La Taularde – Oz et Joséphine

14341381_1419696661377072_752284286_n

De : Audrey Estrougo

Avec Sophie Marceau, Suzanne Clément, Anne Le Ny, Eye Haidara

Année : 2016

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?

Avis :

Audrey Estrougo est la petite réalisatrice touche-à-tout du cinéma français. Si son premier film était un drame romantique, par la suite, elle s’est lancée dans le documentaire, puis la comédie musicale, pour revenir au drame. Après « La Taularde« , drame carcéral, le prochain défi de la réalisatrice sera une série télé. On peut dire que plus rien n’arrête Audrey Estrougo.

Mais revenons à sa « Taularde« , un film pour lequel la réalisatrice a bataillé pendant la moitié de sa carrière pour que le film puisse voir le jour. Il faut dire que « La Taularde » n’est pas le genre de film qui parcourt le cinéma français. Terriblement difficile à monter, lâchée par son distributeur une fois le tournage achevé, même malgré la présence de Sophie Marceau en tête d’affiche, on peut dire que « La Taularde » est un peu le bébé de sa réalisatrice. Mais est-ce qu’il en valait le coup ? La réponse est un petit oui, car malgré ses défauts, la réalisatrice pose un œil intéressant sur le milieu carcéral, tout en évitant les clichés ou les sujets polémiques pour faire du buzz. « La Taularde » n’est donc pas un film aussi puissant et percutant qu’on l’aurait vu, mais il jouit d’une bonne petite ambiance.

14329152_1419696804710391_807478205_o

Par amour, Mathilde a fait évader l’homme qu’elle aimait, mais ça lui aura couté sa place. Incarcérée, Mathilde va devoir supporter la vie en prison. Mais alors qu’elle s’est sacrifiée pour celui qu’elle aime, une fois derrière les verrous, elle ne reçoit plus aucune nouvelle de lui. Que ce soit son fils, son avocate ou le cousin de l’homme qu’elle aime, personne n’arrive à lui communiquer la moindre information. Mathilde doit se débrouiller par elle-même et dans ce milieu si dur qu’est la prison, si elle veut survivre, elle va devoir s’endurcir.

Le film carcéral n’est pas quelque chose de neuf, que ce soit sur le grand comme le petit écran. On ne compte plus les œuvres qui abordent de près comme de loin cet univers-là. Donc en allant voir « La Taularde« , on s’attendait bien à ce que la réalisatrice n’apporte rien de bien neuf dans l’univers et c’est bien le cas ici, puisque même si l’univers carcéral est bien rendu et qu’il est crédible, il est vrai aussi qu’il est déjà vu.

Mais le fait de ne pas apporter grand-chose de neuf au genre ne veut pas dire que l’on ne peut pas faire un film dessus. Il faut donc avoir le petit truc en plus, avoir une histoire à raconter et des personnages à offrir et c’est bien de ce côté-là que la réalisatrice tient son film. Alors sans que son scénario soit incroyable, on reconnaîtra toutefois que « La Taularde » offre une histoire et une plongée plutôt prenante dans l’univers carcéral et ça, dès les premières minutes.

Audrey Estrougo s’aventure donc dans une histoire d’amour et de sacrifice. Si on lui trouvera des incohérences par-ci par-là, si on lui trouvera des moments mal fichus, qu’on ne comprendra pas forcément, ou encore des rebondissements quelque peu gratuits comme l’intrigue autour d’Anne Le Ny, sur l’ensemble, « La Taularde » se suit avec intrigue. Le scénario creuse un petit mystère prenant autour de l’arrestation de cette femme au début, puis par la suite sur le manque d’informations qui l’isole peu à peu. Puis on reste curieux de voir son intégration. La réalisatrice en profite pour aborder le métier de surveillant de prison et sa difficulté. Un métier qu’elle aborde de plusieurs manières, avec la débutante (sublime Marie Denarnaud), la passionnée (plus sublime encore Carole Franck) ou la frustrée qui peut devenir dangereuse (Naidra Ayadi, quelque peu caricaturale, mais très bien quand même).

Dans sa mise en scène, « La Taularde » fait son travail, mais déçoit quelque peu, car le film manque de personnalité. Hormis le fait qu’il y ait un sentiment de déjà vu qui s’échappe du film, on aurait aimé un métrage plus dur, un film qui tienne en pression, un film devant lequel on finisse par craindre pour son personnage principal qui finalement n’a pas « sa place en taule ». Ici, même si l’ambiance est réussie, même si le tout reste bon, on ne peut pas dire qu’on soit bousculé.

« La Taularde« , c’est Sophie Marceau, et malgré le fait qu’on avait du mal à voir l’actrice dans ce genre de rôle, on ne peut nier qu’elle est crédible et qu’elle s’en sort bien. Dommage qu’elle ne soit pas plus touchante. Pour ce film, Audrey Estrougo a réuni une bonne petite équipe. On sera touché par Suzanne Clément, on rigolera devant l’exubérance d’Eye Haidara et Alice Belaïdi. Puis on sera agacé par la froideur incroyable et professionnelle de Marie-Sohna Condé.

14339235_1419696748043730_1300466921_o

« La Taularde » est donc un film qui ne transcende pas, mais qui reste toutefois agréable à suivre, même avec ses défauts. Audrey Estrougo pose un regard intéressant et donne à plusieurs de ses actrices d’excellents rôles. « La Taularde » n’est donc pas une priorité à voir dans les salles, mais il mérite aussi qu’on s’y arrête, d’autant plus que la réalisatrice s’est battue corps et âme pour son film et qu’il est bien loin de ce qu’offre un certain cinéma français habituellement et rien que pour cela aussi, le film mérite qu’on s’y arrête.

Note : 13/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net