Ils nous ont Trumpés! – Top 10 des Films qui Tirent à Boulets Rouges sur le American Way of Life

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Ah ! Les Etats-Unis d’Amérique. Un pays qui fait fantasmer un grand nombre de personnes de par son American Way of Life mais aussi de son American Dream. En effet, il semblerait que ce pays soit le lieu béni des réussites personnelles et professionnelles. Combien de non-américains ont tenté l’aventure pour gagner plus et ont finalement réussi à se faire un nom là-bas ? Pays gargantuesque, monstre économique, si l’on veut tenter sa chance dans un projet, c’est vraisemblablement dans ce pays qu’il faut aller. It’ the place to be comme on dit.

Mais les apparences sont souvent trompeuses et quand on gratte le vernis, on trouve des résidus pas très agréables et finalement un pays comme un autre, qui a ses faiblesses, mais qui aime montrer sa supériorité malgré des défauts évidents, voire inhumains. Et qui de mieux placé pour critiquer le système que les réalisateurs et acteurs de cinéma, pouvant montrer de manière frontale ou plus fine les défaillances d’un système économique, judiciaire ou politique au sein d’un pays qui se veut irréprochable. Et en ce moment, entre Trump qui prend un peu trop d’espace dans le monde politique (et le monde tout court d’ailleurs) et trois films qui font chauffer les oreilles des américains, on sent que le bateau part à la dérive et qu’il n’y a pas grand monde pour sauver le navire. Il faut dire qu’avec War Dogs qui critique ouvertement les ventes d’armes par les américains pour des terroristes qu’eux-mêmes traquent, Free State of Jones qui revient sur un pan historique inconnu des Etats-Unis sur fond de racisme anti-noir ou encore le dernier documentaire de Michael Moore qui pointe du doigt une volonté expansionniste des Etats-Unis, il n’y a pas de quoi se réjouir du Stars and Stripes. Mais ces films ne sont pas les premiers à mettre en avant une Amérique douteuse, la preuve en dix films qui tirent à boulets rouges sur un pays qui devrait balayer devant sa porte.

  1. L’œuvre de Michael Moore

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Difficile de choisir un film dans la filmographie de ce prolifique réalisateur de documentaires qui tous, absolument tous, flinguent les Etats-Unis en dénonçant toutes les dérives d’un système abusif et parfois corrompu. Montrant de manière crue les dérives du port d’armes avec Bowling for Columbine, pointant du doigt les abus de grandes industries américaines (dont Nike) avec The Big One, fracassant George W. Bush avec Fahrenheit 9/11, l’homme n’hésite pas une seule seconde à se mettre une partie de la population à dos pour faire ouvrir les yeux aux américains. Souvent menacé, il faut absolument comprendre que cet homme est nécessaire afin de donner un autre son de cloche que la presse ou le gouvernement. Son dernier film s’attaque quant à lui à l’expansionnisme américain et cette volonté guerrière de contrôler le monde. Encore une fois, l’homme ne va se faire que des amis.

  1. Gummo de Harmony Korine

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Avant de se faire repérer avec Spring Breakers, autant détesté qu’adulé, Harmony Korine, après avoir collaboré avec Larry Clark sur Kids, sort Gummo, un film sans intrigue qui évolue dans une ville qui fut dévastée par une tornade. Mettant en avant une galerie de personnages se rapprochant plus de marginaux et sans abris que de gens dits « normaux », le film se veut être un pamphlet contre l’économie américaine, laissant certaines personnes sur le carreau après un coup du sort. Parfois poétique, souvent lourdingue, le film a néanmoins le bon goût de pousser le vice assez loin avec des situations ubuesques, provoquant parfois la révolte du spectateur, et montrant de jeunes personnes en perte de repères dans un pays où pourtant le succès sévit. Tout le monde n’a pas les mêmes chances, tout le monde ne reçoit pas les mêmes aides et c’est là-dessus, dans un contexte social quasiment inexistant que Harmony Korine arrive à critiquer un système inégalitaire.

