novembre 30, 2020

Gaïa – Yannick Monget

9782352945970

Auteur : Yannick Monget

Editeur : Bragelonne

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Et si un jour l’homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d’extinction ?

Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d’impossibles mutations alors qu’une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes.

Au cœur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d’une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu’il menace la survie de toute l’humanité. Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter ?

Avis :

Selon l’hypothèse Gaïa, la Terre serait considérée comme un organisme vivant. Il est bien difficile pour les scientifiques de valider cette théorie ou même de définir la vie de manière claire et indiscutable ; ce qui est beaucoup plus compliqué qu’on pourrait le penser. L’hypothèse Gaïa se nourrit donc de croyances séculaires et d’une optique plus large sur le monde qui nous entoure. Aussi, la littérature s’est très vite accaparé le phénomène, et ce, avant sa montée en puissance dans les années 1970 par James Lovelock. D’Isaac Asimov à Maxime Chattam, la question écologique et le devenir de notre civilisation est bel et bien au centre de toutes les attentions. Avec Gaïa, Yannick Monget s’inscrit directement dans leur sillage.

Sur fond de thèses catastrophistes, l’auteur offre un état des lieux alarmants de notre planète via l’un des symboles les plus frappants : la déforestation de l’Amazonie. En ce sens, l’approche est clairement axée sur la préservation de l’environnement, la dénonciation de la surexploitation des multinationales, ainsi que la consommation à outrance du mode de vie à l’Occidental. On ne rentre pas pour autant dans des détails trop techniques qui auraient tôt fait de perdre l’intrigue sous un flot de méthodes et de données absconses. Cette introduction, comme la majeure partie de l’ouvrage, sensibilise le lecteur sur des problèmes d’actualité qui tendent à s’aggraver avec le temps.

L’histoire prend le parti de plonger les protagonistes dans un récit survivaliste assez rapidement. L’aspect pandémie mondiale n’étant qu’un vecteur, il officie simplement en tant que transition pour amener le cataclysme qui bouleverse la planète et son écosystème. Par la suite, l’auteur explore les codes de ce sous-genre pour poursuivre son état des lieux. De Paris à New York, les péripéties se suivent sans se ressembler. Entre un laboratoire souterrain menacé par les eaux de la Seine, les rues de la capitale française en proie à une flore véhémente ou la grosse pomme qui n’est guère mieux lotie, on a droit à une progression dynamique et variée.

On notera de petites similarités avec d’autres ouvrages tels que Zoo (James Patterson & Michael Ledwidge) avec le comportement anormal des animaux ou l’attaque de l’aéroport Charles-de-Gaulle par une meute de fauves. L’on se sent vite porté par les événements. L’exploration d’un monde hostile n’est pas nouvelle, mais l’originalité de certaines situations via un danger omnipotent permet à l’ensemble de conserver une certaine fraîcheur. Le périple se fait sans trop de heurts et l’esprit de collaboration ponctué de quelques affrontements entre les différents intervenants ajoute de la crédibilité aux rapports humains dans un environnement extraordinaire.

Tout paraissait donc bien avancé pour fournir un livre engagé au récit maîtrisé. Seulement, la dernière partie bifurque vers des considérations saugrenues. En voulant à tout prix surprendre, l’intrigue s’éparpille aux quatre vents en sombrant dans une multitude d’explications qui se révèlent toutes exactes à divers degrés. Sans rien en dévoiler, l’ultime ligne droite s’étire plus que de rigueurs, évoquent des justifications peu convaincantes qui, dans le pire des cas, se contredisent les unes les autres ou s’annulent par le biais d’éléments supplémentaires pas du tout opportuns. Il en ressort un dénouement brinquebalant qui tente de jouer la carte de l’optimisme et de la niaiserie. Au vu de la surabondance des révélations, on pourrait presque croire que l’hypothèse Gaïa soit reléguée à un aspect annexe du livre. Un comble !

Au final, Gaïa est un roman à la thèse catastrophiste non dénué d’intérêt. L’ouvrage de Yannick Monget possède davantage une fonction de sensibilisation (à la manière d’un documentaire, comme une Vérité qui dérange) que de simple divertissement. Les idées et les propos véhiculés demeurent pertinents et intelligents sans sombrer dans un ton moralisateur. En cela, il remplit son office. Malheureusement, l’intrigue, qui s’avère rythmée et tout aussi consistante, se fourvoie dans un fatras de révélations alambiquées pour déboucher sur une conclusion facile et sans grande conséquence. Une dernière ligne droite qui atténue considérablement l’avis positif que l’on se fait de l’ouvrage pour en retirer une note en demi-teinte.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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