octobre 27, 2020

Le Retour de l’Homme Invisible

affiche3

Titre Original : The Invisible Man Returns

De: Joe May

Avec Sir Cedric Hardwicke, Vincent Price, Nan Grey, John Sutton

Année: 1940

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Alors qu’il doit être pendu, Geoffrey Radcliffe reçoit la visite du frère de l’homme invisible. Celui-ci lui remet le sérum d’invisibilité qui lui permet de s’évader…

Avis:

Il y a toujours des monstres du cinéma qui sortent des sentiers battus. Si les plus classiques ont connu des adaptations à ne plus savoir qu’en faire comme Dracula ou le Loup-Garou, certains se sont faits plus discrets, malgré des suites, des spin-off et même des reboots. L’étrange Créature du Lac Noir a pour particularité de ne sortir d’aucun bouquin ou œuvre, demeurant une création exclusive de chez Universal, mais s’il y en a un qui s’écarte grandement des autres, c’est l’Homme Invisible. Il faut dire que sa monstruosité tient plus de l’expérience ratée que de la malédiction et son aspect est moins apeurant que les autres monstres de chez Universal. Cependant, son aptitude à devenir invisible lui procure des avantages que les autres n’ont pas, comme se faufiler partout et faire peur aux gens en se faisant passer pour un fantôme. Et si le premier métrage est un chef d’œuvre indémodable avec des effets spéciaux à tomber par terre, les suites sont moins connues et c’est bien dommage. Fort heureusement, Elephant Films est là pour réhabiliter tout ça avec brio et ce n’est pas moins de cinq films qui sortent, remettant en avant l’homme invisible et d’autres personnages hauts en couleurs.

banner_1135

Et la première suite à sortir n’est rien de moins que Le Retour de l’Homme Invisible, datant de 1940 et faisant plutôt office de spin-off. En effet, le personnage atteint d’invisibilité n’est pas le même, le précédent étant mort et il s’agit en fait d‘un membre de sa famille accusé à tort dans une affaire de meurtre. Le « pouvoir » de se rendre invisible permet de jouer sur beaucoup de tableaux et différentes genres et il semblerait qu’à l’époque, les scénaristes avaient déjà vu un gros potentiel. Délaissant l’aspect horrifique et gothique, Le Retour de l’Homme Invisible va partir sur les bases du thriller fantastique, tout en n’oubliant pas de garder le côté maudit avec la folie qui s’empare de celui qui reste invisible trop longtemps.

Il en résulte donc un film hybride fort intéressant qui traite de façon assez maline des aspects sociaux alors insoupçonnés. En effet, entre un système judiciaire tendancieux et une usine de charbon qui  exploite beaucoup d’employés, le film fait la part belle à un récit fantastique sur fond de révolte sociale où le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit. Profitant de son « pouvoir », le héros du film va alors mener son enquête pour savoir qui l’a accusé à tort. C’est alors que le film s’éloigne volontairement de l’épouvante pour fournir une enquête plaisante, relativement convenue de nos jours, mais qui s’avère rondement menée avec des personnages attachants. Car si le héros commence à vriller, voulant devenir le maître du monde, dans un passage glaçant devant l’amour de sa vie (Nan Grey absolument sublime), certains personnages seront bien trouvés, comme ce commissaire de police loquace qui trouve des alternatives pour retrouver l’homme invisible ou encore ce scientifique qui échoue à chaque fois pour trouver un antidote sans risquer la vie de son patient.  Il y a une vraie galerie plaisante, et même si certains surjouent un peu trop, comme le chef d’un division dans l’usine à charbon, alcoolique notoire, le film réussit à faire ressentir de l’empathie et c’est le plus important.

Le plus étonnant dans ce film, c’est que comme son aîné, il affiche de façon frontale des effets spéciaux qui ont certes un peu vieilli, mais qui restent tout à fait honorable de nos jours. On y retrouve une certaine candeur qui fait plaisir à voir et certains passages sont relativement bien fait, à l’image de ces cochons d’Inde de laboratoire invisibles, que l’on ne voit que grâce au harnais qu’ils portent. Il y a aussi un réel travail sur les apparitions de l’homme invisible. N’oubliant pas le premier film, ce métrage s’amuse avec les possibilités des apparitions et c’est là que la fumée ou la pluie jouent un rôle important. Intelligent dans l’exploitation du pouvoir de la créature, le film va jusqu’au bout de sa pensée pour un résultat finalement ingénieux, surtout pour l’époque. Il est évident que le film a vieilli. On ressent cela dans la gestion de l’intrigue, où l’on devine immédiatement le coupable, mais aussi dans les effets spéciaux et l’humour parfois naïf qui se dégage de certaines situations. Mais dans l’ensemble, le film est tout de même réussi et garde une fraîcheur dans son mélange des genres.

the-invisible-man-returns-06-4

Au final, Le Retour de l’Homme Invisible est une belle réussite qui mérite amplement sa remasterisation et sa ressortie. Changeant complètement de genre par rapport à son grand frère, le film Joe May se concentre plus sur l’aspect policier que fantastique, mais n’oublie pas le pouvoir de son personnage central et offre des scènes relativement intelligentes, exploitant à fond l’invisibilité et les opportunités que cela offre. Il en ressort alors un film plaisant, parfois candide, mais qui tient encore la route, malgré quelques longueurs et un surjeu de la part des méchants. Cependant, si tous les films utilisant l’homme invisible sont de cet acabit, c’est plutôt une bonne aubaine.

Note: 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.