Nanarland – Le Livre des Mauvais Films Sympathiques – Episode 1

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Auteurs : François Cau et l’équipe de Nanarland

Editeur : Label 619

Genre : Guide Cinématographique

Résumé :

Un melting pot de nanars, de mauvais films sympathiques, pour bien se marrer entre copains, passés au crible par une équipe d’experts en la matière dont la santé mentale laisse à désirer.

Avis :

Le monde du cinéma est un endroit immense où l’on trouve de tout et de rien, à boire et à manger, à régaler et à vomir. Il faut dire qu’entre les blockbusters qui comptent plusieurs centaines de millions et les films d’auteur au budget famélique, il y a de quoi trouver son bonheur et ses affinités. Et pour certains, le bonheur ne tient pas à grand-chose, des dialogues hallucinés, des décors en carton-pâte, des acteurs au bord de la rupture d’anévrisme, des histoires ubuesques, certains cinéphiles aiment le nanar. Pourquoi ? Parce qu’il fait un bien fou, propose à chaque fois des délires différents et qu’en plus de cela, il se prend tellement au sérieux qu’il en devient risible. Alors on rit pour se moquer, mais pas seulement, puisque le nanar détient une certaine candeur, une naïveté qui fait du bien dans un art où tout devient conventionnel et plutôt froid. Alors bien évidemment, quand une bande de joyeux drilles décide de sortir un livre proposant un panel de nanars à voir, on saute dessus. On saute dessus pour rire, mais aussi pour apprendre, car Nanarland, le livre des mauvais films sympathiques, derrière ses atours de délires audiovisuels, propose aussi un regard intéressant sur les chemins bis du cinéma et montre une érudition à faire pâlir Michael Jackson.

Parce qu’il ne faut pas se leurrer, Nanarland ne possède que des qualités, que ce soit dans le domaine de la distraction intellectuelle que de l’apprentissage cinéphilique. Divisé en sept chapitres bien dissociés en fonction de la teneur des films, le film est à la fois didactique et drôle, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Sorte de bible du mauvais film mais que l’on aime bien quand même, Nanarland arrive à imposer son mode de penser et son écriture inhabituel. Bien loin des textes prout-prout de certains magazines professionnels, l’équipe se fait plaisir sans toutefois tomber dans l’insulte grasse et facile. Bien au contraire, les chroniques sont d’excellentes factures et arrivent à faire la part des choses, sachant pertinemment que ces films sont perdus d’avance. Il en résulte des textes finalement aussi drôles que les films et surtout, donnant envie de se plonger dans le monde délirant des nanars.

Ce qui fait clairement la force de l’ouvrage, en plus des chroniques de belle qualité, c’est les informations fournies lors des différents films traités. En effet, à la fin de chaque critique, le livre a le bon ton d’offrir des informations supplémentaires sur un réalisateur, un acteur ou même toute une boîte de production, donnant des précisions sur leur méthode de tournage, leur vie ou encore leur déclin. C’est ainsi que Nanarland devient un ouvrage de référence en la matière, car il est non seulement marrant, mais en plus bourré d’anecdotes offrant alors un aspect sérieux et didactique. Mais ce n’est pas tout puisqu’en plus de donner de nombreuses informations, le livre propose aussi des images hilarantes et des répliques cultes, déclenchant des hurlements de rire chez le lecteur, comme ce dicton qu’un père dit à son fils dans le film Black Roses : « Dans la vie, il y a deux types d’hommes qui portent des boucles d’oreilles : les pirates et les pédés… et comme je ne vois pas de bateau dans le jardin… » .

Enfin, le livre est très bien foutu car tous les films sont rangés par genre. Si le premier chapitre s’appuie sur les nanars les plus connus comme Devil Story ou Eaux Sauvages, la suite essayera de mettre un peu d’ordre dans ce bordel. On aura donc droit aux nanars avec des super-héros, avec des créatures monstrueuses, des films d’horreur complètement ratés, des films qui misent tout sur le côté sexy et d’autres qui préfèrent mettre en avant des réflexions intellectuelles à côté de leurs pompes. Il y a un réel travail derrière ce livre qui prouve qu’aimer les nanars est une preuve d’intelligence et de pris de recul. On appréciera aussi les différents bonus en fin de chapitre, offrant des jeux sympathiques et des affiches absolument horribles.

Au final, Nanarland – Le Livre des Mauvais Films Sympathiques est un ouvrage de référence en la matière. Drôle, intelligent, profond et didactique, ce livre est finalement bien loin des films qu’il chronique, sans pour autant tomber dans un dédain de ce genre de métrages. Bien au contraire, il rend hommage à tous ces films qui possèdent une naïveté communicative et leur offre une seconde vie, donnant une forte envie de les découvrir, pour se marrer, certes, mais aussi pour voir une autre facette du cinéma, qui est bien trop souvent boudée par les grands pontes d’Hollywood.

Note : 19/20

Par AqME

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