décembre 2, 2020

Free State of Jones – Pour la Liberté

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Titre Original: The Free State of Jones

De : Gary Ross

Avec Matthew McConaughey, Gugu Mbatha-Raw, Keri Russell, Mahershala Ali

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre, Drame, Biopic

Résumé :

En pleine guerre de Sécession, Newton Knight, courageux fermier du Mississippi, prend la tête d’un groupe de modestes paysans blancs et d’esclaves en fuite pour se battre contre les États confédérés. Formant un régiment de rebelles indomptables, Knight et ses hommes ont l’avantage stratégique de connaître le terrain, même si leurs ennemis sont bien plus nombreux et beaucoup mieux armés… Résolument engagé contre l’injustice et l’exploitation humaine, l’intrépide fermier fonde le premier État d’hommes libres où Noirs et Blancs sont à égalité.

Avis :

Gary Ross, avant d’être un bon réalisateur, est avant tout un scénariste de génie qui nous a offerts quelques petites perles rares comme « Big » de Penny Marshall, où il fut nommé pour l’Oscar du meilleur scénario original alors que celui-ci n’est que le premier de Gary Ross. Parmi les scénarios remarqués, on retiendra ceux de « Président d’un jour » ou bien « Pur-sang, la légende de Seabiscuit« . Du côté de la réalisation, le réalisateur a fait très fort, offrant un chef d’œuvre dès son premier film, l’incroyable « Pleasantville« . Par la suite, il va réaliser peu. Viendront « Pur-sang, la légende de Seabiscuit » et le premier « Hunger Games« .

« The Free State Of Jones » est un film que le réalisateur nourrissait depuis des années et c’est vrai que quand on voit l’ampleur du film et surtout sa richesse incroyable, on peut comprendre que le réalisateur ait mis presque quinze ans à le monter. Avec « The Free State Of Jones« , Gary Ross se lance dans une odyssée magnifique, révoltante, sur une partie honteuse de l’histoire américaine. Très différent de ce à quoi on pouvait s’attendre, « The Free State Of Jones« , surprend autant qu’il envoûte émotionnellement, et même si le film peut paraitre un peu trop long, notamment à cause d’un rythme assez lent, à la sortie, on a la douce sensation d’avoir fait un voyage hors norme et surtout nécessaire.

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En pleine guerre de sécession, Newton Knight, un brancardier, se voit aller sur le front afin de protéger son jeune fils qu’il vient de retrouver. Mais après quelques mètres sur le champ de bataille, son enfant prend une balle dans le corps. Cette balle amènera la mort du jeune homme. Newton, écœuré par cette guerre qui ne voit que tomber les pauvres ou les fils de pauvres, déserte le champ de bataille. Mais en désertant pour être libre, Newton était alors très loin de se douter qu’il apporterait autant de changement dans sa région et surtout dans la vie de ses gens.

Avec « The Free State of Jones » et surtout sa bande-annonce, Gary Ross donne l’impression qu’on va se trouver devant un film qui aborde la guerre de sécession, un peu dans le style de « The Patriot » de Roland Emmerich. Mais heureusement pas du tout, les batailles sur le front de la guerre de sécession sont belles et bien abordées et très bien mises en scène, mais là n’est pas la guerre du film. « The Free State Of Jones« , après une belle demi-heure, se révèle être un film qui va parler avant tout de liberté, de droit et de démocratie. Alors qu’on ne s’y attendait pas, Gary Ross livre un grand film politique qui suit une honte de l’histoire américaine sur près d’une centaine d’années.

Le scénario que tient Gary Ross entre ses mains est un petit bijou d’histoire, aussi passionnant à suivre qu’enrichissant dans la leçon que donne le réalisateur. L’histoire que nous raconte Gary Ross, au travers de ses personnages, c’est celle de son pays, les Etats-Unis d’Amérique. Déroulant son intrigue sur près d’une centaine d’années, le film passera de la guerre de sécession à un certain procès dans les années. On sera étonné de la cohérence du film qui arrive à nous raconter autant d’événements et d’éléments sans jamais donner l’impression d’aller vite sur tel ou tel élément. C’est même tout le contraire qui se produit, puisque Gary Ross prend tout son temps, quitte à créer de petites longueurs au cours de film, qui, rappelons-le, fait deux heures et vingt minutes. Des longueurs qui parfois, il faut le dire, auraient parfaitement pu être évitées. En fait, « The Free State of Jones » aurait gagné à être plus court sur certains points.

Émotionnellement parlant, Gary Ross livre un film fort, voire même puissant, tant l’injustice et la bêtise des hommes est plus que flagrante et ce voyage, telle une odyssée, s’avère passionnant et bouleversant. En même temps, en brassant des thèmes comme la discrimination raciale, l’esclavagisme, la guerre de sécession, le Ku Klux Klan, l’injustice de la justice des hommes, le marchandage de vie humaine ou tout simplement la liberté, on se doutait bien que le voyage ne serait pas de tout repos et qu’il serait même révoltant. Et c’est sans tomber dans une certaine caricature que Gary Ross arrive à nous raconter et livrer un film qu’on n’avait pas encore vu. Un film intelligent, même si son propos reste profondément pessimiste et triste sur son final. Passionnant de sa trame et profond dans son montage, qui là encore démontre l’intelligence de son réalisateur à nous raconter cette histoire, développant notre curiosité.

« The Free State Of Jones » est aussi un film qui évolue tout le temps. Beaucoup de lieux, d’évènements et de dates différentes. Avec « The Free State of Jones« , vous passerez des champs de bataille au plus profond des bayous du Mississippi. Et Gary Ross a très bien su filmer le tout, s’appuyant sur les ambiances uniques que dégagent ces lieux, d’où le fait que son film soit en permanence en évolution.

C’est à Matthew McConaughey que revient la lourde tâche de nous emporter à ses côtés dans ce voyage historique et le comédien nous livre encore une performance passionnante comme lui seul a le secret. Très touchant, on est passionné par le parcours incroyable et extrême que vit cet homme, passant du déserteur aux meneurs d’hommes en route vers leur liberté. On prendra plaisir à découvrir Gugu Mbatha-Raw qui va accompagner Matthew McConaughey pendant une très grande partie du film. L’actrice qu’on ne connaissait pas saura toucher et conquérir le public, grâce un rôle pudique qu’elle tient avec force, assurance et discrétion. « The Free State Of Jones » sera aussi le plaisir de croiser Keri Russell et d’être bouleversé par le parcours magnifique de Mahershala Ali qui assure toujours autant, tenant son rôle avec un charisme hors pair. D’ailleurs, si tous les acteurs sont excellents et qu’on ne trouve aucune fausse note dans le casting, on regrette toutefois qu’il n’y ait pas eu de personnage plus fort, plus percutant, qui aurait fait ressortir un autre acteur du lot.

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Mais bon, hormis ces quelques petits détails qui sur l’ensemble ne sont que de vulgaires bagatelles, « The Free State Of Jones » est un grand et très bon film. L’un de ceux qui se remarquent. L’un de ceux qui instruisent et qu’on apprécie autant pour l’instruction qu’ils fournissent que pour son intrigue et le suspens qu’elle développe.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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