  1. American History X de Tony Kaye

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On ne juge pas un livre à sa couverture. Voilà une phrase qui résonnera encore longtemps dans la tête de ceux qui ont vu ce pamphlet humaniste qu’est American History X. Film sur le néo-nazisme et la passation d’idéaux douteux, le métrage de Tony Kaye marquera fortement les esprits par son message contre le racisme, mais finalement balayé d’un coup de vent par un final qui montre qu’il est difficile d’échapper à son destin. Si la critique de la société américaine est plutôt en filigrane, laissant plus de place à la critique d’un racisme honteux et injuste, American History X est aussi un coup de poing lancé à la face d’un gouvernement qui ne fait rien contre ses confréries de la haine et qui préfère étouffer les affaires de racisme plutôt que de les combattre, attisant un peu plus la colère entre deux communautés qui devraient se tenir par la main plutôt que de se battre. Un grand film qui malgré tout, fait un gros doigt d’honneur au système judiciaire américain mais aussi au système politique.

  1. Un Raisin au Soleil de Daniel Petrie

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Il y a des films qui demeurent bien trop méconnus de nos jours en France. Un Raisin au Soleil en fait partie. Tout d’abord pièce de théâtre en 1959 puis adapté au cinéma en 1961, le film connaîtra ensuite deux remakes (1989 et 2008) sous la forme de téléfilm. Le métrage raconte l’histoire d’une famille d’afro-américain sans le sou dont le patriarche meurt. Touchant une assurance vie conséquente, chaque membre de la famille va alors se mettre à faire des projets, qui n’aboutiront certainement pas. Classé au National Film Registry pour son importance culturelle, le film de Daniel Petrie évoque cette impossibilité d’évoluer au sein d’une société raciste et qui rejette non seulement les noirs, mais aussi les pauvres, quand bien même ils arrivent à avoir de l’argent. Un film qui critique donc une société américaine qui ne juge que sur les origines et qui montre toutes les difficultés de réussir quand on n’a pas la bonne couleur de peau.

  1. Requiem for a Dream de Darren Aronofsky

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Certains films marquent plus que d’autres et celui-ci fait partie des immanquables du septième art. Premier grand succès pour Darren Aronosky, le réalisateur américain n’hésite pas une seule seconde à démonter tout l’american dream en un seul film. Dépendance, prostitution, lobbying pharmaceutique, culte de la maigreur, addiction à la télévision, bref, tout y passe pour un film d’une dureté incroyable qui démontre que le système américain est complètement à la masse et n’est présent que pour s’assurer une chose : la consommation. Et ce film en est le principal sujet entre la consommation d’héroïne, d’argent, de médicaments, de temps devant la télé, Requiem for a Dream montre toutes les dérives d’un pays qui ne voue qu’un culte : celui de la consommation de masse et de la dépendance.

  1. Chute Libre de Joel Schumacher

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Avant de se prendre une volée de bois vert avec ses deux adaptations de Batman, Joel Schumacher avait des choses à dire sur le système américain. Chute Libre ou comment déstructurer point par point le American Way of Life en traitant divers thèmes de façon ironique et parfois violente. Car finalement, le film est une succession de rencontres qui vont fournir tour à tour des critiques sur le système mercantile, sur le communautarisme encouragé quelque part par le gouvernement ou encore sur le racisme latent d’une société qui n’arrive pas à gérer ses frustrations. Ce film, c’est tout ça et même si parfois cela manque de finesse, on ne peut s’empêcher d’y voir un brûlot presque anti-américain, notamment dans sa dernière scène, qui symbolise à elle-seule la chute d’un état d’esprit rebelle, peut-être seul raisonnement valable dans un pays dont les idéologies partent à la dérive.

