toutes les femmes sont des putes, qui n’ont qu’une envie, c’est de se faire violer ou défoncer comme des chiennes… C’est magnifique comme message n’est-il pas ?

Faire un film sur les fantasmes, sur la sexualité, avec des scènes très explicites et non simulées, pourquoi pas. D’autres réalisateurs l’ont fait et le résultat fut bon ou très bon. Je pense notamment à « 9 Songs » de Michael Winterbottom, à « L’empire des sens » de Nagisa Oshima, à « Shortbus » de John Cameron Mitchell, à « Ken Park » de Larry Clark. Ces réalisateurs avaient une histoire à raconter, un propos à tenir et ont su faire ces scènes-là avec pudeur, beauté, voire même poésie. Et même quand le film bascule dans le glauque ou le plus sombre, je pense là aux films de Gaspard Noé, c’est fait avec intelligence et ça sert toujours l’intrigue, ce qui est très loin d’être le cas avec « L’histoire de Richard O« , car il n’y a pas d’intrigue.

Ne cherchez pas un scénario, il n’y en pas… Le film de Damien Odoul est un ensemble de scènes qui n’ont pas vraiment de sens et de liens les unes avec les autres et finalement, ce que l’on va voir pendant cette trop longue heure et quart, c’est Mathieu Amalric en train de s’envoler en l’air avec tout ce qui bouge. Le film passe d’une scène de cul à une autre sans que l’on comprenne pourquoi. Damien Odoul a malheureusement eu la très bonne idée de mettre dans son film des scènes de cul qui ne sont pas simulées par ses acteurs et c’est un ratage complet. Ici, le sexe n’est ni beau, ni excitant, il est mal filmé, aucun plaisir ne se ressent de la part des personnages. Puis il est accompagné de dialogues immondes (Viole-moi… Défonce-moi… Dis-moi que je suis une salope… Bref…) qui enfoncent en plus le film dans le nauséabonderie. Dans « Shame » de Steve McQueen, le réalisateur parle d’un homme accro au sexe et malgré le fait qu’il finisse par ne plus prendre de plaisir dans l’acte, Steve McQueen a réussi à capter quelque chose. Ici, Damien Odoul voulait lui aussi parler d’un homme comme ça, mais il ne capte rien et tombe dans le piège du provocant pour être provocant. À aucun moment le personnage ne se remet en question, et l’on se trouve devant un mec détestable, qui ne pense qu’à lui, qui est souvent hystérique pour rien ou alors pour la démonstration…

Ce qui agacera encore un peu plus, c’est le côté « je me la joue cinéma d’auteur et je fais de grandes réflexions sur le sexe et la sexualité » que le film dégage. « L’histoire de Richard O« , quand il n’est pas parcouru de dialogues dégueulasses, est un film qui se pose des questions et qui philosophe sur le cul, sur les femmes, sur les hommes et les rapports entre eux. On passera, et surtout on oubliera, la mise en scène qui elle aussi se donne des airs d’auteurs. Entre deux scènes de cul, on trouvera Mathieu Amalric sur un scooter dans Paris… On passera sur les costumes et les looks des personnages improbables qui prêtent à sourire. On effacera aussi de nos mémoires ce sentiment agaçant que Damien Odoul, dans son désir de provocation, a choisi des actrices et des acteurs aux physiques plus que particuliers, afin d’enlaidir encore un peu plus son film. A noter que l’intégralité du casting est dans le poussif, dans la caricature. Puis pour finir, on veut oublier Mathieu Amalric qui est venu se perdre chez son pote. On se demande bien pourquoi le grand Amalric avait-il besoin de repousser ses limites si loin ?

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« L’histoire de Richard O » est bien plus qu’une déception, c’est un film nauséabond, qui n’apporte rien dans son sujet, véhicule des messages machistes, misogynes et une image de la femme, comme de l’homme, plus que navrante. Oui, l’homme se tape tout ce qui bouge sans contrôle et la femme n’est qu’une chienne qui adore ça… Bref, c’est navrant !

Note : 02/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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