Blair Witch – Witch Hunting

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De : Adam Wingard

Avec James Allen McCune, Callie Hernandez, Brandon Scott, Valorie Curry

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer…

Avis :

A la fin des années 90, un petit film d’horreur ayant coûté 25 000 dollars va faire une petite révolution dans le cinéma de genre. Le Projet Blair Witch rentrera dans la légende grâce à son bénéfice hallucinant et à sa démarche qui relance le found-footage ou documenteur. Cependant, si le film a fait son petit effet sur le public de 1999, ce n’est pas le cas aujourd’hui et on se rend compte de toutes les faiblesses que comporte le film. D’ailleurs, la licence fut rapidement enterrée à cause d’une suite de très mauvaise qualité, reprenant la légende de la sorcière, mais dénaturant le matériau de base et prônant pour le film d’horreur pour adolescents avec un message puant, à savoir que la violence télévisuelle entraine la violence dans la vraie vie. Bref, Blair Witch fut vite oublié pour ne pas se souvenir d’une suite honteuse. C’est dix-sept ans plus tard que la sorcière de Blair refait surface avec une suite inattendue.

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Mais il est difficile de succéder à un film qui a fait autant d’émules que de détracteurs et il est surtout compliqué de s’appuyer sur un vide abyssal autour de trois jeunes qui se perdent dans une forêt et qui semblent poursuivis par une entité maléfique. Sauf qu’Adam Wingard n’est pas le premier venu et l’horreur, il maîtrise, même si Blair Witch est son premier film d’épouvante autour d’une sorcière. Son précédent film, You’re Next, avait enchanté les foule, montrant un Home Invasion de bonne facture, très classique, mais prenant et ayant un sens du rythme. Alors que vaut réellement cette suite ?

A vrai dire, pas grand-chose, mais il faut avouer que c’est certainement le meilleur film de la trilogie. Occultant complètement le second film de la saga (et c’est tant mieux tant il se rapproche du nanar), ce nouvel opus crée un lien direct avec le premier métrage, mettant en scène le frère de la réalisatrice du premier, voulant à tout prix la retrouver suite à la diffusion d’une vidéo sur Youtube où l’on peut voir sa sœur dans une maison perdue au fond des bois. Prétexte un peu bidon pour une histoire finalement cousue de fil blanc, Blair Witch aura du mal à convaincre par son scénario relativement creux où un frère compte retrouver sa sœur… quinze ans plus tard !

Dès le départ, l’histoire sent le réchauffé et la raison du voyage dans les bois ne tient pas debout. Cependant, Blair Witch est surtout intéressant par son travail autour du mythe de la sorcière, un mythe bien implanté et exploité dans le premier métrage de la licence. Ici, il n’y aura pas de redite, préférant être efficace, n’incluant que des précisions sur le sort funeste de la sorcière. Mettant des références aux autres films de la licence (et même Coffin Rock qui est utilisé dans le second opus), le film d’Adam Wingard dresse un portrait peu élogieux d’une vieille sorcière qui sera difforme à cause de sa mise à mort. Malheureusement, le fond de cette histoire n’est pas assez creusé ou travaillé et il manque vraiment des éléments pour intéresser le spectateur qui va suivre cette nouvelle équipe sans pour autant sentir de l’empathie. Mais le film demeure plus démonstratif que les autres, n’hésitant pas montrant quelques éléments gores et même des apparitions furtives de la sorcière, ce qui n’est pas pour déplaire, apportant finalement toutes les réponses que l’on attendait depuis plus de quinze ans.

Malheureusement, le film n’évite pas les longueurs qui étaient déjà bien trop prégnantes dans le premier métrage. Tournant encore en rond dans des bois où tout se ressemble, le film essaye de perdre le spectateur autant que ses protagonistes, mais c’est l’ennui qui prend le pas sur l’angoisse. Une angoisse qui sera tout de même présente, notamment dans le dernier quart, qui est maîtrisé à la perfection et qui montre tout le talent de mise en scène du jeune réalisateur. Toujours caméra à l’épaule, si on n’échappe pas au moment frénétique lorsque les personnages courent, la séquence dans la maison est assez flippante et la gestion des caméras est relativement bien foutue. D’ailleurs, il y aura un moment assez intense dans un boyau de terre, une séquence qui rendra claustrophobique le plus aguerri des spéléologues. Le film se paye même le luxe d’être gore par moments, ce dont était totalement dénué le premier film. On retrouvera alors quelques moments craspecs qui sont les bienvenues, changeant un petit peu des éternels jump scare, qui sont toujours trop présents dans ce genre de métrage et qui absorbent complètement l’ambiance.

Le dernier bon point que l’on peut trouver à Blair Witch, c’est qu’au niveau de la réalisation, c’est plutôt bien pensé et réfléchi. Utilisant toutes les technologies qui sont à disposition de nos jours, l’alternance des plans est judicieuse et permet au réalisateur de jouer entre les différents personnages. Si on aura du mal à s’attacher à eux à cause de leur background insuffisant, on ne pourra nier que chaque plan est réfléchi et permet à Adam Wingard de jouer avec le spectateur. D’autant plus qu’entre le drone, les caméras oreillettes, la caméra fixe ou encore les appareils photos, les possibilités sont infinies et le potentiel est relativement bien exploité. D’autant plus que le film ne tremble pas trop, contrairement au premier, donnant plus de fluidité et visibilité au métrage.

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Au final, Blair Witch reste tout de même une petite déception. Non pas que l’on attendait beaucoup de choses sur ce film d’horreur (bien que voir un film d’horreur au cinéma et au calme, c’est rare), mais Adam Wingard n’arrive pas à sauver la saga, la faute à un matériau de base creux dont on a déjà fait le tour avec le premier film. Il en résulte un film qui gomme en partie les défauts du premier, mais qui reste anecdotique, n’arrivant à créer la peur que sur sa fin et demeurant inconstant tout du long. Un coup d’épée dans l’eau donc, mais qui a le mérite de faire mieux que son aîné.

Note : 08/20

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Par AqME

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