  1. Fast Food Nation de Richard Linklater

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S’il y a bien un domaine où les Etats-Unis sont champions du monde, c’est la mal bouffe. Première chaine de restauration rapide au monde, le pays est bien celui où l’on compte le plus d’obèses et dans lequel le hamburger bien gras est presque roi. Adapté d’un livre du journaliste Eric Schlosser, Fast Food Nation est un film qui critique ouvertement la façon qu’ont les américains de se nourrir et le fonctionnement des fast food. Véritable industrie qui remplit les caisses du pays, ce métrage est chroniqué comme étant le film politique le plus important depuis Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. D’ailleurs, le film fit un énorme tollé en 2006, amenant à de vifs débats et finalement un résultat proche de zéro, la force de l’argent et l’appui des politiques faisant le reste.

  1. No Pain No Gain de Michael Bay

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Qui aurait pu croire que l’on retrouverait Michou dans ce top? Car s’il y a bien un cinéaste américain patriote, c’est bien lui (et Roland Emmerich mais ça ne compte pas vraiment puisqu’il est allemand). Mais lorsque le réalisateur délaisse ses explosions et ses robots géants, il devient vachement plus intéressant. La preuve avec ce film qui explore un fait réel, et qui envoie bouler la réussite à l’américaine en mettant en scène trois bodybuilders débiles qui veulent se faire de l’argent facile. Profondément drôle et cynique envers une société qui ne prône que la réussite et l’argent, No Pain No Gain est aussi intelligent dans son traitement puisqu’il laisse en filigrane cette critique acerbe pour ne pas prendre le pas sur le divertissement. Ainsi, Michael Bay montre qu’il n’est pas qu’un crétin des Alpes et qu’il voit aussi que le système dans lequel il évolue est corrompu jusqu’au bout des ongles et que les valeurs que cette société met en avant ne sont pas les bonnes.

  1. Macadam Cowboy de John Schlesinger

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Quand on parle de réussite américaine, il n’y pas que dans le domaine de l’entreprise ou de l’industrie, mais aussi au cinéma. Beaucoup de jeunes modèles ou comédiens font le choix de partir à Hollywood pour tenter leur chance dans la vallée des anges. Seulement peu réussisse et c’est bien souvent la déroute pour un bon nombre de personne. Le rêve américain se transforme alors en cauchemar. Et c’est le sujet de Macadam Cowboy mettant en scène Jon Voigt voulant devenir acteur, sûr de son charisme, mais qui va aller de déception en déception pour finir ami avec un clochard (Dustin Hoffman). Pamphlet contre cette société qui vend du rêve et qui promet monts et merveilles aux jeunes premiers, le film tire sa force du rapport fort entre deux personnages dont les origines sont aux antipodes. Il en résulte un film surprenant, montrant les vices d’une société du spectacle qui n’épargne personne, laissant tomber dans la misère tous ceux qui ne correspondent pas à certains codes. Il faut savoir que le film est très cru et qu’il fut classé X à l’époque à cause de quelques scènes charnelles plutôt réalistes.

  1. Happiness de Todd Solondz

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Film ayant créé la polémique en 1998 lors de sa sortie, Happiness est certainement le film qui fait le plus mal à la société américaine. Projetant ses petits bourgeois du New-Jersey comme un miroir de la société américaine, Todd Solondz s’amuse à égratigner des portraits de personnes parfaites en apparence, mais complètement perverse en dedans. Entre pédophilie refoulée, tendance perverse, addiction aux médicaments ou encore regards et jugements sur des personnes plus faibles, Happiness n’épargnera personne et résonnera comme une image de la société américaine, parfaite quand on la regarde mais pourrie de l’intérieur. Il y a dans ce film une réelle intelligence de mise en scène et un effort pour donner un métrage qui critique une société sans pour autant que cela soit évident. S’appuyant sur les personnages plus que sur les situations, Happiness est la face cachée d’une société, la part d’ombre que l’on veut cacher à tout prix mais qui reste profondément ancrée dans les mœurs. Un film qui démontre que les Etats-Unis, malgré le succès, malgré l’argent, malgré la bonne pensée puritaine, cache aussi de lourds secrets.

Par AqME

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